•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un nouveau pas vers la disparition du village de Pointe-Parent

Une dizaine de familles vivent toujours à Pointe-Parent, près de Natashquan.

Une dizaine de familles vivent toujours à Pointe-Parent, près de Natashquan.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Québec s'apprête à racheter une douzaine de résidences et plusieurs terrains abandonnés à Pointe-Parent, près de Natashquan. Le projet permettrait l'agrandissement de la communauté innue de Nutashkuan, qui manque d'espace.

Un texte de Louis Garneau

Les rares résidents toujours installés à l'embouchure de la rivière Natashquan ne semblent pas en accord avec la nouvelle vocation prévue pour leur village.

Rémi Landry a toujours vécu à Pointe-Parent. À 57 ans, il ne déménagerait pour rien au monde.

Nos amours, nos enfants, tout ce qu'on a vécu, puis tout ce qu'on a aimé... La chasse, la pêche, puis les paysages, tout ce qui nous entoure... Ce sont toutes des choses qui sont super belles, lance-t-il.

Rémi Landry est natif de Pointe-Parent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rémi Landry est natif de Pointe-Parent

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

C'est sûr que les souvenirs, puis tout ce qu'on a vécu, ça ne s'achète pas. Il n'y a pas de prix pour ça.

Une citation de : Rémi Landry, natif et résident de Pointe-Parent

Ces résidents vont bientôt recevoir la visite des évaluateurs mandatés par Québec. Le maire de Natashquan, dont relève Pointe-Parent, estime que plusieurs options sont à la disposition des propriétaires actuels.

Quelqu'un pourrait dire : ''moi, je la laisse aller ma maison, [pour] la démolir.'' Ou : ''je veux avoir la compensation que vous m'avez donnée, pour m'en reconstruire une pareille à Natashquan'', explique le maire.

Le maire de Natashquan, André Barrette, discute l'expropriation du village de Pointe-Parent avec Québec et Ottawa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Natashquan, André Barrette, discute avec Québec et Ottawa l'expropriation du village de Pointe-Parent

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Vont-ils prendre juste la compensation puis rester là pareil? Mais ça va devenir territoire de réserve...

Une citation de : André Barrette, maire de Natashquan

Le transfert du site au ministère des Affaires autochtones et du Nord permettra d'agrandir la communauté de Nutashkuan, qui entoure le petit village.

Daniel Malec est conseiller spécial pour la communauté innue de NutashkuanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Daniel Malec, conseiller spécial, bande innue de Nutashkuan

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Nous présentement, on connaît beaucoup d'inondations. Puis [...] c'est un terrain propice au développement domiciliaire.

Une citation de : Daniel Malec, conseiller spécial, communauté innue de Nutashkuan

Natashquan donne certains services à Pointe-Parent et l'administration perdra environ 50 000 dollars en revenus de taxes par année, pour lesquels elle veut être dédommagée.

Une dizaine de terrains sont disponibles pour accueillir les expropriés, selon le maire : ils vont prendre leur chèque et vont faire ce qu'ils veulent faire avec.

Un départ difficile

Certains résidents de Pointe-Parent semblent prêts à accepter une offre raisonnable, alors que d'autres ne veulent pas partir.

Bruno-Michel Vigneault est artisan et il vit à Pointe-ParentAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bruno-Michel Vigneault est artisan, il vit à Pointe-Parent

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Adèle Bellefleur est revenue là où elle est née pour vivre sa retraite.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Adèle Bellefleur est revenue là où elle est née pour vivre sa retraite

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Bruno-Michel Vigneault réside à Pointe-Parent depuis 26 ans. Il craint de ne pas avoir le choix.

« Peut-être bien que je vais aller à Natashquan si j'ai une chance, mais c'est tout. »

Bientôt octogénaire, Adèle Bellefleur est native de Pointe-Parent, où elle est revenue vivre près de sa communauté.

« Je reste, je garde ma maison. Je vais me battre pour garder ma maison (rires). »

Non je pars pas d'ici, je suis revenue pour rester, pour vieillir tranquille.

Une citation de : Adèle Bellefleur, innue de Pointe-Parent

Le maire André Barrette croit que les négociations vont permettre d'arriver à un accord satisfaisant pour chacun.

Plusieurs propriétés de Pointe-Parent sont à l'abandon.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plusieurs propriétés de Pointe-Parent sont à l'abandon

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Il y a 30 ans, il y avait un député ici, fédéral, il est allé sur la réserve. Il a dit : ''dans trois mois, ça va être réglé ce problème-là, Pointe-Parent...'' Trente ans! On est en train de le résoudre aujourd'hui, là, dit André Barrette.

Mais certains résidents semblent avoir perdu patience, comme le laissent présager des maisons à l'abandon.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !