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Amazon, GM et Alcoa en mode lobbyisme face au protectionnisme de Trump

Un homme assemble les pièces d'un véhicule dans une usine de General Motors, au Michigan.
General Motors avance que la menace de tarifs sur les autos « risque de miner [sa] compétitivité face à des constructeurs automobiles étrangers ». Photo: Reuters / Rebecca Cook
Reuters

De grandes entreprises telles qu'Amazon, General Motors, Toyota et Alcoa réfléchissent aux moyens à mettre en œuvre pour échapper aux conséquences de la politique commerciale de Donald Trump, voire pour peser sur les décisions de son administration en la matière.

Bien qu'elles refusent toute confrontation directe avec le président des États-Unis, elles tiennent à exercer autant d'influence que possible pour le dissuader de dénoncer les accords commerciaux en vigueur ou d'instaurer de nouveaux droits de douane.

Amazon, la plus grande entreprise mondiale de vente en ligne et d’infonuagique, qui pourrait être lourdement pénalisée par ces droits de douane, envisage de lancer des campagnes publicitaires et de redoubler d'efforts dans le domaine du lobbyisme politique, a appris Reuters de source proche de ces réflexions. Interrogée sur le sujet, l'entreprise s'est refusée à tout commentaire.

Toyota Motor North America, qui craint que Donald Trump ne mette à exécution ses menaces de taxation des importations de voitures et de pièces détachées étrangères, a envoyé des salariés manifester cette semaine devant le Capitole, tandis que le patron de la filiale américaine du constructeur japonais s'entretenait avec des parlementaires.

Les dirigeants de General Motors ont également rencontré des membres de l'administration et du Congrès au cours de l'année écoulée pour leur faire part de leurs préoccupations. De nouveaux droits de douane, a averti le constructeur à la fin de juin, réduiraient sa présence sur le marché intérieur comme à l'étranger.

Le plus grand constructeur automobile américain serait sur le point d'embaucher Everett Eissenstat, ancien directeur adjoint du Conseil économique national et ex-conseiller de Trump pour les affaires économiques internationales, qui vient de quitter la Maison-Blanche, selon des sources proches du dossier.

L'entreprise n'exclut pas cette possibilité, mais ne l'a pas confirmée. Everett Eissenstat n'a quant à lui pas pu être contacté.

« Discussions actives »

Les entreprises qui pâtissent d'ores et déjà des droits de douane appliqués depuis juin à l'acier et à l'aluminium plaident également pour un assouplissement de ces mesures.

Le PDG d'Alcoa, troisième producteur d’aluminium du monde, a déclaré lors d'une conférence téléphonique avec des investisseurs que la compagnie était en « discussions actives » avec l'administration Trump, le département du Commerce et le Congrès pour obtenir la levée de ces droits ou, à défaut, une exception pour le Canada, son premier fournisseur.

La firme a estimé cette semaine à 14 millions de dollars le surcoût mensuel de la taxation des importations d'aluminium canadien.

Outre l'acier et l'aluminium, l'administration Trump a menacé d'instaurer des droits de douane de 10 % à 200 milliards de dollars de produits chinois qui vont des meubles aux routeurs informatiques.

Amazon aurait fait l'inventaire des articles en question pour évaluer le coût de cette mesure, selon une source proche du dossier à Seattle. La firme redoute notamment une hausse des prix du matériel utilisé dans ses centres de données, qui risque de nuire à la compétitivité d'Amazon Web Services. L'unité d'infonuagique est la plus rentable de l'entreprise.

« Je ne connais pas beaucoup d'entreprises qui puissent échapper aux risques liés aux droits de douane », a commenté Dean Garfield, directeur général de l'Information Technology Industry Council, auquel appartiennent notamment Microsoft et Google.

Donald Trump a promis au patron d'Apple Tim Cook que les iPhone assemblés en Chine seraient exonérés des droits de douane sur les produits chinois, a rapporté en juin le New York Times.

Donald Trump, président des États-Unis

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