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Le directeur des communications de la SQ et son père menacés de mort par les Hells Angels?

Guy Lapointe et son fils, Guy, haut gradé à la SQ
Guy Lapointe et son fils, Guy, haut gradé à la SQ Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La Sûreté du Québec (SQ) a reçu jeudi avant-midi, à son quartier général, une lettre de menaces de mort visant deux personnes d'intérêt : son directeur des communications, l'inspecteur Guy Lapointe, et le célèbre père de celui-ci, Guy Lapointe, l'ancien défenseur des Canadiens de Montréal.

Un texte de Pascal Robidas

Selon nos informations, les enquêteurs de la SQ soupçonnent fortement que ces menaces proviennent des Hells Angels ou de leurs sympathisants. L'inspecteur Guy Lapointe est le porte-parole de la SQ qui commente les dossiers chauds concernant les opérations contre le crime organisé.

Dans les derniers mois, il a particulièrement été présent dans les médias, alors que la SQ procédait à plusieurs opérations contre des membres en règle. Ces opérations se sont soldées par une mégafrappe en avril, dans le cadre de l'opération Objection.

Le Journal de Montréal a d'abord révélé samedi matin l'information, et les faits ont été confirmés par nos sources policières.

La lettre de menaces de mort contenait la référence 81. Cette dernière est associée au groupe de motards criminels en raison des positions des lettres H et A dans l'alphabet.

À l'automne 2017, la Sûreté du Québec a déclaré la guerre aux Hells Angels en réponse à leur retour en force à la suite de l'échec du procès SharQc. Une grande partie des accusés ont fini par être acquittés par un arrêt des procédures en raison de l'arrêt Jordan.

C'est à l'heure du dîner que l'inspecteur Guy Lapointe a été informé qu'il était visé, ainsi que son père, par des menaces de mort. Joint par Radio-Canada, le haut gradé a brièvement commenté l'affaire pour ne pas nuire à l'enquête.

Je ne me laisserai pas intimider. Je vais continuer à faire mon boulot dans les dossiers du crime organisé.

Guy Lapointe, inspecteur à la Sûreté du Québec

Pourquoi s'en prendre à la légende des Canadiens?

Dans les circonstances, la mention par cette lettre du nom de Guy Lapointe [père], légende vivante des Canadiens de Montréal, peut faire sourciller dans les rangs policiers.

La seule hypothèse plausible, selon nos informations, serait la recherche de visibilité auprès du public afin de parvenir à répandre ces menaces à grande échelle.

L'ancien défenseur, aujourd'hui âgé de 70 ans, n'a rien à voir avec la guerre que livre la SQ aux Hells Angels.

La SQ sur un pied de guerre

Dans les heures qui ont suivi les menaces de mort contre l'inspecteur Guy Lapointe et son illustre père, la SQ a dépêché des policiers dans les cinq sections des Hells Angels dans la province (Montréal, South, Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke).

Les enquêteurs de l'Escouade nationale de répression contre le crime organisé ont fait plusieurs rencontres pour informer des membres en règle qu'on traquait les auteurs de ces menaces de mort.

Les policiers n'entendent pas prendre à la légère ce qu'on a qualifié de vieille tactique d'intimidation de l'ère de Maurice « Mom » Boucher.

Solidarité chez les policiers

Le directeur intérimaire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Martin Prud’homme, a réagi samedi en apprenant que les Hells Angels ou leurs sympathisants étaient soupçonnés d’avoir menacé un haut gradé de la SQ.

Nous sommes interpellés par cette menace, et l’ensemble de la communauté policière est unie dans sa réponse et sa lutte au crime organisé.

Martin Prud'homme, ancien directeur général de la SQ et directeur intérimaire du SPVM

À l’automne 2017, il était le directeur général de la SQ qui avait déclaré la guerre aux Hells Angels à la rencontre annuelle de 300 officiers cadres de la SQ. Il avait alors annoncé la création de l’Escouade nationale de répression contre le crime organisé en vue de s’en prendre directement aux têtes dirigeantes des organisations criminelles.

Le Regroupement des communicateurs d’urgence (RCU) abonde dans le même sens.

« C’est l’ensemble des 150 membres du Regroupement des communicateurs d’urgence qui sont touchés, ainsi que chacune de nos organisations. Nous condamnons ce geste d’intimidation et souhaitons passer un message clair à l’ensemble du crime organisé : "Vous avez menacé Guy et son père, et nous sommes aujourd’hui plus de 15 000 policiers au Québec concernés par cette menace. C’est une attaque à la démocratie que personne ne peut tolérer" », a déclaré leur président, l’inspecteur Ian Lafrenière.

Pour joindre Pascal Robidas : 514 895-0158 ou pascal.robidas@radio-canada.ca

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