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L'aide juridique à Saskatoon est dans une situation désastreuse, dit un juge exaspéré

Une statue de Justice qui tient une balance et qui a les yeux bandés.

Les trois postes d'avocats vacants au bureau d'aide juridique de Saskatoon ne seront pas pourvus pour des raisons financières.

Photo : Radio-Canada / Daniel Beauparlant

Radio-Canada

En juin, la Commission de l'aide juridique de la Saskatchewan a indiqué que les trois postes d'avocats vacants au bureau de Saskatoon ne seraient pas pourvus et que six postes d'employés de soutien seraient abolis en raison de compressions budgétaires.

Cette nouvelle avait soulevé l’indignation du personnel du bureau de l’aide juridique de Saskatoon.

Or, voilà que quelques semaines après cette annonce, un juge siégeant à la Cour provinciale de Saskatoon, joint sa voix à celle des employés du bureau touché par les compressions.

« C’est macabre. C’est systémique. Je pense que les gens souffrent. Ce sont des personnes en détention provisoire qui n’ont encore été condamnées pour rien », a déclaré le juge Barry Singer en plein tribunal. Ce dernier siège non seulement à Saskatoon, mais également dans des Cours provinciales situées dans d'autres villes de la Saskatchewan.

Val Harvey est une avocate travaillant sous contrat pour le bureau d’aide juridique de Saskatoon. Elle était présente dans la salle d’audience lorsque le juge a fait cette déclaration.

Me Harvey dit n’avoir jamais assisté à une telle déclaration de la part d’un juge. « Dans mon expérience, je n’ai jamais vu cela. Jamais. Les juges ne s’impliquent généralement pas dans ce genre de choses », dit-elle.

Il était très contrarié par le nombre de dossiers qui étaient ajournés.

Val Harvey, avocate

Selon Me Harvey, le juge aurait aussi affirmé que la situation est pire à Saskatoon, parce qu’ailleurs en province « les bureaux d’aide juridique disposent de ressources suffisantes ».

En juin, le chef de la direction de la Commission de l’aide juridique de la Saskatchewan, Craig Geobel, avait qualifié les compressions budgétaires de « changements nécessaires ».

« Nous faisons cela pour augmenter la flexibilité quant aux besoins actuels et futurs de nos clients, particulièrement en ce qui concerne les demandes de caution et de détention provisoire », avait-il ajouté.

S’il vous plaît, faites savoir à M. Goebel que je suis insatisfait. Ce n’est la faute de personne d’autre que le siège social de la Commission.

Barry Singer, juge

Le NPD exhorte le gouvernement à « résoudre le problème »

La porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice, Nicole Sarauer, affirme que les propos du juge Singer « témoignent de la gravité des problèmes de ressourcement au bureau d'aide juridique de Saskatoon ».

Elle demande au ministre de la Justice, Don Morgan, de venir en aide à l'établissement en le finançant adéquatement.

« Le ministre de la Justice est chargé de s'assurer que l'aide juridique en Saskatchewan dispose des ressources nécessaires pour défendre les personnes vulnérables. Il est clair, en écoutant les commentaires du juge, que Don Morgan manque à son devoir », dit Mme Sarauer.

Selon Nicole Sarauer, la pénurie d'avocats travaillant pour l'aide juridique pourrait contribuer à l'engorgement du système judiciaire de la province.

« Nous avons un système carcéral surpeuplé, en particulier au centre correctionnel de Saskatoon, dit-elle. Il y a lieu d'être très préoccupé du fait que cela entraîne de nouveaux retards dans le processus judiciaire, laissant les gens en détention provisoire plus longtemps qu'ils ne devraient l'être. »

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