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L'Élysée en crise : premières accusations dans l'affaire du manifestant battu

L'Élysée en crise : premières accusations dans l'affaire du manifestant battu
Radio-Canada

La première étape de la crise politique qui secoue le président français Emmanuel Macron a pris fin dimanche. Son ex-responsable de la sécurité Alexandre Benalla, relativement au passage à tabac d'un manifestant, a formellement été accusé de violences, tout comme quatre autres hommes, dont trois policiers.

En plus de l'accusation de violences lors d'un rassemblement, M. Benalla, 26 ans, est également visé par des accusations liées à l'usurpation de l'identité d'un membre des forces de l'ordre et à l'utilisation illégale d'images de vidéosurveillance.

Il lui est désormais interdit d'exercer une fonction publique en attendant son procès. Ce dénouement se produit après trois jours d'enquête préliminaire.

Le dossier fait aussi l'objet d'une enquête administrative et d'une enquête au Parlement.

Les gestes violents posés par Alexandre Benalla ont été captés par une caméra. Mercredi, le quotidien Le Monde a publié la vidéo, qui montre le jeune homme de 26 ans coiffé d'un casque de policier à la manifestation du 1er mai au cours de laquelle l'événement s'est produit.

Entouré de membres de la brigade antiémeute, on le voit agripper brutalement une manifestante avant de frapper à plusieurs reprises un manifestant, alors que ce dernier se trouve sur le sol et le supplie d'arrêter.

Les policiers, qui ont tiré le jeune homme de la foule avant qu'Alexandre Benalla ne prenne leur relève, regardent la scène sans intervenir. Alexandre Benalla quitte ensuite les lieux.

Le bureau de M. Macron a précisé que le collaborateur du président ne devait qu'accompagner les agents de police à titre d'observateur.

Alexandre Benalla, qui avait assuré la sécurité de M. Macron durant sa campagne en 2017 et qui est demeuré proche de lui après son élection, a été congédié vendredi par l'Élysée. Les enquêteurs ont fouillé sa résidence samedi.

Le président ne s'est pas exprimé en public sur cette affaire pour l'instant. Après le dépôt des accusations, dimanche, son entourage a indiqué que M. Macron considère comme « inacceptables » les faits reprochés à son ex-collaborateur et promet qu'il n'y aura « pas d'impunité ».

« Le président a dit que le comportement d'Alexandre Benalla le 1er mai était inacceptable, choquant, et qu'il ne pouvait laisser accréditer l'idée que quelqu'un dans son entourage pouvait être au-dessus des lois et qu'il n'y aurait pas d'impunité », a déclaré la source.

Emmanuel Macron « parlera quand il le jugera utile, il estime qu'il y a une forme de décence à ne pas prendre la parole au moment où sont lancées des enquêtes », a-t-on indiqué.

Il a en outre demandé au secrétaire général de la présidence de « mener la réorganisation pour éviter qu'un tel dysfonctionnement se reproduise ».

Quatre autres personnes en cause

Les quatre autres individus en cause dans cette affaire sont Vincent Crase, qui a travaillé pour le parti politique d'Emmanuel Macron et était aux côtés d'Alexandre Benalla le jour de l'agression, ainsi que trois agents de police soupçonnés d'avoir illégalement fourni des images de l'événement à M. Benalla plus tôt cette semaine.

L'Assemblée nationale prévoit interroger lundi le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, alors que le gouvernement Macron est de plus en plus critiqué relativement aux sanctions initialement imposées à Alexandre Benalla dans cette affaire.

L'administration française défend sa réaction, qu'elle qualifie de « proportionnée », alors que l'opposition de droite comme de gauche dénonce « un scandale d'État ».

D'ailleurs, les travaux sont paralysés à l'Assemblée depuis que la publication du Monde, mercredi. L'opposition bloque les débats, et le gouvernement a décidé de suspendre l'examen de sa réforme constitutionnelle en cours en attendant « des conditions plus sereines ».

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

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