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Le Canada accueillera jusqu'à 250 Syriens, dont 50 Casques blancs

Des membres des Casques blancs (aussi appelés Défense civile syrienne) lors d'une opération de secours dans le bastion rebel de Douma, le 4 avril dernier.

Photo : AFP/Getty Images / ZEIN AL RIFAI

Radio-Canada

Le Canada a accepté d'ouvrir ses portes à des dizaines de volontaires syriens travaillant pour l'organisation des Casques blancs et les membres de leur famille, pris en zone de guerre dans le sud-ouest du pays, a appris CBC.

D'après un texte de Murray Brewster, de CBC News

Des centaines de secouristes en zones rebelles ont été évacués de la Syrie vers Israël, puis transférés en Jordanie lors d’une opération secrète menée samedi par une coalition réunissant le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Canada.

Un porte-parole du ministère jordanien des Affaires étrangères a confirmé dimanche avoir accueilli 800 Casques blancs syriens « pour des raisons purement humanitaires ». Ils pourront rester pour une période maximale de trois mois avant d'être transférés vers le Canada, l'Allemagne et le Royaume-Uni, a-t-il indiqué.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé avoir accueilli des Casques blancs à la demande des États-Unis et des pays européens, parlant d'un « geste humanitaire exceptionnel » pour venir en aide à ces Syriens « dont les vies étaient menacées ».

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a publié un communiqué dimanche expliquant qu'il a été contacté il y a quelques jours par « le président Trump, le premier ministre canadien Trudeau et d'autres ». Toujours selon le communiqué, ses interlocuteurs ont demandé l'assistance d'Israël dans l'évacuation de centaines de Casques blancs de la Syrie.

James Le Mesurier, qui est considéré comme le fondateur des Casques blancs, a été joint par CBC. Il dit croire que 422 Syriens, dont 98 secouristes Casques blancs, ont été extraits par les Israéliens. Ces derniers auraient agi parce qu'ils étaient dans la meilleure situation, tant géographiquement que stratégiquement, pour transporter les rescapés en lieu sûr.

Le Canada ne serait pas intervenu militairement, mais aurait contribué à l’évacuation de ces Casques blancs, ont indiqué des sources à CBC.

Le gouvernement Trudeau a accepté d’accueillir 50 d'entre eux, ce qui pourrait représenter près de 250 personnes en comptant les membres de leur famille.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a exprimé son soutien sans équivoque aux Casques blancs ainsi que son admiration pour leur courage. Elle considère que les Casques blancs sont des « volontaires courageux et des premiers répondants qui risquent leur vie pour aider leurs concitoyens ciblés par de la violence insensée ».

Le Canada, en partenariat avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, a mené l’effort international pour assurer la sécurité des Casques blancs et de leur famille.

Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères
Syrie : l'engrenage de la guerre

Jusqu’à ce jour, ces volontaires et leur famille étaient pris sur un territoire qui était autrefois entre les mains des rebelles. Or, le drapeau syrien flotte depuis la mi-juillet au-dessus de ce berceau de la révolte contre le président Al-Assad, appuyé sur le terrain par les forces armées russes, après des attaques répétées du régime syrien.

La Syrie et la Russie considèrent les Casques blancs – aussi connus sous le nom de Défense civile syrienne – comme une organisation terroriste responsable de la propagation de fausses nouvelles.

La perspective que le territoire où se trouvaient les Casques blancs tombe sous le joug du régime syrien inquiétait les observateurs internationaux, qui craignaient pour la vie de ces volontaires.

Discussions « délicates »

L’évacuation des Casques blancs a fait l’objet de discussions « délicates » depuis la réunion des leaders de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) lors du sommet à Bruxelles. Le premier ministre Justin Trudeau et la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, auraient notamment plaidé cette cause auprès de leurs alliés.

« À la réunion des ministres des Affaires étrangères dans le cadre de la réunion des leaders de l’OTAN à Bruxelles, il y a une semaine, j’ai appelé à un leadership mondial pour supporter et aider ces héros », a expliqué la chef de la diplomatie canadienne.

Le Canada travaillerait d’ores et déjà avec des responsables de ce dossier aux Nations unies afin d’organiser l’arrivée des volontaires et de leur famille au pays au cours des prochaines semaines, sinon des prochains mois.

Si le Royaume-Uni et l’Allemagne ont aussi indiqué leur intention d’accueillir des Casques blancs, certaines sources ont fait savoir que d’autres pays devraient emboîter le pas sous peu.

Les États-Unis sont quant à eux muets à ce sujet. Le territoire où se trouvaient les Casques blancs évacués est considéré comme une zone de sécurité sous autorité américaine (safe zone). Depuis son arrivée au pouvoir, l’administration Trump n’a toutefois pas agi pour renforcer la protection de ces zones.

De son côté, la Russie aurait clairement manifesté sa volonté « d’interroger » les Casques blancs avant qu’ils ne soient évacués de la Syrie, selon une source diplomatique.

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