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  • Il y a 40 ans : Louise Brown, le tout premier bébé-éprouvette

    Téléjournal, 26 juillet 1978
    Radio-Canada

    Le 25 juillet 1978, la naissance de Louise Brown en Grande-Bretagne fait les manchettes à travers le monde. Après de longues années de recherche, il s'agit de la première fécondation in vitro (FIV) qui mène à une grossesse réussie. Le bébé-éprouvette apparaît comme une révolution dans le domaine de la reproduction humaine.

    Le présentateur Normand Harvey en fait l’annonce au Téléjournal du 26 juillet 1978.

    Le premier bébé-éprouvette à voir le jour est de sexe féminin. La veille, Louise Brown est née à l'hôpital d’Oldham, en Angleterre, quelques jours avant son terme. La mère et la fille sont en parfaite santé.

    Le biologiste Robert Edwards et le gynécologue Patrick Stiptoe, à qui l’ont doit cette première fécondation in vitro, ont procédé à une césarienne.

    De Londres, le journaliste André Manderstam donne quelques détails sur cette percée médicale.

    À peine venu au monde, le premier bébé-éprouvette était déjà une super-vedette.

    André Manderstam

    On apprend notamment que les Brown ont signé un contrat d’exclusivité avec un grand journal britannique. Pour la somme de 600 000 $, le Daily Mail a droit à la première photo du bébé et au récit des parents.

    Main tenant un journal avec comme couverture la large photo du nouveau-né Louise Brown.Photo exclusive du bébé-éprouvette Louise Brown, à la une du quotidien londonien Daily Mail en juillet 1978. Photo : Radio-Canada

    Au-delà de l’intérêt médiatique, le premier bébé-éprouvette suscite l’espoir chez des couples infertiles aux quatre coins du monde.

    Les docteurs Edwards et Stiptoe affirment en conférence de presse que cette méthode de fécondation in vitro est le fruit d’une dizaine d’années de recherche.

    La communauté scientifique se demande à présent comment les médecins britanniques ont réussi cette fois une technique tentée sans succès depuis plusieurs années.


    De la fiction à la réalité

    Il y a bien longtemps que l'on évoque le bébé-éprouvette. Cette émission de L’Homme devant la science du 30 janvier 1962 en témoigne.

    L'Homme devant la science, 30 janvier 1962

    Réinventer l’acte de génération. L’expression est peut-être forcée, mais il n’y a aucun doute que nous assistons depuis le début de ce siècle à des tentatives biologiques qui nous laissent rêveurs.

    Fernand Seguin

    L’animateur et vulgarisateur scientifique Fernand Seguin y aborde différents aspects de la procréation assistée.

    Dans le domaine de la fécondation in vitro, des expériences sont en cours, mais elles n’ont donné aucune démonstration probante.

    Au cours de l’émission, il est aussi question de parthénogenèse et de clonage.

    Fernand Seguin soulève les problèmes d’éthique de ces potentielles expériences sur l’humain. Il en discute avec le biologiste Jean Rostand, son mentor.

    L’animateur ne semble cependant pas trop inquiet des dérives de ces techniques et accorde une large partie de son exposé à la sexualité des espèces vivantes.

    « Toujours, la grande loi biologique de l’amour et du désir portera les sexes l’un vers l’autre », affirme-t-il.


    Qu’est devenue Louise Brown?

    Téléjournal, 25 juillet 1988

    Après 10 ans, la fertilisation et le transfert d’embryons coûtent encore très cher. Par exemple, au Canada, de 1200 $ à 4000 $ par tentative. Alors le professeur Edwards poursuit ses recherches pour rendre la méthode plus efficace, plus sûre, mais aussi moins coûteuse.

    Raymond Saint-Pierre

    De grands progrès ont été accomplis à travers les années, mais les enjeux demeurent les mêmes.

    Le jour du 10e anniversaire de Louise Brown, le correspondant Raymond Saint-Pierre fait le point pour le Téléjournal.

    La fillette mène une enfance normale et partage maintenant son quotidien avec une jeune sœur, née également par FIV.

    Dans les années suivantes, Louise Brown plaidera pour la fécondation in vitro dans différents événements. Elle est notamment venue à Montréal en octobre 1993 dans le cadre d’un congrès sur la fertilité.

    En janvier 2007, elle a donné naissance à un enfant conçu naturellement.

    Le Dr Robert Edwards, un des pères scientifiques de Louise Brown, a pour sa part été récompensé du prix Nobel de la médecine en 2010.

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