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Le cannabis à usage récréatif plus simple, mais moins sécuritaire pour les malades

Des médecins s’inquiètent de la légalisation du cannabis
Radio-Canada

Des médecins qui prescrivent du cannabis thérapeutique mettent en garde les patients qui pourraient être tentés de se tourner vers la marijuana à des fins récréatives lorsque la loi fédérale entrera en vigueur le 17 octobre. La consommation de cannabis à usage récréatif sans supervision est risquée, expliquent-ils.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

Joanne Fiorito est atteinte de la sclérose en plaques. La femme de 60 ans fait partie des 3000 patients qui participent à un projet de recherche sur le cannabis médicinal au Québec. Elle est suivie à la clinique Santé Cannabis de Montréal.

« C'est contrôlé, tu sais ce qu'il y a dedans. Pour moi, c'est la sécurité », insiste-t-elle.

Le Collège des médecins ne reconnaît pas le cannabis comme traitement, mais il l'autorise dans le cadre d'un projet de recherche depuis 2014. Il demande notamment à ses membres qui souhaitent le prescrire de s'inscrire à un registre.

Une femme avec une marchette.Atteinte de la sclérose en plaques, Joanne Fiorito consomme du cannabis thérapeutique. Photo : Radio-Canada

L’accessibilité du cannabis en inquiète plusieurs

Mis en place par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill et le Consortium canadien pour l’investigation des cannabinoïdes, le Registre Cannabis Québec est une banque de données qui permet de colliger des informations sur les effets de la marijuana.

Une minorité de médecins y participent. Parmi eux, il y a ceux qui travaillent à Santé Cannabis, comme le médecin Antonio Vigano, directeur de recherche de la clinique montréalaise.

Également professeur agrégé au département d’oncologie au Centre universitaire de santé McGill, cet expert en santé craint que les gens se tournent davantage vers le cannabis à usage récréatif, puisqu’il sera plus accessible.

« Si les médecins ne sont pas à l'aise avec un produit, généralement, ils ne l'utilisent pas. Je pense que c’est sécuritaire, affirme-t-il. Mais c’est sûr que le cannabis, particulièrement le cannabis qui contient des concentrations élevées de THC, peut toujours donner des effets secondaires. Ces effets secondaires seront limités si on utilise le cannabis comme une prescription médicale. »

Le Dr Antonio ViganoLe Dr Antonio Vigano dirige la clinique Santé Cannabis à Montréal. Photo : Radio-Canada

Une consommation risquée

Lorsque la loi entrera en vigueur le 17 octobre, les Québécois de 18 ans et plus pourront se procurer de la marijuana auprès de la Société québécoise du cannabis après avoir présenté une carte d'identité.

Une démarche plus simple, mais moins sécuritaire, selon le Dr Antonio Vigano.

Ce dernier explique que la consommation de cannabis peut être risquée chez les personnes qui souffrent, par exemple, de troubles mentaux ou qui ont des problèmes cardiovasculaires.

« On a développé un protocole spécifique pour traiter des symptômes et dans des paramètres en relation à l’histoire médicale du patient, reprend-il. En dehors de ces paramètres, pour des patients particulièrement âgés ou qui ont une maladie comme le cancer, dans ces cas-là, le cannabis peut être risqué. »

Selon Santé Canada, plus de 40 000 Canadiens consomment légalement de la marijuana pour soulager des symptômes liés à des maladies telles que la sclérose en plaques, le cancer ou le VIH.

Santé