•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trump songe à retirer leur habilitation de sécurité à d'anciens chefs du renseignement

L'ex-directeur du FBI James Comey en juin 2017 alors qu'il témoigne devant le comité du renseignement du Sénat américain.
L'ex-directeur du FBI James Comey en juin 2017 Photo: The Associated Press / J. Scott Applewhite
Reuters

Donald Trump envisage de retirer leurs habilitations de sécurité à six anciens responsables des services de renseignement, dont le directeur de la CIA à l'époque de Barack Obama, John Brennan, de même qu'au directeur du FBI qu'il a limogé, James Comey.

« Le président n'envisage pas seulement de retirer son habilitation de sécurité à Brennan, il envisage aussi de retirer les habilitations de Comey, Hayden, Clapper, Rice et McCabe », a déclaré lundi la porte-parole de Donald Trump, Sarah Sanders. Elle faisait référence à l'ancien directeur de l'Agence nationale de la sécurité (NSA) Michael Hayden, à l'ancien directeur du Renseignement national James Clapper, à l'ancienne conseillère à la sécurité nationale Susan Rice et à l'ex-directeur adjoint du FBI Andrew McCabe.

De nombreux anciens responsables du renseignement conservent leurs habilitations lorsqu'ils quittent leurs fonctions, soit parce qu'ils continuent à conseiller leurs anciens services, soit parce qu'ils en ont besoin pour occuper d'autres fonctions gouvernementales ou en tant que consultants.

L'ancien directeur de la CIA John Brennan témoigne devant la commission du renseignement du Sénat américain, le 23 mai 2017.L'ancien directeur de la CIA, John Brennan, témoigne devant la commission du Renseignement du Sénat américain, le 23 mai 2017. Photo : Reuters / Kevin Lamarque

La Maison-Blanche reproche notamment à John Brennan d'avoir vivement critiqué Donald Trump après sa conférence de presse avec Vladimir Poutine, il y a une semaine, à Helsinki, pendant laquelle le président américain a donné davantage de crédit au dénégations de son homologue russe quant à une ingérence dans l'élection présidentielle de 2016 qu'à l'avis de ses propres services de renseignement.

L'ancien chef de la CIA a notamment parlé de comportement proche de la « trahison ».

Donald Trump considère inquiétant qu'on accuse le président des États-Unis de trahison alors qu'on a le niveau le plus élevé d'habilitation de sécurité, et qu'on lance publiquement de fausses accusations contre le président des États-Unis alors qu’on est détenteur des secrets les plus profonds et les plus sacrés du pays.

Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche

« Nous regardons quelles sont nos options et quelles sont leurs implications », a ajouté Mme Sanders.

À un journaliste qui lui demandait si la Maison-Blanche cherchait ainsi à punir les anciens responsables du renseignement en raison de leurs critiques, elle a répondu : « Non, vous vous racontez une histoire. »

Une intention dénoncée

La CIA n'a pas réagi pour le moment à cette menace très inhabituelle.

James Clapper a en revanche dénoncé sur CNN une attitude « très mesquine » de la part de la Maison-Blanche.

James Clapper, ancien directeur du renseignement (DNI) aux États-Unis.James Clapper, l'ancien directeur du renseignement (DNI) aux États-Unis Photo : AP / Susan Walsh

« D'un point de vue légal, le président dispose de cette prérogative. Il peut suspendre ou révoquer les habilitations de sécurité comme il l'entend, mais s'il décide de le faire pour des raisons politiques, je trouve que cela crée un dangereux précédent [...] C'est un abus du système », a-t-il dit.

« Je ne prends plus part à des réunions [sur des dossiers] classifiés », a déclaré quant à lui Michael Hayden sur Twitter. Cela « n'aura aucun effet sur ce que je dis ou écris », a-t-il ajouté.

L'habilitation de sécurité d'Andrew McCabe lui a été retirée lorsqu'il a été limogé du FBI, a annoncé une porte-parole de M. McCabe, précisant que cela ferait partie des procédures habituelles de l'agence fédérale.

« On pourrait croire que la Maison-Blanche effectuerait des vérifications auprès du FBI avant de faire des déclarations clinquantes devant la presse », a dit Melissa Schwartz.

Plusieurs démocrates ont critiqué la démarche de l'administration Trump, vue comme un moyen pour la Maison-Blanche de détourner l'attention après le sommet entre Trump et Poutine et les promesses que le président américain aurait pu faire lors de son entretien avec son homologue russe.

« Voilà à quoi ressemble le totalitarisme », a déclaré la sénatrice démocrate Mazie Hirono sur Twitter.

Politique américaine

International