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Troisième hausse consécutive du taux de criminalité au Canada

Des policiers discutent près d'une autopatrouille.

Le taux de criminalité a augmenté de 1% au Canada en 2017, selon Statistique Canada.

Photo : SQ

Radio-Canada

La criminalité était en hausse l'an dernier au Canada pour une troisième année de suite, selon de récentes données de Statistique Canada, qui observe également une croissance du nombre d'homicides et de crimes violents commis avec des armes à feu au pays, notamment des armes de poing.

D’après les données compilées par Statistique Canada, le taux de crimes déclarés par la police est passé de 5276 à 5334 pour 100 000 habitants en 2017, ce qui représente une augmentation d'environ 1 % du taux de criminalité au Canada par rapport aux données de 2016.

Il s'agit par ailleurs d'une troisième augmentation de suite du taux de criminalité au pays, souligne l'agence fédérale.

Des crimes plus graves

Si les corps policiers ont déclaré davantage de crimes en 2017 au Canada, ces derniers ont aussi été plus graves si on en croit l'Indice de gravité des crimes de Statistique Canada qui a augmenté de 2 % l'an dernier.

Il s'agit d'une troisième augmentation consécutive de l'IGC, qui fait suite à une tendance à la baisse enregistrée au cours d'une période de 11 ans, soit de 2003 à 2014.

Statistique Canada

Cette augmentation de la gravité des crimes a par ailleurs touché toutes les provinces et tous les territoires à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador, de l'Île-du-Prince-Édouard, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique qui ont toutes enregistré des baisses de l’IGC.

D’après les données compilées, l’augmentation de 2 % de l’Indice de gravité des crimes entre 2016 et 2017 est principalement due à une augmentation des cas d’agression sexuelle de niveau 1 (+13 %), de possession de biens volés (+15 %), de vol de véhicules (+6 %) ainsi que des homicides qui ont crû de 7 % au cours de la période.

C’est au Nouveau-Brunswick que l’IGC a le plus augmenté avec un bond important de 11 %, suivi de la Nouvelle-Écosse (+6 %), de l’Alberta (+5 %), de l’Ontario (+5 %), du Manitoba (+3 %) et du Québec (+2 %).

Dans l'ensemble, les services de police canadiens ont déclaré plus de 1,9 million d'infractions au Code criminel en 2017 (sans compter les infractions routières), soit près de 45 300 affaires de plus qu'en 2016.

Plus de crimes en zones rurales

D’après Statistique Canada, le taux de criminalité était de 30 % plus élevé dans les zones rurales comparativement aux régions urbaines l’année dernière.

À l'échelle nationale, les services de police ruraux, qui desservent 17 % de la population du pays, ont déclaré 21 % des crimes commis en 2017.

Les polices rurales ont rapporté 25 % des crimes violents, 18 % des crimes contre les biens et 24 % des autres infractions au Code criminel commises au Canada en 2017.

Les homicides en hausse

En ce qui a trait à la nature des crimes commis au pays, les homicides ou tentatives d’homicide ont augmenté de 7 % à l’échelle nationale en 2017 par rapport aux données de 2016.

En tout, 660 homicides ont été rapportés au Canada l’an dernier, soit 48 de plus qu’en 2016.

Ce qui a fait grimper le taux d’homicides de 1,69 meurtre pour 100 000 habitants en 2016 à 1,80 meurtre pour 100 000 habitants en 2017.

Selon Statistique Canada, cette augmentation du taux national d’homicides serait principalement attribuable à des hausses marquées du nombre de meurtres en Colombie-Britannique et au Québec.

Augmentation des fusillades à Toronto et de la criminalité au Canada

C’est cependant dans la région de Thunder Bay, en Ontario, que le taux d’homicides a été le plus élevé au pays (5,80 meurtres pour 100 000 habitants), et ce, pour une deuxième année de suite.

Le taux de tentatives de meurtre s'est quant à lui accru de 4 % au Canada l'an dernier pour s'établir à 2,25 pour 100 000 habitants.

C’est par ailleurs au Québec que le taux de tentatives de meurtre a le plus augmenté avec un bond spectaculaire de 25 % majoritairement attribuable à la tuerie au Centre culturel islamique de Québec, où 6 personnes ont été tuées et 40 autres ont été victimes de tentative de meurtre, précise Statistique Canada.

Les crimes par armes à feu toujours en progression

Quatre revolvers et pistolets sur une table.

Des armes de poing saisies par les services frontaliers.

Photo : Agence des services frontaliers du Canada

En ce qui concerne les crimes commis à l’aide d’armes à feu, leur nombre a continué d’augmenter au pays en 2017, suivant une tendance amorcée en 2013.

Le recours de plus en plus répandu aux armes à feu lors de crimes violents est d’ailleurs un sujet de préoccupation constant pour les forces de l’ordre des grandes villes du pays, notamment à Toronto, qui a été le théâtre de plus de 220 fusillades qui ont fait au moins 27 morts cette année seulement. En 2016, 220 personnes ont été tuées par arme à feu au Canada.

