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L’administration Trump veut dépouiller la Californie de son autorité sur les GES

Les voitures émettent de la pollution.

La réglementation pourrait augmenter la consommation de pétrole de 500 000 barils par jour aux États-Unis.

Photo : iStock / ssuaphoto

Radio-Canada

L'administration de Donald Trump cherche à retirer à l'État de la Californie son autorité sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par les automobiles sur son territoire, de même que les pouvoirs qui lui permettent d'exiger de l'industrie qu'elle manufacture davantage de véhicules électriques.

D’après plusieurs sources proches du dossier, le département des Transports et l'Agence pour la protection de l’environnement devraient proposer plus tard dans la semaine une série de projets de loi qui recommandent de geler les exigences en matière d'émissions de GES des véhicules.

Il s’agit d’une attaque frontale contre l’un des programmes mis en place par l’administration de Barack Obama visant à réduire les GES qui contribuent aux changements climatiques.

Ces projets de loi remettent également en question le pouvoir de l’État de la Californie de lutter contre la pollution atmosphérique. En effet, on propose ainsi de révoquer la dérogation à la Loi sur l'air propre accordée à la Californie, qui lui permet de réglementer les émissions des pots d’échappement et de forcer les constructeurs à produire davantage de véhicules électriques.

Si cette proposition est adoptée, cela déclenchera une longue bataille devant les tribunaux, notamment entre la Californie et une douzaine d’autres États où cette politique est déjà appliquée.

Le procureur général de la Californie, Xavier Becerra, a déclaré lundi qu'il est « prêt à utiliser tous les outils juridiques à [sa] disposition pour protéger les normes d'émission des véhicules ».

Nous avons la loi de notre côté ainsi que le peuple du pays et le peuple du monde entier.

Daniel Sperling, de l'agence californienne pour la qualité de l'air

Des conséquences sur le climat

Selon certaines prévisions, un tel changement dans la réglementation pourrait augmenter la consommation de pétrole de 500 000 barils par jour aux États-Unis.

Cela mettrait également un frein aux règles fédérales visant à améliorer l’efficacité énergétique au cours de la prochaine décennie. Au lieu de cela, les exigences en matière d’économie de carburant resteraient au niveau de 2020, donc plafonnées à 35 milles par gallon (mpg), plutôt que passer à 50 mpg dès 2025, comme le prévoyait le plan de l’administration Obama.

Par ailleurs, l’annulation de ces changements pourrait nuire à des constructeurs comme Tesla ou General Motors, qui ont investi des milliards de dollars dans la production de véhicules électriques.

L’administration Trump soutient, elle, que les nouvelles règles permettront de réduire le prix des véhicules neufs et d'en vendre 1 million de plus jusqu’en 2029. La mise en place d’une telle politique « aurait un impact négligeable » sur le climat, soit de « 0,003 °C d'ici 2100 », d'après le document à paraître.

L’administration assure également que cette proposition éviterait plus de 1000 morts par an sur les autoroutes en encourageant les gens à faire l’acquisition de véhicules neufs, et donc plus sécuritaires. Un argument contesté par la Californie et bon nombre d'environnementalistes.

De nombreux opposants à la réforme

« Ce n'est rien de moins qu'une attaque scandaleuse contre la santé publique et les droits des États », a déclaré Frank O'Donnell, président de Clean Air Watch.

C'est un geste stupide pour une administration qui prétend vouloir la paix, parce que cela mènera à une guerre des émissions : des États progressistes contre un gouvernement fédéral rétrograde.

Frank O'Donnell, président de Clean Air Watch

« La grande question est : de quel côté les constructeurs automobiles vont-ils se ranger? » ajoute-t-il.

Jusqu’à présent, les principaux constructeurs ont répété à maintes reprises au cours des derniers mois qu’ils ne soutenaient pas ce gel des exigences, mais plutôt des modifications au prix du carburant.

Au mois de mai dernier, la Californie et 16 autres États avaient contesté la décision de l’administration Trump de réviser les règles américaines concernant les émissions des véhicules.

En janvier, le gouverneur de Californie, Jerry Brown, avait fixé un nouvel objectif de 5 millions de véhicules zéro émission d'ici 2030.

Avec les informations de Bloomberg, et Reuters

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