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Le plan d'Ottawa pour répondre aux flux migratoires est solide, assure Ralph Goodale

Un policier de la GRC intercepte un couple de demandeurs d'asile en provenance des États-Unis à la frontière canadienne.

Photo : The Associated Press / Charles Krupa

Radio-Canada

Critiqué par les conservateurs en comité parlementaire, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a assuré que son gouvernement a un plan stratégique solide pour faire face à la hausse des flux migratoires, notamment en provenance des États-Unis.

Cette « réunion d’urgence » du Comité sur l'immigration irrégulière en provenance de la frontière avec les États-Unis a été réclamée à la suite d’une motion déposée par la porte-parole conservatrice en matière d'immigration, Michelle Rempel.

Selon Mme Rempel et ses collègues qui siègent au Comité, l’afflux actuel de demandeurs d’asile aux frontières terrestres du pays met à rude épreuve les services d’accueil dans les grandes villes comme Toronto et Montréal en raison du manque de planification des ressources et de l'absence d'une stratégie efficace du gouvernement Trudeau pour faire face à l'afflux de migrants en situation irrégulière aux portes du pays.

Pour les députés de l'opposition, la « crise » des demandeurs d’asile qui tentent d’entrer illégalement au Canada en provenance des États-Unis par les frontières terrestres de l’Ontario et du Québec n’est pas terminée, elle a plutôt été « normalisée » par le gouvernement Trudeau.

« Un problème mondial »

Accompagné de son collègue ministre de la Sécurité des frontières nouvellement assermenté, Bill Blair, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a tout d'abord précisé que les migrations irrégulières sont un problème mondial auquel de nombreux pays doivent faire face.

Il ne faut pas s'étonner que cela touche aussi le Canada. Et nous ne devons pas nous attendre à ce qu'il y ait des solutions faciles et rapides à ce problème complexe et global.

Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique du Canada

Rejetant les affirmations des conservateurs voulant que se soit le chaos au poste frontalier de Lacolle, au Québec où plusieurs milliers de migrants de demandeurs d'asile tentent d'entrer au Canada à pied depuis des mois en contournant les postes-frontière, Ralph Goodale a assuré que tout se déroule dans l'ordre à la frontière américaine où le nombre de migrants a considérablement baissé au cours des derniers mois.

Selon les données dont il dispose, Ralph Goodale affirme que le nombre de demandeurs d'asile intercepté aux frontières canadiennes est actuellement à son plus bas niveau depuis le début de l'année 2018.

Un défi plutôt qu'une crise

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph GoodaleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Affirmant ne pas avoir affaire à une crise, mais plutôt à un défi, le ministre Goodale a assuré les membres du Comité que son gouvernement disposait d'un plan stratégique solide pour faire face à d'autres hausses éventuelles du nombre de demandeurs d'asile aux portes du Canada.

Selon le ministre de la Sécurité publique, la stratégie élaborée par son gouvernement est « flexible » et capable de s'adapter selon les besoins et la situation.

Pour ce faire, Ottawa mise sur l'utilisation de technologies éprouvées et sur des partenariats avec diverses agences, dont le renseignement et les services policiers, pour gérer l'afflux de demandeurs d'asile de façon efficace et responsable.

Une situation bien en main, soutient le gouvernement

D'après M. Goodale, les lois canadiennes sont rigoureusement appliquées et le pays s'acquitte de ses obligations internationales en offrant sa protection aux personnes qui fuient la persécution ou qui craignent pour leur sécurité et en expulsant au contraire celles qui tentent d'entrer illégalement au Canada.

Pour sa part, le nouveau ministre de la Sécurité des frontières, Bill Blair, qui a effectué une visite lundi au point de passage du chemin Roxham, à Lacolle, au Québec, a expliqué que toutes les agences et services gouvernementaux présents sur le terrain collaborent de façon exemplaire, « absolument sans faille », a-t-il ajouté. Il s'est d'ailleurs dit impressionné par la façon dont les opérations s'y déroulent.

Le ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen, qui a aussi été convoqué devant le Comité permanent de la Citoyenneté et de l'Immigration, a comparu en après-midi.

Le ministre canadien de l’Immigration, Ahmed Hussen. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre canadien de l’Immigration, Ahmed Hussen, n’était pas disponible pour nous accorder une entrevue.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Outre les ministres Goodale, Blair et Hussen, le Comité entendra aussi, au cours des trois séances prévues, le secrétaire parlementaire du ministre du Développement social, Adam Vaughan.

Des fonctionnaires des services frontaliers, des agents de la GRC, des avocats des réfugiés, des fonctionnaires municipaux et des représentants d'Amnistie internationale et de l'agence des Nations unies pour les réfugiés au Canada seront aussi entendus par le comité.

La ministre de l'Enfance, des Services sociaux et communautaires de l'Ontario, Lisa MacLeod, sera aussi témoin aux audiences.

Appel au calme onusien

Appelé comme témoin devant le comité parlementaire, Jean-Nicolas Beuze, représentant au Canada du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a cherché à remettre le dossier migratoire canadien en perspective.

M. Beuze a souligné que le Canada n'a accueilli que 0,2 % des 25 millions de réfugiés que l'on dénombre dans le monde depuis le début de l'arrivée massive des demandeurs d'asile. Il affirme que le pays « ne vit pas une crise » des réfugiés et qu'il a amplement les moyens d'accueillir ces nouveaux arrivants.

Je pense qu'il y a beaucoup d'enjeux politiques derrière la manière dont on qualifie cette situation, non seulement par les politiciens, mais aussi par certains médias et certains militants, qui cherchent à gagner des points rapidement, que ce soit au Québec ou, dans un an, à l'échelle fédérale.

Jean-Nicolas Beuze, représentant au Canada du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

Offensive d'été des conservateurs

Michelle Rempel, députée conservatrice de Calgary Nose HillAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michelle Rempel, députée conservatrice de Calgary Nose Hill

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Depuis plusieurs semaines, l’opposition officielle presse les libéraux de divulguer les coûts réels ainsi que la teneur de leur plan pour gérer l’afflux de demandeurs d'asile au pays.

En conférence de presse avant la séance du Comité, la députée conservatrice Michele Rempel a accusé le gouvernement libéral de pelleter le problème et les coûts dans la cour des provinces et de ruiner ce qui a toujours été un système d'immigration équilibré, ordonné et équitable.

« Justin Trudeau n'a pas l'intention de rétablir l'équité et la compassion dans le système. Ce qui est pire, c'est qu'il l'a fait sans aucun plan pour budgéter ou assumer les coûts de cette décision », a déploré Michele Rempel.

Son incapacité [Justin Trudeau] à gérer la frontière du Canada est une question urgente d'intérêt public et les Canadiens exigent des mesures.

Michele Rempel, porte-parole de l'opposition en matière d'immigration

Selon elle, Justin Trudeau n’a jamais réussi à élaborer un plan efficace et chiffré pour faire face à la hausse importante du nombre de demandeurs d’asile qui affluent aux frontières du Canada depuis deux ans, poussés vers le Canada par les politiques d’expulsion des immigrants illégaux de l’administration Trump.

Avec les informations de CBC

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