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Les incendies en Grèce font au moins 74 morts

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Les feux de forêt près d'Athènes ont fait plus de 70 morts.

Les pompiers s'affairent au village de Kineta près d'Athènes.

Photo : AFP/Getty Images / ANGELOS TZORTZINIS

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le bilan des incendies à l'est d'Athènes s'est alourdi mardi soir à au moins 74 morts, alors que le pays était sous le choc de découvertes macabres dans le secteur de 26 personnes carbonisées, dont des « petits enfants ».

Une centaine de pompiers poursuivaient les recherches de victimes éventuelles dans cette zone de l'Attique noyée sous les flammes lundi soir, continuant à recevoir « des dizaines d'appels » de personnes à la recherche de proches, a ajouté la porte-parole des pompiers Stavroula Maliri, qui a révisé à la hausse un précédent bilan faisant état de 60 morts.

Dans la station balnéaire de Mati, à une quarantaine de kilomètres à l'est d'Athènes, 26 personnes carbonisées ont été retrouvées enlacées par groupes, « dans une dernière tentative pour se protéger », a raconté un sauveteur, Vassilis Andriopoulos. Et c'est sans compter les carcasses de voitures et d'animaux calcinées retrouvées dans cette petite ville.

Des carcasses de voitures calcinées dans les rues de Mati près d'Athènes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une femme inquiète à la recherche de son chien après le passage d'un feu de forêt près d'Athènes.

Photo : Reuters / Costas Baltas

« Le problème est ce qui se cache encore sous les cendres », a observé le vice-président des services d'urgence, Miltiadis Mylonas.

Le gouvernement a annoncé l'arrivée mercredi de 308 ingénieurs dans la région pour accélérer l'inventaire des dégâts. Ces incendies en Grèce pourraient ainsi dépasser en victimes ceux ayant tué 77 personnes en 2007.

Des pompiers ont combattu un feu dans le village de Mati, en Grèce, le 24 juillet 2018.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des pompiers, qui ont combattu un feu dans le village de Mati, en Grèce, le 24 juillet 2018, font la découverte de victimes n'ayant pas été en mesure d'échapper aux flammes violentes.

Photo : Reuters / Alkis Konstantinidis

Selon la porte-parole, sur un total de 187 personnes hospitalisées, 82 restaient soignées mardi soir dont 10 adultes sous assistance respiratoire et 11 enfants, dont l'état n'inspirait pas d'inquiétude. Une Polonaise et son fils figurent parmi les morts, selon Varsovie, qui n'a pas donné plus de détails.

Piégés par les flammes

Les rescapés ont passé des heures d'angoisse dans un nuage de cendres au bord ou dans l'eau, dans l'attente des secours. Au moins six se sont noyés.

Quelque 715 personnes ont été évacuées par bateaux militaires ou privés jusqu'au port voisin de Rafina.

Certains rescapés ont dû faire des choix terrifiants, comme cet homme de la localité de Kokkino Limanaki, contraint de laisser sa mère après avoir tenté de la mettre à l'abri dans sa voiture, pour sauver ses enfants emmenés à moto.

Les voitures calcinées après le passage  du feu à Mati près d'Athènes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des automobiles calcinées dans le village de Mati en Grèce

Photo : AFP/Getty Images / ANGELOS TZORTZINIS

« Aujourd'hui, la Grèce est en deuil », a déclaré le premier ministre Alexis Tsipras, annonçant, dans une adresse télévisée à la nation, trois jours de deuil national. La présidence a annulé les festivités devant commémorer mardi le retour de la démocratie en Grèce en juillet 1974.

Les responsables et résidents décrivent un déluge de flammes qui a piégé les victimes chez elles, dans leurs voitures ou à quelques mètres des plages qu'elles tentaient de rejoindre.

À Mati, ville plantée de pins, des vents de plus de 100 km/h ont permis « une progression foudroyante du feu dans le tissu urbain », a expliqué la porte-parole des pompiers, Stavroula Maliri.

Une maison en brique, vide et calcinée, est vue au milieu d'arbres brûlés. Le paysage semble couvert de cendres.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une maison brûlée est vue le 24 juillet 2018 après les feux de forêt qui ont ravagé la station balnéaire de Mati, en Grèce.

Photo : Reuters / Costas Baltas

« Mati n'existe plus », a lancé le maire de Rafina, Evangélos Bournous, recensant plus de 1000 bâtiments et 300 voitures endommagés.

Autorités et volontaires s'organisaient pour porter secours aux sinistrés, avec des collectes et distributions d'eau, nourriture et vêtements, tandis que les sans-logis étaient dirigés vers des hôtels.

Mardi soir, dans le secteur de Mati, « le feu évoluait sans front actif, avec des foyers dispersés », selon les pompiers. Mais un autre front a repris au-dessus de Kineta, à l'ouest de l'Attique, où il y a eu lundi des dégâts, mais pas de victimes.

Le 24 juillet 2018, une femme, qui tient un mouchoir dans ses mains, regarde plusieurs voitures brûlées autour d'elle, l'air grave. Ses mains sont posées sur ses hanches.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des feux autour d'Athènes ont fait des dizaines de morts, dont des enfants.

Photo : Reuters / Costas Baltas

Solidarité en Europe

Le pays, qui a activé le mécanisme européen de protection civile, s'est vu offrir de l'aide – notamment en moyens aériens – par l'Espagne, la France, Israël, la Bulgarie, la Turquie, l'Italie, la Macédoine, le Portugal et la Croatie, tandis que les messages de condoléances affluaient de l'étranger.

« La Commission européenne n'épargnera pas ses efforts pour aider la Grèce », a tweeté son président Jean-Claude Juncker. « La douleur des sinistrés nous touche tous », a indiqué la chancelière allemande Angela Merkel dans un télégramme à M. Tsipras.

Une vue des collines après le passage des feux de forêts près de Mati non loin d'Ahènes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une vue aérienne près du village de Mati non loin d'Athènes.

Photo : AFP/Getty Images / SAVAS KARMANIOLAS

Le pape a fait connaître « sa profonde tristesse », tandis que le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg a fait part de « la solidarité » de l'Alliance.

Le gouvernement a annoncé qu'il prendrait en charge les obsèques, et des mesures fiscales en faveur des sinistrés. Et le parquet a ouvert une enquête sur les causes des incendies.

Un camion de pompier circulant sur une route, sous une épaisse couche de fumée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des centaines de pompiers ont été déployés pour lutter contre les flammes.

Photo : Reuters / Alkis Konstantinidis

Avant qu'une polémique ne s'engage sur la réponse de l'appareil d'État, le gouvernement a souligné avoir dû faire face à un phénomène « extrême » et « asymétrique », selon M. Tsipras.

Le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos, a relevé qu'il y avait eu « 15 départs de feu simultanés sur trois fronts différents » en Attique. Les États-Unis ont prêté un drone pour survoler l'Attique et « observer et détecter toute activité suspecte », a-t-il ajouté.

Les incendies ont démarré alors qu'une vague de chaleur s'abattait sur le pays, avec des températures grimpant jusqu'à 40 °C, qui ont toutefois baissé mardi.

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