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Espoirs et départs : la croisée des chemins pour Churchill

Une statue d'ours polaire.

Une statue d'ours polaire trône devant le port de Churchill. Le village est connu mondialement comme un lieu touristique idéal pour observer des ours polaires.

Photo : Radio-Canada / Cameron McIntosh

Radio-Canada

Le train ne se rend toujours pas à Churchill, dans le nord du Manitoba, mais la région continue d'entretenir l'espoir de devenir un pôle de tourisme et de recherche. Entre-temps, le prix des aliments et le manque de travail forcent les résidents à quitter la communauté, temporairement ou définitivement.

Cela fait plus d'un an que des inondations ont endommagé les rails du seul lien terrestre entre Churchill et le reste du monde. Cette situation est directement ressentie par les habitants qui doivent payer bien plus pour tout ce qui est vendu dans la communauté.

Il en coûte 7,50 $ pour un brocoli et plus de 17 $ pour 650 grammes de fromage. Le 18 juillet dernier, le prix de l'essence a bondi de 1,70 $ à 2,54 $ le litre.

Certaines familles n'arrivent plus à faire face à la situation et sont forcées de quitter la communauté. C'est le cas de Sharice Sinclair, qui a déménagé à contrecoeur dans la capitale manitobaine, triste de ne pouvoir offrir à sa fille une enfance comme la sienne, dans cette communauté aux liens serrés.

Mais l'espoir a toujours été au coeur de l'identité de ceux qui bravent le froid du Nord manitobain. Déjà en 1931, l'arrivée d'un premier bateau dans le port de Churchill promettait d'en faire un important point d'exportation de céréales des Prairies. Mais le démantèlement de la Commission canadienne du blé en 2012 a grandement réduit le rôle du port et du train qui avaient été vendus à l'entreprise américaine OmniTRAX par le gouvernement fédéral, 15 ans plus tôt. Finalement, l'entreprise a fermé le port en 2016.

Un chemin de fer est à demi immergé dans l'eau, qui entoure la voie.

Les inondations du printemps 2017 ont causé des dommages importants au chemin de fer. Un régulateur fédéral a contraint le propriétaire Omnitrax à effectuer les réparations.

Photo : OmniTRAX

La survie de la communauté pourrait maintenant dépendre du rachat de ces infrastructures par un consortium rassemblant des Premières Nations et l'entreprise de Toronto Fairfax. Le consortium et OmniTRAX ont toutefois été incapables de s'entendre pour l'instant.

En attendant, la région dépend de l'affluence de touristes venus admirer les bélugas et les ours polaires. Toutefois, le changement du climat et la fonte accélérée des glaces forcent les ours à voyager plus au nord pour trouver de la nourriture.

Des perspectives d'avenir encourageantes

Tout n'est pas sombre dans le destin de Churchill. Les changements climatiques font aussi en sorte que les routes maritimes sont ouvertes pendant une période plus longue. Le président de la Chaire de recherche du Canada en science du système arctique, David Barber, souligne que ces voies de transport restent ouvertes pendant une journée supplémentaire chaque année depuis 30 ans et sont donc navigables pendant 30 jours par année.

Ce que les gens doivent réaliser, c'est que les changements dans l'Arctique apportent à la fois des défis et des occasions.

David Barber, président de la Chaire de recherche du Canada en science du système arctique

Il rappelle que 23 % du PIB de la Russie est généré dans l'Arctique et que le Canada possède des ressources semblables à celles de son voisin sans toutefois y consacrer autant d'efforts.

La création d'un observatoire de recherche maritime de 44 millions de dollars offre une autre lueur d'espoir aux habitants de Churchill. Sa construction est cependant suspendue parce que les matériaux ne peuvent être acheminés par train. Une fois construit, l'observatoire pourrait faire de la communauté un lieu scientifique, économique et technologique d'importance au pays.

Un ours polaire marche dans la tundra blanche avec une auto à l'horizon.

Un ours polaire traverse la route à Churchill au Manitoba en 2009.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Le fédéral se veut rassurant

Du côté d'Ottawa, on dit se pencher sur les routes commerciales déjà existantes et la façon dont elles peuvent s'inscrire dans la stratégie sur l'Arctique. Du financement offert par le fédéral a aussi permis de créer un programme d'employabilité pour retenir les travailleurs dans la région.

Il n'y a pas 850 personnes qui vivent à Churchill. Il y a 35 millions de Canadiens qui vivent à Churchill. Nous avons tous une responsabilité pour rendre cet endroit viable.

Jim Carr, ministre de la Diversification du commerce international

Le véritable espoir se trouve dans le coeur de ceux qui, comme Sharice Sinclair, ont quitté la communauté. Malgré les conditions difficiles et le temps qui passe sans voir le train se remettre à circuler, une chose reste très claire pour elle : « Churchill sera toujours ma maison. »

Avec les informations de La Presse canadienne

Manitoba

Arctique