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Ottawa échoue à trouver un acheteur pour l'oléoduc Trans Mountain avant la date butoir

Des tuyaux d'acier empilés près d'une grue.
Ottawa pourrait devoir se débrouiller seul pour assumer les coûts de l'oléoduc Trans Mountain, probablement jusqu'à la fin de sa construction. Photo: Reuters / Dennis Owen
Radio-Canada

Le gouvernement fédéral s'apprête à devenir le propriétaire en titre du projet d'élargissement de l'oléoduc Trans Mountain après avoir fait chou blanc dans sa quête d'un autre acheteur issu du secteur privé.

L'actuel propriétaire de l'oléoduc, la société Kinder Morgan, collaborait avec Ottawa afin de trouver un autre acheteur avant le 22 juillet.

L'échéance étant terminée sans une autre transaction à l'horizon, on s'attend à ce que Kinder Morgan accepte de présenter l'offre d'achat de 4,5 milliards de dollars du gouvernement à ses actionnaires.

Pour Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie à HEC Montréal, il aurait été surprenant qu'Ottawa réussisse à trouver un acheteur.

« J’aurais tendance à penser que personne ne va racheter le projet avant qu’il soit complété, si jamais le gouvernement arrive à le compléter », a-t-il affirmé dimanche matin lors d'une entrevue sur les ondes d'ICI RDI.

La vente, qui comprendra l'oléoduc existant, les stations de pompage, les droits d'accès et le terminal maritime Westridge de Burnaby, en Colombie-Britannique, devrait être approuvée en août ou en septembre.

De potentiels repreneurs

M. Pineau estime que plusieurs investisseurs seront intéressés par le rachat de l’oléoduc une fois qu'il sera terminé, car ce genre d’infrastructures offre de bons rendements.

On peut, soit imaginer qu’une compagnie de pipeline rachète ce projet-là, comme TransCanada ou Enbridge, ou alors des fonds de pension qui cherchent à investir dans des infrastructures.

Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal

Toutefois, la question qui se pose est celle de la rentabilité à long terme d’un tel projet.

« Est-ce qu’il va y avoir beaucoup de pétrole qui va couler dans ce pipeline-là alors que la lutte contre le changement climatique gagne du terrain et que la consommation de pétrole diminue? », s’interroge M. Pineau.

La situation actuelle lui fait quand même garder espoir. « Dans l’état actuel des choses, la demande de pétrole dans le monde continue d’augmenter, donc les perspectives sont plutôt bonnes pour un tel pipeline. »

De son côté, le gouvernement fédéral réitère qu'il n'envisage pas de posséder et de gérer à long terme un oléoduc.

Contestations fortes au pays

Pour M. Pineau, le plus grand obstacle à la transaction du pipeline est la forte opposition que suscite le projet.

« Les autres compagnies qui pourraient reprendre le pipeline ne seront pas intéressées à faire face à l’opposition et voudraient laisser le gouvernement la gérer », assure M. Pineau.

Ces derniers jours, les manifestations se sont d'ailleurs multipliées au pays.

Jeudi, des activistes de l’organisation Greenpeace ont escaladé le mât du stade olympique de Montréal pour protester contre l’expansion du pipeline Trans Mountain.

Vendredi, des opposants déguisés en employés de Kinder Morgan ont gravi les marches du parlement à Ottawa pour tenter de dissuader, une fois encore, le gouvernement d’acquérir l’oléoduc.

En Colombie-Britannique, des opposants occupent un terrain aux abords du terminal de la société Kinder Morgan à Burnaby depuis 2017. Au fil des mois, le camp Cloud, initialement tout petit, a évolué en un bidonville de structures semi-permanentes. L’endroit a été le théâtre de centaines d’arrestations. Les manifestants anti-oléoducs ont annoncé qu’ils étaient prêts à défier un ordre d’éviction ordonné par la Ville; une rencontre est prévue lundi.

Au gouvernement, on a justifié l'achat de l'oléoduc en affirmant que le projet s'inscrivait dans l'intérêt national.

Avec les informations de La Presse canadienne

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