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Mise en garde bien sentie contre la guerre commerciale au G20

Une femme marche devant des policiers antiémeute.
À l'intérieur comme à l'extérieur, les tensions entourant la réunion du G20 étaient vives, à Buenos Aires, en Argentine. Photo: Reuters / Marcos Brindicci
Agence France-Presse

La guerre commerciale entre grandes puissances perdure et le G20 a réaffirmé dimanche à Buenos Aires sa crainte qu'elle n'affecte la croissance mondiale et appelé au dialogue, alors que les États-Unis restent inflexibles quant à leurs surtaxes ou menaces de sanctions.

Les 20 pays les plus industrialisés de la planète ont estimé dimanche que la croissance mondiale était « robuste » mais menacée « à court et moyen terme par l'augmentation des tensions commerciales et géopolitiques ».

Le communiqué final du G20 Finances, réuni samedi et dimanche à Buenos Aires, met également en avant « la nécessité de renforcer le dialogue et les actions pour limiter les risques et renforcer la confiance ».

Après avoir imposé des taxes douanières sur l'acier et l'aluminium visant avant tout la Chine, qui ont mis le feu aux poudres, les États-Unis menacent de surtaxer les importations automobiles européennes, de sanctionner les pays qui commercent avec l'Iran, tout en promettant de limiter de manière drastique leurs achats de produits chinois.

À Buenos Aires, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a ratifié cette politique controversée.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker doit se rendre mercredi à Washington avec la commissaire au Commerce Cecilia Malmstrom pour des pourparlers, espérant obtenir une exemption européenne.

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a souligné dimanche que les pays européens « voulaient occuper un statut d'allié, pas d'ennemi, mais d'allié », reprenant à dessein le mot utilisé par le président Donald Trump, qui avait qualifié vendredi les Européens d'« ennemis » en critiquant leur politique monétaire et après les avoir menacés de surtaxer des produits européens.

« L'Union européenne n'est certainement pas responsable des principaux déséquilibres commerciaux. Nous cibler est certainement inapproprié », a estimé le commissaire européen, alors qu'un journaliste lui demandait si l'Europe était victime de dégâts collatéraux dans la guerre commerciale entre États-Unis et Chine.

« Nous essayons de construire des ponts », a-t-il assuré.

Un groupe de personnes bien habillé pose pour une photo de groupe dans une salle avec des banderolesLes ministres des Finances et les banquiers centraux des grandes puissances économiques, réunis en Argentine. Photo : Reuters / Marcos Brindicci

La France contre la « loi de la jungle »

Dans le tête à tête avec Washington, la France se pose en leader d'une Europe unie sur la question commerciale et fait preuve de fermeté face à « la brutalité et la loi de la jungle » que Washington impose, a dit le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire.

Nous refusons de négocier avec un pistolet sur la tempe. C'est aux États-Unis de faire un pas pour enclencher une désescalade, et arranger tout ça.

Bruno Le Maire, ministre français de l'Économie et des Finances

Selon une source européenne qui a requis l'anonymat, Steven Mnuchin a donné à Buenos Aires « l'impression que les Américains cherchent une voie de sortie à la guerre commerciale » voyant que la situation ne peut pas durer.

La directrice du FMI, Christine Lagarde, a estimé que la guerre commerciale qui sévit depuis quelques mois pourrait réduire la croissance mondiale « de 0,5 point » par an. À la fin du G20, elle a appelé à « la résolution des conflits commerciaux par le biais de la coopération internationale ».

Représentant de la première puissance mondiale, Steven Mnuchin a monopolisé l'attention. Il a appelé la Chine et l'Union européenne à faire des concessions pour parvenir à une relation commerciale plus équilibrée, après les déclarations fracassantes de Donald Trump qui a traité d'« ennemis » commerciaux Pékin, Bruxelles et Moscou.

Washington le belliqueux

Face à la Chine, les États-Unis accusent un déficit commercial de 376 milliards de dollars américains en 2017 et compte le réduire. L'administration Trump a menacé d'imposer des taxes punitives sur la totalité des importations chinoises, qui représentaient 500 milliards de dollars en 2017.

Pékin accuse Washington de vouloir déclencher « la pire guerre commerciale de l'histoire économique » et a réagi en imposant de nouvelles taxes sur des produits américains.

Les parties ont campé sur leurs positions à Buenos Aires. Face au cavalier seul des États-Unis, la plupart des autres pays se font les apôtres du multilatéralisme.

Le communiqué final fait également état d'avancées dans les travaux sur la taxation du commerce numérique et l'encadrement des cryptomonnaies.

Économie