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Voir la Lune de (très) près à Montréal

Les informations de Michel Marsolais.
Radio-Canada

Depuis hier, les visiteurs du Centre des sciences de Montréal peuvent voir, et même toucher, la Lune. L'une des deux seules pierres lunaires à se trouver au Québec y est maintenant exposée au public.

Un texte de Michel Marsolais

Ce petit bout de roche a un nom aussi banal que son apparence : échantillon 70215. Néanmoins, il impressionne grandement les spécialistes.

« Ça nous a permis de comprendre d'où vient la Lune. C’était un mystère », explique l’astrophysicien Robert Lamontagne, coordonnateur du Centre de recherche en astrophysique du Québec.

Entre 1969 et 1972, le programme Apollo a ramené 384 kilos de roche de la Lune, dont le sol a été foulé par l'Homme pour la première fois le 20 juillet 1969. La majorité de ces pierres sont au Centre spatial Johnson, à Houston.

Deux d'entre elles se trouvent toutefois au Québec, dont une qui vient d'arriver au Centre des sciences de Montréal, soit l'une des seulement 10 pierres lunaires du monde que l'on peut toucher. Elle est de ce fait contaminée et inutilisable par les scientifiques.

Une pierre lunaire, à l'apparence tout à fait banale.La pierre lunaire exposée au Centre des sciences de Montréal Photo : Centre des sciences de Montréal

L'autre se trouve scellée dans l'azote au Cosmodôme de Laval grâce à un prêt de la NASA, renouvelable tous les 5 ans. Elle a été ramenée par Apollo 15. Ces cailloux stériles continuent de livrer beaucoup d'informations aux chercheurs.

« En 2009, parmi des roches rapportées en 1971 et 1972, on a trouvé des traces d’eau dans des pierres qui proviendraient des croutes plus profondes de la Lune. Il y aurait donc de l'eau, beaucoup d’eau, sur la Lune », explique Marie-Michèle Limoges, astrophysicienne et responsable du contenu scientifique au Cosmodôme de Laval.

Les roches lunaires ont aussi permis de répondre à des questions sur l’origine de ce satellite naturel.

« La Terre et la Lune seraient génétiquement reliées. La Lune proviendrait d'un impact d'une petite planète de la taille de Mars lors de la formation de la Terre. La Terre était encore chaude et en fusion. Il y a des débris qui ont été éjectés de cet impact. Du nuage des débris serait née la lune », affirme Marie-Michèle Limoges.

Ce qui est intéressant c'est qu’il y a certains des échantillons ramenés par les astronautes qui n'ont pas encore été analysés et qui sont conservés dans un environnement stable pour les générations futures.

Robert Lamontagne, coordonnateur du Centre de recherche en astrophysique du Québec.

Retourner sur la Lune?

Le programme Apollo, qui a coûté 30 milliards à l'époque (environ 130 milliards en dollars actuels), a permis à 12 hommes de marcher sur la Lune et a inspiré toute une génération d'astronautes, dont le Québécois David Saint-Jacques.

« Ce que la NASA a fait durant ces quelques années résonne encore de nos jours. Oui, ça m'a suivi toute mon enfance et ça m'habite encore », confie l’astronaute qui s’envolera pour la Station spatiale internationale en décembre prochain.

Les humains rêvent à nouveau de retourner sur la Lune, mais l'expertise des missions Apollo est en bonne partie perdue puisque les plans des fusées Saturne V ont été largement égarés.

Pour retourner sur le satellite, il faudra inventer un nouveau moyen de s'y rendre.

Science