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Sayona Québec reste muette au sujet du BAPE, mais poursuit ses propres rencontres

Deux grandes affiches du projet minier Authier, de la compagnie Sayona Mining, plantées dans la terre sur un terrain boisé.
Le projet de mine de lithium de la compagnie Sayona Mining suscite de nombreuses réactions au sein de la population. Photo: Radio-Canada / Mélanie Picard

L'entreprise minière Sayona Québec n'a toujours pas fait savoir si elle demanderait d'elle-même une analyse par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pour son projet Authier à La Motte. Le projet est cependant toujours en développement alors que ses représentants rencontrent des acteurs clés du milieu, à huis clos.

Avec les informations de Thomas Deshaies

Cela fait près d’un mois que la ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon, a pourtant invité Sayona Québec à se soumettre à la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement, incluant une audience publique du BAPE. Mme Melançon avait par ailleurs précisé que si la minière n’obtempérait pas, elle recommanderait elle-même au gouvernement de l’obliger à se soumettre à ce processus.

Sayona Québec refuse, depuis cette sortie publique de la ministre, toute demande d’entrevue et n’a toujours pas dévoilé à ce jour, ses intentions. Il y a près d’une semaine, l’entreprise avait répondu par courriel à l’une de nos multiples demandes d’entrevue que le conseil d’administration n’avait toujours pas pu se réunir pour prendre une décision.

À la recherche d'appuis pour éviter le BAPE, redoute le Comité citoyen

Les représentants de la minière ont depuis procédé à des rencontres, en privé, avec des intervenants clés du milieu. La semaine dernière, ils ont rencontré la Chambre de commerce et d’industrie du Centre-Abitibi, ainsi que des représentants de la municipalité de Preissac. Il n’a pas été possible de confirmer si d’autres rencontres ont eu lieu avec d’autres organisations.

Le co-porte-parole du Comité citoyen de protection de l’esker, Rodrigue Turgeon, craint que la minière tente de récolter des appuis pour faire changer d’avis la ministre de l’Environnement sur la nécessité d’un BAPE. « Ils se tournent, en désespoir de cause, vers leurs alliés traditionnels, que ce soit au niveau de la Chambre de commerce ou au niveau des institutions démocratiques abitibiennes, déclare-t-il. Ces conseils municipaux, qui à travers l’histoire du développement de notre région, ont toujours eu à cœur le développement minier. »

Le président de la chambre de commerce, Claude Balleux, tout comme le directeur général de Preissac, Gérard Pétrin, affirme que Sayona n’a pas explicitement réclamé leur appui. « Si c’est le cas, ils ne l’ont pas manifesté clairement de cette façon », a répondu M. Balleux.

« On est en discussion avec eux autres (Sayona), mais au moment où on se parle, on n’est pas rendu à ce stade », a quant à lui faire savoir M. Pétrin.

À l’heure actuelle, ces deux organisations soutiennent ne pas avoir de position en faveur ou en défaveur d’un BAPE pour le Projet Authier.

Position des deux organisations

La Chambre de commerce et d’industrie du Centre-Abitibi accueille favorablement l’aspect économique du projet, mais se dit préoccupée par l’impact social provoqué.

On veut pas faire du développement économique à tout prix. On entend bien qu’il y a des préoccupations. Je pense que si ce projet doit aller de l’avant, il doit se faire dans les règles de l’art.

Claude Balleux

Le directeur général de Preissac, Gérard Pétrin, collecte des informations, mais affirme ne pas être inquiet pour le moment. « C’est sûr que nous, à la municipalité, le fait qu’on a trois mines sur notre territoire, on est comme habitué à la cohabitation », a-t-il affirmé. Les élus n’ont pas pour l’instant, adopté de position officielle, précise-t-il.

L’appui de La Motte

Le directeur de Preissac explique toutefois comprendre les arguments de la municipalité de La Motte, qui a récemment donné son appui au projet.

Le co-porte-parole du Comité citoyen de protection de l’esker, Rodrigue Turgeon, déplore quant à lui cet appui, notamment parce que les élus ont confirmé n’avoir procédé à aucune consultation officielle de leurs citoyens. Il redoute que d’autres conseils municipaux fassent fi des préoccupations citoyennes, notamment exprimées lors des consultations publiques. « Ce n’est pas exclu que d’autres municipalités viennent démontrer publiquement leur appui comme l’a fait La Motte, à ce stade-ci, en se fondant sur aucune méthode de sondage démocratique de leur population », s’insurge-t-il.

La vaste majorité des élus (municipaux) qui ont été interrogés sur la question sont venus dire que ces personnes qui se sont déplacées (dans les consultations publiques), puis qui ont exprimé leur droit politique, ne représentaient pas l’opinion de la population. On se demande sur quels avis ils se fondent ces conseils municipaux, et c’est très préoccupant en fait.

Rodrigue Turgeon

Sayona Québec n’a pas répondu favorablement à notre demande d’entrevue. Par contre, la minière a transmise une brève déclaration par courriel: « Le projet Authier suit son cours. L'équipe garde les lignes de communication ouvertes entre Sayona Québec et les diverses parties prenantes du projet. Le c.a. (conseil d’administration) de Sayona Mining poursuit de son côté sa réflexion sur les orientations à donner au projet et nous fera part de ses décisions au moment opportun ».

Abitibi–Témiscamingue

Métaux et minerais