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Des aînées autochtones viennent en aide à de futures mères

Une jeune femme tient entre ses jambres un petit garçon qui a une sucette dans la bouche. Elle est assise à côté d'une aînée.

Margaret Montour est une aînée qui a aidé Lacey Hoffman pendant qu'elle était enceinte de son petit Aziel.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans la salle d'attente de la clinique de soins de Wetaskiwin, au sud d'Edmonton, des aînées autochtones se mêlent aux médecins et aux infirmières. D'un simple Tansi (« bonjour » en cri), elles brisent la glace avec les futures mères et produisent de formidables résultats.

Un texte de Tiphanie Roquette

La clinique a ajouté ces aînées à son personnel il y a trois ans. Tous les mardi et jeudi, ces grand-mères se mettent à parler avec les femmes venues pour leurs rendez-vous prénataux.

Elles leur offrent un soutien culturel, émotionnel et spirituel.

Briser la solitude...

Lacey Hoffman était adolescente quand elle est tombée enceinte de son enfant. Sa grossesse a été marquée de l’impression d’être constamment jugée.

Mais, à la clinique de soins, l’aînée Margaret Montour a fait disparaître tout ce malaise. C’est elle qui est venue me voir. C’était vraiment bon de pouvoir parler à quelqu’un plutôt que d’attendre mon rendez-vous seule, raconte Lacey Hoffman.

Un bébé boit un biberon de lait emmailloté dans des tissus. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lacey Hoffman a apprécié le don de ce tikinagan pour son fils Aziel.

Photo : Lacey Hoffman

Margaret lui a aussi donné un tikinagan, un sac autochtone qui permet d’emmailloter le bébé et de reproduire les effets berçants du bébé dans l’utérus. Encore aujourd’hui, le visage de Lacey Hoffman s’éclaire lorsqu’elle parle de ce cadeau.

Pour l’aînée Muriel Lee, il est important d’apporter cette dimension culturelle et spirituelle aux femmes enceintes. Les esprits, les coeurs ont été brisés lors des écoles résidentielles. Les enfants de ces écoles sont aujourd’hui des grands-parents. Comment des individus entiers peuvent-ils naître d’une génération tellement endommagée?s’interroge-t-elle.

Muriel Lee raconte aux jeunes mères les croyances entourant la grossesse, les cérémonies possibles comme celle d’enterrer le cordon ombilical. Les aînés enseignent aussi la pratique traditionnelle du tikinagan.

... pour des bébés en bonne santé

Et le programme produit des résultats, selon l’obstétricien de la clinique, Mohammad Badawi. Les futures mères viennent plus souvent à leurs rendez-vous, elles suivent mieux les conseils de santé, constate-t-il.

Selon le médecin, les aînées ont permis d’assurer une meilleure communication entre les professionnels de la santé et leurs patients et, ainsi, un meilleur rapport de confiance.

Un médecin se tient debout devant une table d'observation médicale. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le médecin Mohammad Badawi

Photo : Radio-Canada

Les jeunes mères ne sont toutefois pas les seules à être transformées. L’obstétricien lui-même se sent grandi par le programme. En sortant de l’école de médecine, nous avons tendance à penser en termes de formulaires, d’ordinateur, de jugement clinique, mais il y a une composante sociale très importante, explique le médecin.

Je suis une meilleure personne.

Une citation de : Mohammad Badawi, obstétricien

Les aînées elles-mêmes ont acquis un sentiment de réussite. C’est une des expériences les plus significatives de ma vie. Quand sa culture a été aussi chamboulée que la nôtre [...], pouvoir rebâtir jusqu’au point de se sentir capable de l’enseigner… Aujourd’hui, je peux redonner ce qui a été perdu, dit Mme Lee.

Le programme a cependant moins d’un an de financement. Richard Oster, le chercheur associé qui l’a fondé, cherche activement de l’argent pour continuer le travail des aînés et l’étendre à d’autres soins.

D'après les entrevues de Josée St-Onge

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