•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les Canadiens en savent peu sur leurs Forces armées, selon une étude

Un mitrailleur installé dans un hélicoptère survolant un désert.
Bien que la population canadienne soit peu informée sur les missions des Forces armées canadiennes, les citoyens disent avoir une grande appréciation de leur travail. Photo: Reuters

Une étude menée par le ministère de la Défense nationale révèle que la majorité des Canadiens sont peu au courant de l'implication et du rôle des Forces armées canadiennes à travers le monde.

Le rapport publié tous les deux ans fait ressortir que si la population en sait très peu sur les Forces armées canadiennes en général, de nombreux Canadiens disent avoir une grande appréciation de leur travail.

Pour arriver à ses conclusions, le rapport du ministère de la Défense nationale s’est penché sur les perceptions de la population canadienne, après le dévoilement de la nouvelle politique de défense du gouvernement libéral l’an dernier.

« Ceux qui faisaient partie du groupe d’âge plus jeune étaient peu familiers avec les Forces armées canadiennes, voire pas du tout », peut-on lire dans le rapport de recherche, qui s’appuie sur des groupes de discussion et des sondages téléphoniques menés à l’hiver et au printemps dernier.

« Effectivement, rares étaient ceux qui avaient récemment vu, lu ou entendu parler de l’armée », indique le document.

Seulement 26 % des répondants ont dit avoir une bonne idée de l’implication des Forces armées canadiennes durant la dernière année, alors que moins de la moitié de ceux-ci, soit 42 %, ont reconnu être peu informés de ce qui touche l'organisation.

Les résultats du rapport offrent d’ailleurs un important contraste avec ceux de la dernière décennie. L’implication du Canada dans la guerre en Afghanistan avait alors contribué à rendre les Forces armées plus présentes dans le débat public.

Les Forces canadiennes dans le monde

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a visité les troupes en poste sur la base militaire de Kadaga, en Lettonie.Le premier ministre canadien Justin Trudeau a visité les troupes en poste sur la base militaire de Kadaga, en Lettonie. Photo : Associated Press / Roman Koksarov

Cette étude a été déposée une semaine seulement après que le premier ministre, Justin Trudeau, eut annoncé que le Canada allait accroître son déploiement pour les missions de l’OTAN en Lettonie et en Irak.

En ce sens, le rapport révèle que bon nombre de citoyens sont conscients du déploiement canadien à l’étranger, sans toutefois savoir où se trouvent les troupes ou encore le mandat qu'elles remplissent.

« La plupart des participants ont eu de la difficulté à préciser où les Forces armées canadiennes étaient actuellement en mission. Certains ont cependant mentionné leur implication en Irak et en Afghanistan ou encore dans des missions de paix en Afrique et d’aide humanitaire en Haïti », est-il détaillé dans le rapport.

L’idée que le Canada soit impliqué dans le maintien de la paix est d’ailleurs très enchâssée dans les mentalités. Pourtant, le nombre de militaires assignés à des missions de l’ONU était, jusqu’à tout récemment, au plus bas de son histoire.

L'étude a aussi dévoilé que 90 % des Canadiens questionnés estiment que les Forces armées canadiennes devraient être dépêchées pour aider les populations dans des cas de catastrophes naturelles. De plus, on apprend que 82 % d'entre eux croient que l’armée devrait plutôt s’affairer à soutenir des missions de maintien de la paix.

L’implication de l’armée à l’intérieur même du Canada est un concept aussi flou chez les répondants. Par exemple, de nombreux répondants étaient confus quant au rôle de l’armée en Arctique.

« Plusieurs étaient surpris d’apprendre que les Forces armées canadiennes patrouillent dans l’Arctique. Les plus jeunes croyaient que l'armée y joue un rôle de protection de l’environnement, alors que les répondants plus âgés étaient davantage au fait des disputes territoriales avec la Russie, le Danemark et les États-Unis », souligne le rapport.

Une tendance inquiétante

Soldats canadiens sur une base de l'ONU à Gao, au MaliLes Forces canadiennes sont arrivées sur une base de l'ONU à Gao, au Mali, à la fin juin 2018. Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Ces conclusions sont troublantes sans être étonnantes, selon Rob Huebert, professeur de sciences politiques à l’Université de Calgary. À son avis, elles auraient dû être anticipées.

Il n’y a rien eu de flagrant depuis la guerre en Afghanistan. La mémoire est courte.

Rob Huebert, professeur de sciences politiques à l’Université de Calgary

Rob Huebert explique que les systèmes d’éducation provinciaux ont aussi leur part de responsabilité dans ce portrait de société, ayant misé sur l’apprentissage de l’histoire par la culture plutôt qu'en parlant des conflits mondiaux.

Les tendances politiques des dernières décennies ont également joué un rôle, affirme-t-il : « Le plus terrible, c’est que nous avons eu le luxe de dépendre des Américains pour les opérations les plus pénibles. De cette façon, les Canadiens peuvent feindre de croire que leur armée est plutôt une entité réconfortante et agréable ».

Le gouvernement actuel se consacre actuellement davantage à des opérations de défense plus « douces », comme le maintien de la paix ou l’égalité des sexes. Une stratégie qui pourrait se retourner contre le Canada, selon le professeur.

M. Huebert s’inquiète de la situation mondiale qui est de plus en plus instable. Il fait remarquer que le Canada ne peut plus compter sur son voisin du Sud pour se défendre. Un fait que le gouvernement libéral de Justin Trudeau a d'ailleurs reconnu.

« Le gouvernement libéral a réussi à démilitariser les Forces armées canadiennes. Il y a des hommes et des femmes qui courent des risques en Ukraine et en Lettonie. S’ils explosent, je crois que l’on verra énormément de Canadiens bouleversés qui diront ‘‘je croyais que l’armée ne s’occupait que de l’environnement et du maintien de la paix’’ », affirme-t-il.

Le sondage mené pour le ministère de la Défense nationale du Canada a une marge d’erreur de plus ou moins 2,53 %.

Avec les informations de CBC

Forces de l'ordre

Société