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Facebook mord la poussière en bourse après des résultats décevants

Le logo Facebook sur un écran à la bourse NASDAQ

Le titre Facebook a dégringolé de plus de 20 %, à 173,50 $ US, dans les échanges électroniques suivant la clôture du Nasdaq.

Photo : Reuters / ERIC THAYER

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Rattrapé par les polémiques à répétition, Facebook a littéralement sonné les investisseurs mercredi en prévenant d'un fort ralentissement de sa croissance à venir et en publiant des résultats trimestriels jugés décevants. Cela a suscité des interrogations sur sa capacité à se dépêtrer des scandales.

En soirée mercredi, le titre dégringolait de plus de 20 %, à 173,50 $ US, dans les échanges électroniques suivant la clôture du Nasdaq. Le titre avait fini à 217,50 $, en hausse de 1,32 %.

Reste à savoir si cette chute se confirmera à l'ouverture de la bourse jeudi. Une baisse de 20 % du titre équivaut à l'évaporation de 130 milliards de dollars américains en capitalisation boursière.

Tentant d'expliquer les performances jugées décevantes du groupe, ses responsables ont indiqué avoir subi les conséquences de plusieurs facteurs, parmi lesquels les scandales à répétition, qui lui coûtent très cher en investissements, ou encore, dans une moindre mesure, le Règlement européen des données personnelles (RGPD) entré en vigueur dans l'Union européenne fin mai pour mieux encadrer l'utilisation des données personnelles.

L’ombre de la fuite des données de millions d’utilisateurs

C'est une année cruciale pour Facebook, a dit son patron Mark Zuckerberg lors d'une conférence téléphonique avec des analystes.

« Nous investissons tellement dans nos systèmes de sécurité que cela va commencer à avoir un effet sur notre rentabilité, nous commençons à le voir ce trimestre », a-t-il dit, après des mois à tenter de redorer le blason du plus important réseau social du monde.

Les données personnelles des utilisateurs, au centre du scandale planétaire Cambridge Analytica (CA) qui a éclaté mi-mars, sont la base du modèle économique de Facebook, dont la quasi-totalité des revenus provient des ventes d'espaces publicitaires. Mauvaises pour son image, ces controverses ont pu refroidir public et annonceurs.

D'où la volonté de Facebook d'investir massivement (embauches, technologies, recherche et développement) pour regagner leur confiance. Dans un souci de transparence, le groupe a aussi décidé de fournir aux usagers plus d'informations sur les annonceurs qui mettent des publicités sur le réseau, au risque de les échauder.

Pis encore aux yeux des investisseurs, le groupe a également prévenu que le ralentissement de la croissance et la hausse des dépenses allaient se poursuivre nettement dans les mois qui viennent. En outre, « nous prévoyons que la hausse des dépenses sera supérieure à celle du chiffre d'affaires » en 2019, a aussi mentionné Dave Wehner, directeur financier de Facebook.

Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg témoigne devant les sénateurs à Washington.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg témoigne devant les sénateurs à Washington.

Photo : The Associated Press / Andrew Harnik

Le vent tourne pour les réseaux sociaux

Preuve de l'effet catastrophique de ces annonces, l'analyste Brent Thill (Jefferies & Co.) a relevé au cours de la conférence téléphonique que « beaucoup d'investisseurs ont du mal à comprendre le ralentissement [...] On dirait que son ampleur est inédite ».

Ross Gerber, analyste pour Gerber Kawasaki, voit dans ces chiffres la preuve que le vent tourne pour les réseaux sociaux. « Ils ont atteint leur pic », a-t-il dit sur... Twitter.

Avant même le coup de massue des prévisions, les investisseurs avaient déjà très mal réagi au chiffre d'affaires, pourtant en hausse de 42 % à 13,2 milliards de dollars américains, mais inférieur aux attentes des analystes. Surtout, le rythme annuel de croissance était de 49 % à la fin du premier trimestre.

Le groupe a également déçu avec ses 2,23 milliards d'usagers actifs mensuels, soit à peine plus que fin mars et moins que ce qu'espéraient les analystes.

Déception également pour les utilisateurs actifs quotidiens, qui étaient 1,47 milliard à la fin juin, moins qu'espéré. Le nombre d'utilisateurs en Europe a même baissé légèrement en raison de la mise en œuvre du RGPD, a souligné M. Zuckerberg.

Pour la première fois, Facebook a indiqué que 2,5 milliards de personnes utilisaient au moins une des applications du groupe chaque mois, que ce soit Facebook, WhatsApp, Instagram ou Messenger.

Les annonces de mercredi ont d'autant plus fait l'effet d'une douche froide que le groupe n'avait jusque-là pas vraiment pâti financièrement des scandales, notamment autour de la prolifération des fausses nouvelles pendant la campagne présidentielle américaine en 2016. Et même si son titre avait été malmené au moment de Cambridge Analytica, le groupe avait plus que rattrapé ses pertes.

De façon plus générale, Facebook pâtit aussi d'une désaffection croissante de la part des plus jeunes, qui se tournent notamment vers sa plateforme de partages de photos Instagram, qui vient de passer le milliard d'utilisateurs et dont la croissance a aidé le chiffre d'affaires de sa maison-mère et a limité la casse pour l'ensemble du groupe.

Les investisseurs ont complètement négligé le bénéfice net, qui a pourtant bondi de 31 % à 5,1 milliards de dollars américains.

Facebook fait l'objet de nombreuses plaintes et enquêtes dans le monde en raison des derniers scandales des derniers mois.

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