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Les chauves-souris survivront-elles au syndrome du museau blanc?

Une chauve-souris en plein vol dans la nuit.

Une chauve-souris en plein vol dans la nuit

Photo : iStock

Radio-Canada

L'activité acoustique de certaines populations de chauves-souris de l'Abitibi-Témiscamingue menacées par le syndrome du museau blanc est en augmentation, comparativement aux données de 2012 au Parc national d'Aiguebelle. Cela pourrait laisser croire que les espèces menacées sont en augmentation.

Un texte de Piel Côté

Les scientifiques qui étudient la question devront toutefois prouver que cette augmentation de l'inventaire acoustique ne se résume pas à une immigration d'autres types de chauves-souris avant de confirmer que le genre myotis, l'espèce menacée par le museau blanc, a stoppé sa décroissance.

Depuis 2010, le syndrome du museau blanc est présent au Canada. Apparu en 2006 aux États-Unis, ce champignon cause une infection fongique aux chauves-souris.

Cette maladie réveille les chauves-souris à de nombreuses reprises durant leur hibernation, ce qui finit par faire les mourir de fatigue.

Au départ, lors de l'arrivée du museau blanc en Amérique du Nord, de nombreux scientifiques croyaient que les espèces touchées s'éteindraient. L'enjeu de l'extinction est encore d'actualité, mais certains indices montrent que le déclin a possiblement cessé dans certains secteurs bien précis.

On voit la croissance fongique blanche sur le museau d'une petite chauve-souris brune suspendue la tête en bas.

Gros plan sur la croissance fongique qui se trouve sur le museau de cette petite chauve-souris brune.

Photo : MRNF-Québec/Frédérick Lelièvre

Par contre, les déclins ont été assez importants au cours des dernières années, qu'il reste à voir si les effectifs se maintiendront.

Certaines chauves-souris avec le temps auraient peut-être développé une résistance, qui pourrait se transmettre d'un individu à l'autre, mais impossible pour l'instant de savoir si cette résistance pourra se transmettre de génération en génération.

Il faudra donc patienter encore plusieurs générations avant de voir la fin de la décroissance des populations au Canada, si elle se produit un jour. Pour l'instant, elles ne sont pas hors de danger.

En fait, les espèces de chauves-souris demeurent une espèce classée comme étant en voie de disparition au Canada comme le détaille l'étudiante au doctorat en biologie, Julie Faure-Lacroix.

Portrait de Julie Faure-Lacroix, étudiante au doctorat

Julie Faure-Lacroix, étudiante au doctorat, s'intéresse à l'activité acoustique des populations de chauves-souris

Photo : Courtoisie Valérie Harvey, responsable des communications à Calcul Québec.

Chez la petite brune et la chauve-souris nordique, qui étaient atteintes du museau blanc jusqu'en 2015, on avait environ 75 pour cent de l'activité qui avait diminué entre 2010 et 2015, mentionne-t-elle.

Avant l'apparition du syndrome du museau blanc, les populations de chauves-souris croissaient de 8 pour cent par année, selon les données du programme de rétablissement, préparé par le gouvernement du Canada.

De grands consommateurs d'insectes

Si la fin de la chute des populations de certaines chauves-souris était confirmée dans les prochaines années, ce sera également positif pour les agriculteurs.

Les chauves-souris sont de grands consommateurs d'insectes, ils peuvent contribuer à réduire les populations. Les chauves-souris peuvent donc exercer une certaine pression sur les insectes ravageurs, notamment, ceux-là mêmes qui s'attaquent aux plantes, expliquait en 2016 la biologiste du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, Nathalie Desrosiers.

Les producteurs vont être obligés d'utiliser des pesticides pour être capables de garder une qualité des produits qu'ils vont nous offrir. Donc, ça a un coût très très important, dit Mme Desrosiers.

Les citoyens peuvent aussi se réjouir de la fin de la décroissance des populations de chauves-souris.

Thibaud Ferraille pose devant des bâtiments en secteur forestier.

Thibaud Ferraille

Photo : Courtoisie

Des chauves-souris, ce sont des prédateurs de la population d'insectes. S'il n'y a plus de chauves-souris, il y aura possiblement plus d'insectes. C'est aussi de bons contrôleurs de moustiques, s'il n'y a plus de chauves-souris, il y aurait encore plus de moustiques et je sais qu'en Abitibi, on serait encore moins content, ajoute Thibaut Ferraille, qui conclura une étude deux mois sur les chauves-souris du Parc national d'Aiguebelle cette semaine.

Abitibi–Témiscamingue

Nature et animaux