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Une sonde ira explorer l'une des régions les plus dangereuses du Soleil

Une éruption solaire.

Les chercheurs veulent mieux comprendre et prédire les éruptions solaires, qui peuvent provoquer d'importants problèmes sur Terre.

Photo : Reuters / NASA

Radio-Canada

La NASA lancera d'ici quelques jours une sonde chargée d'étudier la « zone rouge », une des régions les plus dangereuses du Soleil, dans le cadre d'une mission risquée.

D'après un texte de Nicole Mortillaro, de CBC News

Le 6 août, la Parker Solar Probe sera envoyée dans l'espace afin d'étudier l'atmosphère de notre étoile, parfois même à 6,1 millions de kilomètres de distance de cette boule de feu géante.

« Bien des gens pensent que cette distance n'est pas particulièrement petite, reconnaît Nicola Fox, scientifique en chef du projet à l'agence spatiale américaine. Mais si je place le Soleil et la Terre de chaque côté d'un terrain de football, la sonde se trouvera à environ un mètre de la zone des buts du côté du Soleil. »

Un scientifique tenant une maquette devant une projection d'un logo de mission spatiale.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Dr Eugene Parker verra une sonde à son nom explorer le Soleil pour tenter de mieux comprendre notre étoile.

Photo : Reuters / Kamil Krzaczynski

Nommée en l'honneur de l'astrophysicien Eugene Parker – le premier chercheur vivant à recevoir cette distinction –, la sonde pénétrera dans la couche supérieure du Soleil, appelée la couronne solaire.

Puisque cette couche n'est pas très dense, elle est difficile à étudier. Le seul moment où il est possible de l'apercevoir est durant une éclipse, ou à l'aide d'un instrument spécial qui bloque la lumière du soleil.

Prévisions solaires

Outre l'étude de la couronne solaire, la sonde sera également mise à contribution pour tenter de prédire la « météo » solaire. Car si le Soleil est essentiel à la vie sur Terre, l'astre n'est certainement pas amical.

À preuve, les éruptions solaires, qui surviennent dans les régions plus froides de l'étoile, sont souvent suivies d'éjections lors desquelles des particules appelées plasma sont projetées dans l'espace et voyagent dans le vide sidéral, propulsées par les vents solaires.

Ces événements peuvent entraîner une « surdose » d'ondes radio, voire provoquer des pannes dans les réseaux de distribution électrique. La grande panne de mars 1989, au Québec, découlait de l'une de ces éruptions solaires.

« Il est d'une importance primordiale de pouvoir prédire les conditions spatiales, à l'image de notre prédiction des conditions météo sur Terre », lance Alex Young, scientifique qui travaille au Goddard Space Flight Center de la NASA.

Avec la mission Parker Solar Probe, les scientifiques cherchent donc à mieux comprendre les éruptions solaires, ainsi que d'autres aspects du Soleil, comme sa couronne, son champ magnétique et ses vents.

« Le vent solaire passe d'une brise légère à une vitesse supersonique, puis circule à des millions de kilomètres-heure, poursuit M. Young. Comment cela se produit-il? Qu'est-ce qui se passe, ici? ».

Un scientifique de la NASA devant un écran.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour Alex Young, de la NASA, comprendre le Soleil permettra de mieux prévoir les dangereuses éruptions solaires.

Photo : Reuters / Mike Brown

Un fonctionnement mystérieux

« C'est un environnement très étrange pour nous. Nous sommes habitués au concept voulant que si l'on s'éloigne d'une source de chaleur, la température baisse. Mais ce n'est pas ce qui se produit sur le Soleil », explique le scientifique du Goddard Space Flight Center.

Alors que nous partons de la surface de l'étoile, qui est à 10 000 degrés, et que nous nous rapprochons de la couronne, nous nous retrouvons dans une zone à des millions de degrés.

Alex Young, chercheur au Goddard Space Flight Center de la NASA

Selon le chercheur, ce mystère alimente non seulement la façon dont notre étoile fonctionne, mais également toutes les autres étoiles de l'univers.

Pour se protéger des radiations et de la chaleur, la sonde américaine aura besoin d'un coup de pouce technologique.

Pas question de s'exposer aux températures plus qu'extrêmes générées par le Soleil; s'il existe bel et bien des particules excessivement chaudes, celles-ci sont si peu nombreuses que la sonde court peu de risques de surchauffe.

Malgré tout, l'engin devra résister à des températures avoisinant les 1400 degrés Celsius.

Pour y parvenir, la sonde est équipée d'un bouclier en céramique qui sera toujours orienté vers le Soleil.

Les panneaux solaires qui alimenteront l'engin spatial se rétracteront lors de chaque approche à proximité de l'étoile, pour ne pas être exposés aux rayons solaires, tandis qu'un système de réfrigération sera mis à contribution pour empêcher que la sonde ne grille sur place.

Un long voyage

Si tout se passe bien, la sonde sera lancée le 6 août et arrivera autour du Soleil le 1er novembre. L'engin entamera alors une orbite de l'étoile d'une durée de 88 jours, qui l'amènera plus loin que Vénus. Au plus près du Soleil, en 2024, la Parker Solar Probe filera à une vitesse de 692 000 km/h.

La sonde complètera 24 orbites, avec sept « coups de main » gravitationnels de Vénus, qui l'aideront à accélérer.

Il ne s'agit pas de la première mission visant à étudier notre étoile. La NASA en a déjà lancé plusieurs, y compris le Solar Dynamics Observatory et le Solar and Helioscopic Observatory, qui sont toujours en cours.

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