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Le NPD dévoile sa candidate pour succéder à Thomas Mulcair dans Outremont

Julia Sánchez a été présidente-directrice générale du Conseil canadien pour la coopération internationale pendant sept ans avant de faire le saut en politique fédérale.
Julia Sánchez a été présidente-directrice générale du Conseil canadien pour la coopération internationale pendant sept ans avant de faire le saut en politique fédérale. Photo: Radio-Canada / Virginie Gagnon-Leduc
Radio-Canada

Radio-Canada a appris que Julia Sánchez sera la candidate néo-démocrate dans Outremont à l'élection partielle de l'automne. Elle se prépare à une bataille féroce pour tenter de conserver la circonscription montréalaise de l'ancien chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair. La candidate issue du domaine humanitaire est consciente que la pente est abrupte pour son parti au Québec. Le chef Jagmeet Singh choisira une autre élection partielle pour tenter d'obtenir un siège.

Un texte de Louis Blouin, correspondant parlementaire à Ottawa.

Outremont est devenu un symbole pour le NPD en 2007 : un château fort arraché aux libéraux par Thomas Mulcair.

La pression sera forte pour conserver la circonscription à environ un an de l'élection générale. Julia Sánchez, une nouvelle venue en politique, sait qu'elle a de grands souliers à chausser, ceux d'un député expérimenté et très connu sur la scène politique québécoise.

« Je suis très consciente que ça ne va pas être facile. Ça ne me fait pas peur. Je suis une personne habituée à relever de gros défis », déclare Mme Sánchez.

On a du rattrapage à faire, on a beaucoup de travail à faire. Moi, je suis prête.

Julia Sánchez, candidate à l'investiture du NPD dans Outremont

La candidate ne se fait pas d'illusions sur les difficultés de sa formation dans la province. « Je comprends qu'on a besoin d'une bonne nouvelle pour le parti au Québec. Ça me motive », lance-t-elle.

La candidature de Mme Sánchez doit être entérinée à la fin d'août par un vote des membres de l'association de circonscription, mais il ne s'agirait que d'une formalité. Selon nos informations, elle est favorisée par le parti et aucun autre candidat n'a manifesté son intérêt pour l'instant.

La date officielle de l'élection partielle dans Outremont n'est toujours pas connue, mais elle devrait vraisemblablement avoir lieu cet automne après l'élection québécoise. Thomas Mulcair a annoncé son départ de la vie politique et ne sera pas de retour à l'automne.

L’ancien chef du NPD, Tom MulcairC'est le regretté Jack Layton qui avait réussi à mettre la main sur Thomas Mulcair et le convaincre de se présenter sous la bannière orange lors d'une élection partielle, en 2007. Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Un test pour le NPD

Le caucus québécois est particulièrement nerveux à l'approche du prochain scrutin fédéral. Cette élection partielle pourrait donner le ton et révéler la profondeur des racines du parti au Québec après le recul de 2015.

« Ça va donner un état de santé du NPD au Québec, admet le vétéran Alexandre Boulerice. C'est un endroit symbolique. Outremont, c'est la percée avec Thomas Mulcair. On est tous conscients que c'était un château fort libéral pendant des années », explique-t-il.

La bataille va être difficile. Les libéraux de Justin Trudeau sont assez hauts dans les sondages. Il va falloir mettre le paquet comme lors de la partielle de 2007.

Alexandre Boulerice, député du NPD, Rosemont-La Petite-Patrie

La formation politique n'a pas fait bonne figure aux dernières élections partielles dans la province, avec 11,7 % des voix dans Lac-Saint-Jean l'automne dernier, 8,6 % dans Chicoutimi-Le Fjord en juin et 7,8 % dans Saint-Laurent en avril 2016.

Ce sera aussi l'occasion de mesurer l'attachement de l'électorat québécois au nouveau chef, Jagmeet Singh. Mme Sánchez constate une certaine « résistance » face au nouveau leader au Québec. Elle est convaincue qu'il apprendra à se faire connaître.

Je pense qu'on a tous hâte de le voir au parlement.

Julia Sánchez, candidate à l'investiture du NPD dans Outremont

Après avoir ouvert la porte à une candidature dans Outremont, il est maintenant plausible que M. Singh se présente dans une circonscription plus sûre, peut-être à l'élection partielle de Burnaby-Sud, où l'opposition à l'expansion du pipeline Kinder Morgan pourrait favoriser le NPD.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh.Le chef du NPD, Jagmeet Singh lors d'un point de presse. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Parcours dans le monde humanitaire

Julia Sánchez a déjà vécu à Outremont et retournera s'y installer dès samedi pour amorcer son travail de terrain. Elle vit à Ottawa depuis depuis sept ans. Elle n'y voit pas un handicap et se croit en mesure d'établir un lien avec les électeurs de la circonscription.

Elle veut miser sur des thèmes comme la lutte contre les inégalités, les droits des femmes et l'environnement. L'immigrante péruvienne, arrivée au Canada à l'âge de deux mois, est convaincue qu'elle sera bien accueillie dans une circonscription diversifiée comme Outremont.

La candidate veut forcer les libéraux à respecter leurs engagements. Selon elle, les électeurs ont besoin d'un député « qui va pousser les libéraux à livrer la marchandise sur les promesses et les engagements qu'ils ont faits ».

Mme Sánchez vient de laisser son poste de présidente du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI). Durant son long parcours dans le monde humanitaire, elle a notamment supervisé des projets de développement dans plusieurs pays comme la Bolivie, le Guatemala, le Népal et l'Inde.

Elle a aussi participé à des campagnes internationales de lutte aux changements climatiques.

Résultats dans Outremont à l'élection générale de 2015

Thomas Mulcair - NPD (44,1 %)
Rachel Bendayan, - PLC (33,5 %)
Rodolphe Husny - PCC (9,5 %)
Roger Galland Barou - BQ (8,4 %)
Amara Diallo - PV (3,6 %)

Source : Élections Canada

Les libéraux déjà sur le terrain

Le Parti libéral du Canada (PLC) mettra toute la gomme pour faire un retour en force. La date de l'investiture du PLC dans Outremont n'est pas encore annoncée que des candidates font déjà du porte-à-porte.

Rachel Bendayan, une avocate qui a aussi été chef de cabinet au sein du gouvernement Trudeau, sera de nouveau dans les rangs. À l'élection d'octobre 2015, elle avait obtenu 33 % des voix, derrière Thomas Mulcair (44 %).

Kimberley Manning, professeure de sciences politiques à la tête de l'Institut Simone de Beauvoir de l'Université Concordia, a aussi annoncé son intention de se présenter à l'investiture libérale.

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