Selon Statistique Canada, plus de 7700 personnes ont été victimes de crimes violents avec utilisation d’une arme à feu au pays en 2017, soit une augmentation de 7 % par rapport à l’année précédente.

Depuis 2009, environ 60 % des crimes commis avec des armes à feu impliquaient des armes de poing, dont majorité sont prohibées ou à autorisation restreinte au Canada.

Les agressions sexuelles en hausse

Une femme tenant une affiche où il ai écrit #metoo.

Les mouvements #metoo et #moiaussi ont contribué à la hausse des cas d'agressions sexuelles rapportés à la police en 2017.

Photo : Pixabay

Les affaires d’agression sexuelle, qui ont largement défrayé les manchettes au Canada ces dernières années, ont aussi augmenté en 2017 malgré le fait qu’il s’agit de l’une des catégories de crimes les moins susceptibles d’être dénoncés à la police, note Statistique Canada.

En 2017, la police canadienne a déclaré 24 672 agressions sexuelles, pour un taux de 67 affaires pour 100 000 habitants, ce qui représente une augmentation de 13 % par rapport à 2016. Il s'agit de la deuxième hausse annuelle de suite du taux d'agressions sexuelles au pays, souligne l’agence fédérale.

« De 2016 à 2017, le taux d'agressions sexuelles déclarées par la police a augmenté dans neuf provinces et territoires. […] Des augmentations ont été enregistrées dans les Territoires du Nord-Ouest (+22 %), au Québec (+20 %), au Nouveau-Brunswick (+19 %), en Nouvelle-Écosse (+18 %), en Colombie-Britannique (+16 %) et en Ontario (+15 %) », peut-on lire dans le document intitulé Statistiques sur les crimes déclarés par la police, 2017.

Les vagues de dénonciations sur les réseaux sociaux et l’engagement des services de police du pays à revoir la façon dont ils traitent les affaires d’agression sexuelle et à rouvrir d’anciens dossiers classés comme non fondés auraient aussi joué un rôle dans la hausse des affaires d’agression sexuelle répertoriée par la police en 2017.

Moins de crimes liés au cannabis et la cocaïne

Un plant de cannabis vu de près. Le focus est fait sur le centre de la plante.

Le cannabis sera légal au Canada le 17 octobre.

Photo : Radio-Canada / Catherine François

En ce qui a trait aux drogues et autres substances illégales, qu’il s’agisse de trafic, d’importation, d’exportation ou de production, plus de la moitié (53 %) des 90 000 infractions reliées à la drogue en 2017 impliquaient le cannabis. Malgré tout, les taux d'infractions liées au cannabis demeurent en baisse au Canada depuis 2011.

En 2017, le taux de personnes inculpées d'infractions liées au cannabis a diminué de 21 % par rapport à 2016.

Statistique Canada

Rappelons que le projet de loi C-45 sur la légalisation du cannabis doit entrer en vigueur au Canada en octobre 2018.

Par contre, si les crimes liés au cannabis et à la cocaïne diminuent depuis quelques années au pays, les affaires concernant les autres types de drogues, elles, demeurent en progression.

Les infractions liées au cannabis et à la cocaïne diminuent depuis quelques années, mais les infractions relatives aux autres drogues enregistrent des hausses constantes depuis 2009.

D’après Statistique Canada, le taux combiné de possession, de trafic, de production, d'importation ou d'exportation de drogues autres que le cannabis et la cocaïne a augmenté de 78 % depuis 2009.

Moins de cas de conduite avec facultés affaiblies

Bonne nouvelle : le nombre de conducteurs arrêtés pour conduite avec facultés affaiblies a continué de régresser au pays en 2017, et ce, pour une sixième année de suite.

L’an dernier, les corps policiers ont déclaré un peu plus de 69 000 affaires de conduite avec les facultés affaiblies par l'alcool ou la drogue, soit environ 2200 de moins que l'année précédente.

Le taux de conduite avec facultés affaiblies a diminué de 4 % en 2017 par rapport à 2016 avec un ratio de 188 cas pour 100 000 habitants.

Une grande partie des crimes ne sont pas déclarés

En ce qui a trait aux indices utilisés par Statistique Canada pour mesurer la criminalité au pays, l’agence précise que l'IGC et le taux de criminalité ne répertorient que les crimes qui sont portés à l'attention de la police.

Or, selon l’Enquête sociale générale de 2014 sur la victimisation, souligne Statistique Canada, un peu moins du tiers, soit 31 % « des incidents avec violence et des incidents sans violence ont été signalés à la police en 2014 ».

Ce qui suggère qu’il se commet davantage de crimes au Canada que ce que les statistiques actuelles sur la criminalité peuvent mesurer.

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