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Assurance-emploi : un économiste se penche sur les demandes des manifestants

Les manifestants ont bloqué le boul. Saint-Pierre Ouest à Caraquet, forçant la police à détourner la circulation.

Les manifestants ont bloqué le boulevard Saint-Pierre Ouest à Caraquet, forçant la police à détourner la circulation.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Radio-Canada

Est-il possible de créer une région propre à la Péninsule acadienne pour le calcul des prestations de l'assurance-emploi? L'assurance-emploi est-elle due aux travailleurs saisonniers parce qu'ils travaillent depuis des années? L'économiste Samuel Lebreton répond à ces questions.

Des centaines de personnes manifestent depuis mardi devant les bureaux du député Serge Cormier à Caraquet contre le trou noir de l’assurance-emploi, mais leurs demandes sont-elles toutes réalistes?

Une région spécifique pour le calcul de l’assurance-emploi?

Les manifestants demandent notamment que la Péninsule acadienne soit traitée comme une région spécifique, en tenant compte des réalités du travail saisonnier, pour le calcul des prestations de l’assurance-emploi.

Cependant, selon Samuel Lebreton, économiste à la retraite, la petite taille de la population de la Péninsule acadienne complique cette demande. Ça serait extrêmement difficile, a-t-il dit dans une entrevue au Téléjournal Acadie mercredi soir.

L’assurance-emploi leur est-elle due?

Les manifestants affirment aussi que les prestations leur sont dues, puisqu’ils travaillent depuis des années et contribuent ainsi à l’assurance-emploi.

Il est vrai que les travailleurs saisonniers de la Péninsule acadienne contribuent à l’assurance-emploi, reconnaît Samuel Lebreton, qui se dit d’ailleurs empathique à leur cause.

Ils ne sont toutefois pas les seuls ni les plus grands contribuables, rappelle-t-il. Ce sont plutôt les employeurs qui paient la plus grosse part de l’assurance-emploi. Pour chaque 1,00 $ qu’un employé contribue, c’est 1,40 $ de la part d’un employeur.

Et cela, sans compter tous les employés qui contribuent durant des années à l’assurance-emploi sans jamais y toucher, ajoute l’économiste.

C’est difficile de faire plaisir à tout le monde dans cette situation.

Samuel Lebreton, économiste à la retraite
L'homme en entrevue dans les studios de Radio-Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Samuel Lebreton, économiste à la retraite

Photo : Radio-Canada

Un système qui n’est pas conçu pour les travailleurs saisonniers?

Selon l’économiste, le système actuel de l’assurance-emploi canadien a été conçu pour les emplois typiques, ou réguliers, qui assure du travail toute l’année, alors que le travail saisonnier, c’est atypique.

Il faudrait donc développer des critères spécifiques à l’admissibilité à l’assurance-emploi pour répondre aux besoins des travailleurs saisonniers, explique enfin Samuel Lebreton.

Je ne suis pas certain que le programme les aide complètement.

Samuel Lebreton, économiste à la retraite

La formation, une solution à long terme?

Le projet pilote proposé par le gouvernement provincial consiste à offrir de la formation aux travailleurs saisonniers qui souffrent du trou noir de l’assurance-emploi.

Proposer de la formation n’est jamais mauvais en soi, lance d’abord Samuel Lebreton.

Par contre, il n’est pas convaincu que cela soit une solution à long terme. Si on donne de la formation à quelqu’un qui se recycle dans un autre domaine, on va quand même avoir besoin d’une main-d’oeuvre pour faire ce travail. Ces personnes vont se retrouver dans la même situation que ceux qui sont là aujourd’hui.

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