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Ville Neuve : un film d’animation québécois à la 75e Mostra de Venise

Un extrait du dessin d'animation en noir et blanc de « Ville Neuve » de Félix Dufour-Laperrière.
Ville Neuve se déroule en bord de mer, durant le référendum sur l'indépendance du Québec en 1995. Photo: Courtoisie/Productions Unité Centrale
Radio-Canada

Après quatre ans de dessins, Félix Dufour-Laperrière présentera en première mondiale son film d'animation, Ville Neuve, au 75e Festival international du film de Venise qui s'ouvrira le 29 août en Italie.

Un texte de Pascale Fontaine

Le long métrage, qu’on espérait au Festival de Cannes en 2017, sera projeté dans le cadre des 15es Giornate degli autori consacrés aux oeuvres indépendantes et innovatrices. Le cinéaste originaire de Chicoutimi suit ainsi les traces de Jean-Marc Vallée avec Café de flore et de Denis Villeneuve avec Incendies.

Seuls 12 films ont été retenus parmi plus de 1000 soumissions, ce qui en fait un « écrin exceptionnel pour un film d'animation », se réjouit Félix Dufour-Laperrière en entrevue téléphonique depuis la France.

Assemblage délicat de 80 000 esquisses en noir et blanc, Ville Neuve raconte la rédemption difficile d’un couple sur le bord de la mer en Gaspésie, durant le référendum sur l’indépendance du Québec en 1995.

C'est fait au Québec et ça part du Québec. Ça se passe pendant le référendum de 1995 et c'est d'autant plus agréable de pouvoir présenter un film somme toute national dans un contexte [international comme celui de la Mostra].

Félix Dufour-Laperrière, réalisateur de Ville Neuve

« Au-delà de mes convictions politiques, je crois que dans l'intimité résonne beaucoup de nos préoccupations collectives et politiques... et vice versa! », résume Félix Dufour-Laperrière qui signe ici son premier scénario de fiction. « C'est une belle occasion de parler de notre situation politique, des ambitions déçues et des défis qu'il reste à relever. »

L'animation, rare invitée des festivals

L'idée que du cinéma d'animation se retrouve dans un tel festival ravit d'autant plus le réalisateur. « Ça décloisonne le cinéma d'animation, qui est très riche, mais à la fois méconnu, perçu comme étant destiné aux enfants ». C'est pourtant un média qui dialogue beaucoup avec les arts visuels, rappelle-t-il.

Décliné dans un camaïeu de gris translucides, Ville Neuve veut ainsi faire la part belle au coup de crayon des quelque 30 dessinatrices et dessinateurs. « Il y a quelque chose pour protéger le geste et pour être face à des dessins qui bougent », explique celui qui s'est formé notamment durant son passage à la Cinémathèque québécoise.

Un travail certes plus laborieux et intensif que les 31 jours de tournage pour le documentaire poétique Transatlantique, où l'on suit la vie paisible à bord d'un cargo en route vers l'Amérique. Produit en quatre ans entièrement à Montréal, Ville Neuve aura coûté environ 1,6 million de dollars.

C'est quelque chose d'assez passionnant de travailler en animation. C'est comme si, par moments, la psyché des personnages peut prendre corps et se matérialiser à l'écran.

Félix Dufour-Laperrière

Et contrairement au silence contemplatif de Transatlantique, Ville Neuve donne la place à la parole, notamment avec les voix de Robert Lalonde, Johanne-Marie et Théodore Pellerin, qui s’est fait remarquer avec Chien de garde. L'équipe sera sur place lors des projections.

Bien qu'il foulera le tapis rouge vénitien dans plus d'un mois, Félix Dufour-Laperrière travaille déjà sur de nouveaux projets, dont Archipel.

Dans ce documentaire animé, le cinéaste compte expliquer ce qui fait notre chez-soi en explorant des îles imaginaires du Saint-Laurent. Le film qui est à l'étape de la préproduction pourrait arriver sur le grand écran en 2020.

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