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Trump avertit l'Iran : « Ne menacez plus jamais les États-Unis »

Donald Trump en réunion.
Le président des États-Unis, Donald Trump, lors d'une réunion de son cabinet. Photo: Getty Images / Pool
Radio-Canada

Au terme d'échanges acrimonieux avec Téhéran, Donald Trump a menacé tard dimanche soir le président iranien Hassan Rohani de « conséquences dont peu de gens ont souffert au cours de l'histoire » s'il s'avisait de menacer à nouveau les États-Unis.

Dans un message Twitter hors du commun publié entièrement en majuscule, le président des États-Unis avertit son homologue iranien, Hassan Rohani, de « ne plus jamais menacer les États-Unis » à défaut de quoi il allait subir des conséquences d’une ampleur que peu de gens ont connue à travers l’histoire.

« Au président Rohani : NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS SUBIREZ DES CONSÉQUENCES DONT PEU DE GENS ONT SOUFFERT TOUT AU LONG DE L'HISTOIRE. NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI TOLÉRERA VOS PAROLES DÉMENTIELLES DE VIOLENCE ET DE MORT. FAITES ATTENTION! »

Le tweet menaçant a été salué par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui a rendu hommage à la « position ferme » du président américain.

Ce nouvel épisode d’escalade verbale entre Téhéran et Washington a commencé dimanche après que le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a déclaré que l'Iran était « dirigé par quelque chose qui ressemble plus à une mafia qu'à un gouvernement », estimant qu'un vaste système de corruption régnait parmi les dirigeants iraniens.

Mike Pompeo, qui prenait la parole publiquement en Californie devant une majorité de citoyens américains d'origine iranienne, a ajouté que le président iranien Hassan Rohani et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif sont les hommes de paille de l'escroquerie internationale menée par le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Tentative de déstabilisation, selon l'Iran

Le président de l'Iran, Hassan RohaniLe président de l'Iran, Hassan Rohani Photo : Reuters / Danish Siddiqui

Accusant le gouvernement américain de se livrer à une offensive médiatique et diplomatique visant à démoniser son pays, le président Rohani a demandé dimanche à Donald Trump de mettre fin à sa politique d’hostilité envers Téhéran en le prévenant qu'une guerre avec l'Iran serait « la pire de toutes les guerres », a rapporté l'agence Isna.

« Vous n'êtes pas en position d'inciter le peuple iranien à se soulever contre les intérêts et la sécurité de l'Iran », a déclaré le président Rohani lors d'un discours devant des diplomates iraniens, en référence aux propos de Donald Trump et d'autres responsables américains qui appellent de leurs voeux un soulèvement du peuple iranien contre le régime des mollahs.

C’est à la suite de cette déclaration que le président Trump a publié sa mise en garde en majuscules adressée personnellement au président iranien.

Quant aux déclarations de Mike Pomeo voulant que l’Iran soit dirigé par un gouvernement s’apparentant à une mafia, Téhéran les a qualifiées d’ingérence dans les affaires intérieures de l’Iran.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qasemi, estime que ces déclarations américaines vont plutôt unifier les Iraniens contre les complots ourdis contre leur pays.

Le général Gholam Hossein Gheypour, chef de la milice Bassidj, a quant à lui indiqué que le tweet faisait partie d'une « guerre psychologique » de la part de M. Trump, mais que ce dernier n'était « pas en position d'agir ».

Faire pression sur Téhéran

Un religieux chiite et une femme marchent devant une murale caricaturant le statue de la liberté. Le visage de la statue a été remplacé par une tête de mort. . Un religieux chiite et une femme marchent devant une murale antiaméricaine peinte sur les murs de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran. Photo : La Presse canadienne / AP/Vahid Salemi

Ces nouvelles tensions entre l’Iran et les États-Unis surviennent alors que l'administration Trump a lancé, selon plusieurs représentants américains, une offensive médiatique et diplomatique qui aurait pour but d’attiser la contestation intérieure en Iran pour faire pression sur le régime afin qu'il mette fin à son programme nucléaire et ses activités jugées déstabilisatrices au Proche-Orient.

À Washington, l'administration américaine a nié avoir adopté une stratégie pour provoquer un changement de régime en Iran.

Il appartient au peuple iranien de définir la direction du pays, a dit dimanche Mike Pompeo, précisant que Washington « appuiera la voix longtemps ignorée du peuple iranien ».

L’administration Trump entend cependant accentuer les pressions économiques sur l'Iran après le retrait des États-Unis, début mai, de l'accord international de juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien, qui a permis la levée progressive des sanctions commerciales en échange d'une limitation des activités sensibles de Téhéran.

Détourner l’attention

Par ailleurs, plusieurs observateurs ont estimé que la virulente sortie du président témoigne d’une volonté manifeste de faire diversion alors qu’il traverse une passe difficile, après ses propos particulièrement conciliants à l'égard de son homologue russe Vladimir Poutine à Helsinki.

Frustré par l'absence de progrès avec la Corée du Nord, en colère à cause des réactions négatives après Helsinki, Trump essaye d'évacuer, de faire le dur et de changer de sujet.

Aaron David Miller, ancien diplomate et négociateur américain

S'appuyant sur ses discussions avec des responsables européens, Rob Malley, président de l'International Crisis Group, soulignait de son côté que ces derniers « ne prennent pas vraiment au sérieux (le tweet présidentiel), y voyant d'abord une façon de détourner l'attention de Mueller – le procureur spécial qui enquête sur une éventuelle collusion entre Moscou et l'équipe Trump –, et Poutine ».

Souvenir de la Corée du Nord

Le ton employé par M. Trump à l’égard de l’Iran n’est pas sans rappeler celui qu’il a eu il y a un peu plus d’un an au sujet de la Corée du Nord.

À l’époque, M. Trump n’hésitait pas à ridiculiser le dirigeant Kim Jong-un, le qualifiant de « Rocket Man » (homme-fusée), tout en mettant une forte pression sur son régime dictatorial.

En septembre 2017, devant l’ONU, M. Trump avait même menacé de « détruire complètement » la Corée du Nord.

La relation avec le pays des Kim s’est nettement améliorée, entre autres par la tenue d’un sommet controversé entre les deux présidents, suivi de peu de résultats concrets, estiment nombre d’observateurs.

Lundi, un article du Washington Post a révélé que le président Trump serait, en privé, particulièrement frustré par l'absence d'avancée sur ce dossier.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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