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Le Nouveau Parti démocratique du Québec à l'épreuve des élections provinciales

Une main qui glisse un bulletin de vote dans une urne avec à l'arrière le logo du NPD-Q.
Deux candidats ont été investis sous la bannière du NPD-Q en Outaouais pour le moment. Le parti cherche encore des candidats. Photo: Radio-Canada / François Leclerc
Radio-Canada

Un nouveau parti va faire ses premières armes lors des prochaines élections provinciales. Le Nouveau Parti démocratique du Québec (NPD-Québec) se présente comme une nouvelle offre sur l'échiquier politique pour les électeurs favorables aux idées de gauche progressistes, mais qui ne sont pas souverainistes.

Un texte d'Agnès Chapsal

Depuis janvier 2014, le NPD-Québec est inscrit auprès du Directeur général des élections. L’idée de créer un pendant provincial au NPD du Canada est née dans la foulée de la « vague orange » de 2011. À cette date, 58 députés néo-démocrates avaient été élus au Québec, faisant du parti l’opposition officielle à Ottawa.

Il s'agit d'une renaissance pour ce parti, tombé dans l'oubli pendant quelques années.

Entre le Parti libéral du Québec (PLQ), la Coalition Avenir Québec (CAQ) et le Parti québécois (PQ), Raphaël Fortin, 37 ans, le chef de cette nouvelle formation trouvait qu’il manquait de choix pour les électeurs de la province.

« Il n'y avait pas l'option pour les gens qui étaient de gauche non souverainistes, il y en a qui votaient libéral par dépit, puis il y en a qui votaient Québec solidaire par dépit, donc on s'est dit il y a un espace pour un parti politique à gauche de l'échiquier politique, mais qui est non souverainiste », explique le chef du parti, lui même candidat dans le comté de Verdun à Montréal.

Les candidats du NPD-Québec s’inscrivent dans la filiation du parti fédéral. Ils partagent avec lui une idéologie sociale-démocrate et des thèmes de campagne similaires comme l'environnement et la lutte contre la pauvreté.

C'est clair qu'on partage une certaine idéologie, qu'il y a des candidats qui sont aux deux places, même moi, j'ai été candidat au fédéral en 2008 et en 2015.

Raphaël Fortin

Mais lors de la course à la chefferie en janvier dernier, le chef du NPD Jagmeet Singh a gardé ses distances avec cette nouvelle formation et a refusé de l'endosser.

Pour sa part, M. Fortin assure qu'il ne s'attend pas à avoir l'aide du parti canadien, bien qu'il le déplore.

« Si on attend après ça, on ne devrait pas exister. Il faut être capable de se relever les manches, d'aller chercher du monde par nous-même et de développer notre propre réseau », croit-il.

Quelles attentes pour ce parti?

M. Fortin le dit sans encombre : c'est très compliqué pour un nouveau parti de se lancer dans l'arène et de se placer sur l'échiquier politique, donc l'objectif premier de ce parti est de se faire connaître.

« C’est très, très dur d’avoir un objectif précis étant donné qu'on n'a jamais fait face à une campagne générale. La réaction du public, on ne la connaît pas. [...] C'est clair que le meilleur moyen d'avoir des résultats, c'est que le monde sache qu'on existe », juge-t-il.

L’éditorialiste en chef au quotidien Le Droit Pierre Jury abonde dans ce sens. Il faut, selon lui, qu'il y ait « un alignement particulier des planètes » pour qu'un parti qui se lance puisse espérer avoir des résultats concrets à l'issue du scrutin.

« C’est très difficile de lancer un nouveau parti. On le voit avec la Coalition Avenir Québec qui travaille depuis près de sept ans maintenant et qui profite, elle, d’un moment particulier dans l’histoire, d’un alignement des planètes pour se hisser en tête des sondages », analyse M. Jury.

« Le message [du NPD-Québec] n’est pas très clair, alors la différenciation nécessaire dans l’électorat n’est pas au rendez-vous », poursuit-il.

M. Jury rappelle que bien que le Parti québécois ait profité de l’émergence du mouvement souverainiste lors de sa création en 1968 par René Lévesque, il n'a pris le pouvoir que huit ans plus tard.

Il y a des partis qui arrivent à tirer leur épingle du jeu plus rapidement que d’autres parce qu’ils réussissent à fédérer une grogne assez rapidement, mais il faut être au bon endroit au bon moment avec le bon message et ensuite avec la bonne équipe pour pouvoir jouer un rôle important.

Pierre Jury

Plus récemment, la CAQ qui enregistre une récente percée dans les sondages, en « bénéficiant d’une désaffection du mouvement nationaliste et un manque d’alternative au Parti libéral du Québec », selon l'éditorialiste.

À la recherche de candidats

Le NPD-Québec recherche encore des candidats. Une vingtaine ont d'ores et déjà été investis, mais M. Fortin souhaiterait doubler voire quadrupler ce nombre pour atteindre jusqu’à 80 candidats sur les 125 circonscriptions que compte la province.

En Outaouais, deux candidats ont déjà été investis. Samuel Gendron se présente dans la circonscription du Pontiac, Nichola St-Jean dans celle de Hull. Il affrontera notamment Maryse Gaudreault du parti libéral qui a été élue en 2014 pour la 4e fois consécutive dans ce comté.

C’est une grande première pour ce candidat de 22 ans, étudiant à l’Université Laval. Il a connu une seule campagne comme bénévole lors des élections fédérales de 2015. M. St-Jean souhaite faire de la santé son cheval de bataille.

« En Outaouais, on ne peut pas passer à côté de la question de la santé, c'est tous les jours dans les journaux. C'est une question primordiale », juge le candidat.

Ce sera donc aux électeurs de la région – qui est rappelons-le un fief libéral depuis longtemps à part de très rares percées péquistes - de dire le 1er octobre s’ils veulent que les candidats du NPD-Québec portent leur voix à l’Assemblée nationale.

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