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Ricardo Trogi : le courage de parler de soi

L'entrevue de Louis-Philippe Ouimet avec le réalisateur et scénariste Ricardo Trogi
Radio-Canada

Si Ricardo Trogi réalise des films autobiographiques, c'est parce qu'il estime que son histoire est ce qu'il a de plus vrai, et donc de plus juste, à raconter. Il explique sa démarche à Louis-Philippe Ouimet.

Dans 1981, c'était Anne Tremblay. En 1987, elle s'appelait Marie-Josée Lebel. Dans 1991, la femme de sa vie, c'est Marie-Ève Bernard. Tous ces films sont basés sur la vie du réalisateur et sur des histoires d'amour ratées qu'il a vécues.

« Je fais des films sur moi-même parce que je considère que je suis vraiment ordinaire, comme beaucoup de gens, et c'est là où je gagne, je pense, explique le scénariste et réalisateur. Beaucoup de gens viennent me dire “Ça, ça me ressemble beaucoup” ou “Ceci, je l’ai vécu”. »

À la fin du générique du film 1991, qui prend l'affiche le 27 juillet, le réalisateur remercie Hubert-Yves Rose, un professeur de scénarisation qui lui a enseigné et qui l'a « poussé à dire qui [il] est ».

« Il nous brassait des fois et il n'aimait pas les gens qui arrivaient avec des histoires empruntées et, ça, je le comprends. [...] Ça m'a beaucoup marqué parce que je trouvais que c'était vraiment comme un coup de pied dans le cul pour dire : “Ayez le courage de dire qui vous êtes, incluant vos défauts parce que c'est là que ça se passe.” »

« C'est une erreur je pense en scénarisation quand tu essaies de cacher plusieurs pans de ta personnalité pour essayer de te protéger », ajoute Ricardo Trogi.

Mike Gauvin, bientôt de retour?

Comme 1987, le film Québec-Montréal, sorti en 2002, connaîtra-t-il une suite? « Je ne sais pas, c'est vraiment un grand point d'interrogation. Si je le faisais, ce serait par pur plaisir. »

Pour Ricardo Trogi, Québec-Montréal porte sur la communication. Or, les moyens de communication ont changé. Le film se déroule à une époque où les téléphones intelligents n'avaient pas encore envahi nos vies.

« Si je tournais le film à nouveau aujourd'hui, peut-être que Mike Gauvin finirait mort sur l'autoroute 20 parce qu'il aurait trop texté. [...] 1991 n'aurait pas pu exister si cela se passait la semaine dernière, parce que tous mes problèmes sont venus du fait que j'étais isolé, incapable de communiquer avec qui que ce soit, principalement avec l'être aimé. »

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