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Des infirmières au bout du rouleau à Santa Cabrini

L'entrée de l'urgence.

Il manque des infirmières à l'urgence de Santa Cabrini.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La pénurie d'infirmières continue de sévir partout au Québec, mais il semble que la situation soit particulièrement critique à l'urgence de l'hôpital Santa Cabrini, dans le quartier Rosemont, à Montréal. La salle d'urgence était tellement dégarnie, en fin de semaine dernière, que la direction a informé les infirmières qu'elles ne pourraient pas prendre de congé de maladie sans billet du médecin.

Un texte de Julie Landry

Une infirmière épuisée de l'hôpital Santa Cabrini, qui a accepté de parler sous le couvert de l'anonymat par peur de représailles, s'inquiète pour la santé de ses collègues. « Je ne suis pas la seule non plus qui est fatiguée; je pense que toutes les personnes qui travaillent à l'urgence sont fatiguées », raconte-t-elle.

Cette infirmière n'en peut plus des heures supplémentaires obligatoires et des postes non pourvus. Selon elle, Santa Cabrini vit une crise – et cette crise est récurrente. L'urgence en aurait même développé une mauvaise réputation dans le milieu infirmier de la région de Montréal.

Notre source dénonce le fait que le nombre de patients par infirmière est plus élevé à Santa Cabrini qu'ailleurs – une situation dangereuse, juge-t-elle.

Les infirmières et les infirmiers n'ont pas le temps de prendre en charge complètement le patient.

Une infirmière de l'urgence de l'hôpital Santa Cabrini

Une situation particulière?

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal admet qu'il y a bel et bien une pénurie d'infirmières à Santa Cabrini – comme dans beaucoup d'autres hôpitaux, souligne sa porte-parole, Florence Meney.

Cette pénurie serait d'ailleurs accentuée par la saison estivale. « Mais on ne peut pas parler de situation de crise, nuance l'agente d'information, car les patients ont reçu les soins nécessaires à leur état. »

Mme Meney ajoute que la situation est suivie de près « afin d'assurer que tous les effectifs requis soient disponibles à l'urgence [...] tout en ayant recours le moins possible au temps supplémentaire obligatoire ».

La fin de semaine, c'est pire

L'infirmière que nous avons interviewée s'inquiète néanmoins pour le week-end à venir. Elle craint que les infirmières reçoivent un mémo similaire à celui que la direction a envoyé la fin de semaine dernière.

La présidente par intérim du Syndicat des professionnels en soins de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, Louise Bilodeau, n'accepte pas ce resserrement des règles. Elle trouve abusif que l'employeur resserre la présence au travail tout en imposant des heures supplémentaires obligatoires.

« Toute mesure excessive de la part de l'employeur sera contestée », assure-t-elle.

L'employeur et le syndicat se sont rencontrés mardi soir pour parler des solutions à moyen et à long terme. Mais la confiance de notre interlocutrice n'est demeure pas moins effritée.

« Il n'y a rien qui change », soupire-t-elle, et ce, malgré « des rencontres dans la salle à café, avec les hauts placés de la direction ».

« Ils ont des solutions à long terme et à moyen terme, mais à court terme, ils n'en ont pas, constate-t-elle. Depuis plus d'un an qu'ils nous tiennent ce discours-là, et on arrive toujours à la même conclusion : on est toujours en manque de personnel. »

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