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Des milliers de Canadiens appuient une pétition réclamant moins de contrôle sur les armes à feu

Le jeune Ryan Slingerland et sa députée, Rachael Harder, dans un corridor du parlement, à Ottawa.
La députée conservatrice de Lethbridge, Rachael Harder, a accepté de parrainer la pétition de Ryan Slingerland, qui habite dans sa circonscription. Photo: Famille Slingerland
Radio-Canada

Une pétition lancée par un jeune Albertain de 15 ans a recueilli plus de 85 000 signatures. Cette pétition demande au gouvernement fédéral d'abandonner un projet de loi qui prévoit resserrer les contrôles sur la vente, la livraison de permis et le suivi des armes à feu. C'est la deuxième pétition en importance présentée au gouvernement fédéral de l'histoire du Canada.

Un texte d’Audrey Neveu

Ryan Slingerland est un habitué des parties de chasse et des champs de tir, qu’il fréquente régulièrement avec son père. Il était à Ottawa lorsque le ministre de la Sécurité publique a déposé le projet de loi C-71, en mars. « Ça me touche vraiment, affirme l'adolescent de Coalhurst, en Alberta. J’ai vu mon père passer par toutes les étapes pour obtenir son permis de possession d’armes à feu, comme la vérification de ses antécédents judiciaires, la formation, les cours qu’il faut suivre. »

Ryan Slingerland affirme qu'il n'aime pas voir un événement comme la fusillade qui a fait 2 morts et 13 blessés à Toronto, dimanche. Il dit qu'il est désolé pour les victimes et leur famille. « Je ne crois pas que le projet de loi C-71 soit la bonne approche pour répondre à ce type de violence armée », affirme-t-il cependant.

Selon lui, le gouvernement provincial devrait s’attaquer à la criminalité, en hausse au pays, notamment dans les zones rurales, mais il croit que le projet de loi manque sa cible.

La nouvelle réglementation cible les citoyens qui obéissent aux lois, alors que l'on pourrait s'attaquer à la violence avec des armes à feu d'une tout autre manière.

Ryan Slingerlander, auteur de la pétition

L'adolescent voudrait que l'on consacre davantage de ressources aux services policiers, afin d’arrêter les criminels.

Des contrôles resserrés sur les armes à feu

Le projet de loi abrogerait certaines mesures adoptées sous l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper. Il obligerait par exemple les vendeurs d’armes à feu à vérifier si le permis de possession d’armes de l’acheteur est valide, ce qui n'est pas le cas pour toutes les armes en ce moment. Selon Tony Bernardo, directeur de l'Association des sports de tir du Canada, cela s'apparenterait à un retour du registre des armes à feu, ce que nie le ministère de la Sécurité publique du Canada.

Pour obtenir un permis de possession d'armes, les demandeurs doivent actuellement se soumettre à une vérification des antécédents judiciaires et des facteurs de risques durant les cinq dernières années. Avec la nouvelle loi, il n’y aurait plus de limite de temps.

Je ne vois pas ce que cela donnerait de remonter 40 ou 50 ans dans le passé des gens.

Tony Bernardo, directeur de l’Association des sports de tir du Canada.

Tony Bernardo se demande si une personne d’une cinquantaine d’années peut obtenir une arme si elle a été traitée pour une dépression durant l’adolescence. « Si le gouvernement voulait étendre la période de vérification des antécédents de 5 à 10 ans, on n’aurait probablement pas d’objection », ajoute Tony Bernardo.

La Coalition pour le contrôle des armes à feu, qui appuie le projet de loi, voudrait quant à elle que le gouvernement resserre les critères d’admissibilité pour obtenir un permis de possession d’arme. Elle voudrait qu’il puisse refuser la délivrance du permis si le demandeur représente une menace pour lui-même ou pour autrui.

Rangée de carabines présentée chez un marchand.Le nombre d'homicides commis avec une arme à feu a bondi de 44 % entre 2014 et 2016, selon Statistique Canada. Photo : Radio-Canada

Le gouvernement fédéral rappelle qu'il s’est engagé à investir près de 327 millions de dollars durant les cinq prochaines années, puis 100 millions de dollars annuellement, pour appuyer les forces de l’ordre dans la lutte contre la violence armée et les gangs criminels.

La députée conservatrice Rachael Harder, qui parraine la pétition de Ryan Slingerland, doit présenter celui-ci à la Chambre des communes à l’automne, à la reprise des travaux parlementaires.

Alberta

Politique fédérale