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Kanata : Robert Lepage défend sa liberté de création

Kanata, la nouvelle production du metteur en scène Robert Lepage est critiquée par un collectif de personnalités autochtones .

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

De nouveau plongé dans une controverse avec le spectacle Kanata, Robert Lepage réagit pour la première fois à sa rencontre avec des personnalités autochtones qui dénoncent l'absence de comédiens des Premières Nations dans la distribution de la pièce.

Un texte de Charles D’Amboise

En entrevue exclusive à l’émission Les grands entretiens sur les ondes d’ICI Première, Robert Lepage se dit ouvert au dialogue, tout en défendant sa liberté de créer. « À un moment donné, il va falloir que les gens se questionnent sur la liberté de création », souligne-t-il.

Le spectacle Kanata, qui prendra l'affiche en décembre au Théâtre du Soleil, à Paris, suscite une vive controverse, tout comme SLAV qui a été retiré de la programmation du Festival de jazz de Montréal au début du mois.

Écoutez l'entrevue exclusive de Robert Lepage avec Stéphan Bureau à l'émission Les grands entretiens sur les ondes d'ICI Première.

Difficile de quantifier

Selon Robert Lepage, il est impossible de déterminer le nombre idéal d'artistes issus des minorités visibles à intégrer dans de telles productions théâtrales.

« Ça ne se quantifie pas ces choses-là. Il y a des gens qui disent : "Il aurait fallu que ce soit moitié-moitié". Pourtant, ceux qui ont annulé le spectacle [SLAV], ils disent : "Ça devrait être toutes des femmes noires". On entend toutes sortes de théories. Il n’y en a pas de chiffres. »

Qu’est-ce qui va acheter la paix?

Robert Lepage, dramaturge

Jeudi soir, le metteur en scène a rencontré 35 personnalités autochtones à huis clos à Montréal. Robert Lepage, qui se dit disposé à collaborer avec les Premières Nations, affirme comprendre « la douleur très contemporaine » des Autochtones.

« Le cas de Kanata est particulier. Les plaies sont béantes chez les Autochtones. La douleur aussi. Ce qu’il faut comprendre, c’est que [les Autochtones] on leur a tout pris […] On leur a tout volé. Alors, c’est sûr que je comprends absolument que ces gens-là soient méfiants », explique-t-il.

Erreur de jugement

Le metteur en scène admet toutefois une possible erreur de jugement dans le processus de création de la pièce.

« Dans tout ce que j’ai fait, j’ai toujours essayé de faire de la place aux Autochtones, d’inclure les Autochtones. L’erreur de jugement que j’ai eue, ça a été de penser que ça m’autorisait [à] aborder ces thèmes-là », souligne-t-il.

Bien avant cette nouvelle controverse, Robert Lepage souhaitait réserver une place importante à l’art autochtone au théâtre Diamant, qui doit ouvrir à Québec en 2019.

« Dès l’ouverture du Diamant, une des premières activités [on souhaitait que ce soit] "l’été des Indiens". On voulait inviter des gens, faire des colloques, laisser les gens s’exprimer et que ce soit récurrent. »

Bien qu'il soit nécessaire, ce débat autour de ces deux projets est « long, lourd et complexe », estime Robert Lepage.

« C’est douloureux, parce que j’ai perdu beaucoup d’amis dans tout ça, ajoute-t-il. [Les acteurs] sont inquiets parce qu’on attend jusqu’où tout ça va aller. »

Pour l’instant, aucun changement n’est prévu à la pièce Kanata.

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