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De plus en plus de clandestins passent par le Canada pour entrer aux États-Unis

Un agent de la GRC discute avec un agent des services frontaliers américains près d'Hemmingford, au Québec.

Un agent de la GRC discute avec un agent des services frontaliers américains près d'Hemmingford, au Québec.

Photo : AFP/Getty Images / GEOFF ROBINS

Radio-Canada

Alors que tous les regards sont tournés vers la frontière américano-mexicaine où les autorités tentent d'endiguer l'immigration illégale, de plus en plus de Mexicains tentent d'entrer aux États-Unis par le nord, à partir du Canada.

D’après des informations confirmées par la Gendarmerie royale du Canada et l'U.S. Border Patrol (USBP), de plus en plus d’immigrants illégaux mexicains se rendent d’abord par avion au Canada avant de franchir la frontière canado-américaine à pied, parfois avec l'aide de passeurs clandestins.

Dans une zone appelée « le secteur Swanton », qui couvre une partie de l'État de New York, du Vermont et du New Hampshire, au moins 121 personnes ont été appréhendées en juin dernier aux États-Unis après avoir traversé illégalement la frontière, selon l'U.S. Customs and Border Protection.

C’est plus du double des interceptions réalisées dans ce secteur au cours des mois de juin 2016 et 2017, souligne le service de protection des frontières américaines.

Le Canada ne peut les retenir sur son territoire

Bien que l'intégrité de la frontière soit une priorité pour la GRC, la police fédérale canadienne affirme qu'elle ne peut rien faire pour empêcher les Mexicains de quitter le Canada parce qu'il n'est pas illégal pour eux d'entrer au Canada.

C'est le cas depuis que le gouvernement Trudeau a aboli en 2016 l'obligation pour les Mexicains en visite au pays d’obtenir un visa.

Des réseaux de passeurs sophistiqués

La frontière canado-américaine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La frontière canado-américaine.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Ce stratagème pour entrer illégalement aux États-Unis à partir du Canada n’est pas nouveau en soi, mais il s’est nettement intensifié au cours des derniers mois, notent les autorités frontalières des pays qui parlent de réseaux de passeurs organisés qui font entrer des immigrants illégaux mexicains en provenance du Canada.

« Récemment, nous avons vu des cas où une personne aidait un groupe d’individus qui s’apprêtaient à traverser aux États-Unis. Ils avaient payé des milliers de dollars à des passeurs. », relate le sergent Camille Habel de la GRC.

Dans un affidavit déposé le 13 juillet dernier par un agent des services frontaliers américains auquel CBC a eu accès, l’agent décrit l’arrestation de quatre Mexicains sans papiers dans un VUS près de la frontière du Vermont, tard dans la nuit du 12 juillet.

Selon le document, les hommes ont raconté qu'ils avaient été conduits à la frontière et qu'on leur avait dit de traverser à pied jusqu'aux États-Unis. Ils ont ensuite été récupérés par un autre véhicule du côté américain.

Ils ont affirmé avoir payé des milliers de dollars aux hommes qui ont orchestré leur voyage.

Trafic humain

Selon l’un des clandestins interceptés, après avoir pris l'avion pour le Canada le 6 juillet, il a été approché dans un parc par deux hommes qui lui ont demandé s'il souhaitait entrer aux États-Unis.

L’homme a affirmé ensuite qu'il avait payé 1000 $ au Canada et qu'il était censé payer 2000 $ de plus par la suite.

Un autre immigrant illégal a pour sa part expliqué qu'il était censé travailler à New York pour rembourser une dette de 7000 $ au réseau de passeurs.

De tels cas de trafic humain sont en augmentation constante à la frontière canado-américaine, selon l’agent des services frontaliers américains Richard Ross, qui dirige la station de patrouille de Newport, au Vermont.

« Il y a une augmentation certaine, et nous voyons la taille des groupes augmenter depuis l'automne dernier, où nous avons notamment intercepté un groupe de 14 personnes », relate l’agent Ross.

Or, il ne s’agit pas que de Mexicains, souligne le patrouilleur frontalier américain. Les opérations sont selon lui « très sophistiquées » impliquant aussi des clandestins roumains, haïtiens, honduriens, guatémaltèques et salvadoriens.

La prison pour ceux qui se font prendre

Des gens enfermés dans une pièce grillagée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans un centre de détention d'immigrants, au Texas, enfants et adultes s'entassent dans des cages grillagées.

Photo : Reuters

En ce qui a trait au sort réservé à ces immigrants illégaux, il n’est pas plus enviable dans les États du nord que du sud des États-Unis, souligne Jay Diaz, avocat de l'American Civil Liberties Union au Vermont.

Le traitement des clandestins y est aussi « sinistre » qu’à la frontière mexicaine, ajoute l’avocat.

Selon lui, dans le passé, ceux qui entraient illégalement dans le pays pouvaient être détenus jusqu'à leur expulsion, mais ils avaient au moins la possibilité de déposer une caution en attendant que l’immigration américaine se prononce sur leur sort.

Aujourd'hui, sous la pression du gouvernement fédéral américain, les immigrants illégaux sont détenus dans des prisons d'État, parfois pour une durée indéterminée, souvent aux côtés de personnes condamnées pour des crimes graves et violents.

Selon Me Diaz, les personnes qui franchissent illégalement la frontière prennent le risque de se retrouver dans une prison d'État américaine probablement parce qu'elles ont déjà de la famille aux États-Unis ou parce qu'elles croient avoir de meilleures chances de trouver un emploi.

Le Vermont, par exemple, emploie beaucoup de travailleurs laitiers immigrants.

Avec les informations de CBC

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