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Des groupes s’inquiètent de la volonté gouvernementale de dédier 25 % des forêts à une exploitation intensive

Des arbres dans la forêt boréale

La forêt boréale

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Radio-Canada

Trois groupes voués à la défense de l'environnement s'inquiètent de la volonté gouvernementale de consacrer 25 % des forêts publiques à la création d'Aires d'intensification de la production ligneuse.

Avec les informations de Thomas Deshaies

Il s’agit d’une des mesures qui est prévue dans la Stratégie nationale de production en bois du ministère des Forêts, qui a été proposée par le gouvernement. La stratégie en est actuellement à l’étape de la consultation.

La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), Greenpeace et l’Action boréale estiment que cette mesure pourrait nuire à la biodiversité. « Quand tu intensifies, tu changes la façon dont la nature se régénère. Autrement dit, tu vas enlever des espèces non commerciales pour les remplacer par des espèces qui intéressent l'industrie, pour faire du 2 X 4 », explique le président de l’Action boréale, Henri Jacob.

Cela va diminuer de façon significative les services écologiques et la biodiversité de ces territoires.

Henri Jacob

Une préoccupation partagée par Greenpeace. « Cette stratégie artificialiserait un quart de nos forêts, tout en omettant la demande actuelle et grandissante des marchés pour des produits écoresponsables, qui assure une protection de la biodiversité et des droits autochtones », mentionne par voie de communiqué, Olivier Kolmel, chargé de la campagne forêt pour Greenpeace Canada.

Une méthode de consultation inadéquate, selon les groupes

Les groupes dénoncent aussi la méthode de consultation mise en place par le ministère des Forêts pour sa Stratégie nationale de production en bois.

« La très vaste majorité de la population n’est pas au courant qu’on est en train de faire cela, constate Henri Jacob. Par ailleurs, quand on veut décréter une aire protégée, le gouvernement a un processus qui s’échelonne sur plusieurs années. C’est un poids, deux mesures. »

Si ça prend plusieurs années pour protéger un territoire, il devrait y avoir la même rigueur pour l’établissement de zones dédiées à la foresterie intensive.

Pier-Olivier Boudreault, biologiste en conservation à la SNAP Québec.

Les groupes rappellent qu’« il y a moins de 10 % du territoire terrestre québécois qui est protégé par le gouvernement, ce qui serait la preuve d’un manque d’équilibre entre la protection du territoire et l’exploitation des ressources naturelles » selon eux.

Les trois organismes dénoncent également qu’il n’y ait pas eu de consultations spécifiques pour les peuples autochtones du Québec.

La période de consultation sur la Stratégie nationale de production de bois se poursuivra jusqu’au 6 août.

Le ministre Luc Blanchette réagit

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a réagi en fin de journée à la sortie des trois groupes. En entrevue, il a martelé que les trois piliers du développement durable étaient au cœur des interventions de son ministère. « On s’assure de prendre les meilleures décisions dans le meilleur intérêt du Québec, pour l’ensemble des retombées économiques, sociales et environnementales », a-t-il déclaré.

Concernant les aires d’intensification, il a rétorqué qu’il s’agissait « d’une hypothèse parmi tant d’autres ». « On pense que ça peut être intéressant, a-t-il affirmé. C’est ça qu’on soumet à la consultation. Les décisions seront prises par la suite, en fonction des commentaires qu’on aura reçus. »

Concernant les critiques formulées à l’égard du processus de consultation, il a affirmé que son élaboration était de la responsabilité de son ministère. « Ce n'est pas Henri Jacob qui décide du processus. Nous, on fait un temps de consultation, dans lequel Henri Jacob peut amener ses commentaires. Lui, il a décidé d’aller dans les médias, c’est correct, il élargit la chose, mais ce n’est pas à lui, comme ce n’est pas au ministre de décider de cela. Ce sont les gens du ministère qui ont décidé de faire cette consultation », a-t-il mentionné.

Abitibi–Témiscamingue

Faune et flore