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Sauver les abeilles et son village en même temps

Une dizaine de personnes discutent ou manipulent les ruchers dans un champ à Bolton-Est.
Des résidents de Bolton-Est travaillent dans le rucher communautaire. Photo: Radio-Canada / Alexandre Touchette
Radio-Canada

Quand il a lancé son projet d'apiculture communautaire à Bolton-Est, en Estrie, Alain Déry était loin de savoir jusqu'où ses abeilles allaient le mener. S'il était convaincu du pouvoir d'attraction du miel, il a été surpris de voir à quel point ses concitoyens se sont impliqués dans le projet.

Un texte d'Alexandre Touchette, à Desautels le dimanche

Après seulement deux ans, 120 personnes sont membres du rucher collectif et les ruches sont maintenant réparties dans trois villages de la région. L’organisme sans but lucratif (OSBL) du Rucher Boltonnois est rapidement devenu le vecteur d’une nouvelle solidarité villageoise.

Le rucher collectif mis sur pied par le conseiller municipal Alain Déry était à l’origine un projet de sensibilisation aux impacts environnementaux des pesticides. Mais dès la première année, l'apiculteur amateur s'est aperçu que le rucher attirait ses concitoyens pour d'autres raisons.

Sortant d'un alvéole, une abeilleNaissance d'une abeille Photo : Radio-Canada / Alexandre Touchette

Qu’ils soient des résidents établis depuis plusieurs générations ou encore des villégiateurs qui se rendent à leur chalet les fins de semaine, les gens de Bolton-Est étaient à la recherche d’un nouveau point de rencontre.

Le rucher collectif est venu combler un vide dans la communauté de 900 habitants, selon la mairesse, Joan Westland-Eby.

« Dans le temps, on avait six dépanneurs dans la municipalité, maintenant il y en a juste un. Toutes les églises sont fermées, même l’église catholique est à vendre, explique-t-elle. Alors tous les lieux où les gens se rencontraient sont partis. Mais ce projet-là amène tout le monde ensemble, tout le monde a un objectif en commun. »

Un homme et une femme portant des filets et des vêtements adaptés, manipulent une ruche remplie d'abeilles dans un champ.Deux habitants de Bolton-Est manipulent une ruche d'abeilles. Photo : Radio-Canada / Alexandre Touchette

D’un rucher à un marché

En raison de la popularité du projet, la municipalité de Bolton-Est a prêté au Rucher Boltonnois un entrepôt pour y aménager une miellerie communautaire. Alain Déry y a installé tout l'équipement nécessaire pour entretenir les ruches, extraire le miel et l'empoter.

L'apiculteur en chef de Bolton-Est profitera de cet espace pour lancer une cuisine communautaire et héberger les activités du centre d’action bénévole du village.

Énergisé par la mobilisation autour du rucher collectif, Alain Déry a aussi mis sur pied le marché public de Bolton-Est avec l'aide d'un jeune couple qui héberge une ruche dans sa ferme maraîchère. De fil en aiguille, c'est l'organisme sans but lucratif du Rucher Boltonnois qui a pris sous son aile le marché qui s’est installé sous un chapiteau aménagé dans le parc du village.

Une femme paye pour ses achats au marché de Bolton-Est.Le marché est sous l'aile du Rucher Boltonnois. Photo : Radio-Canada / Alexandre Touchette

En plus d'être un point de vente pour le miel, les chandelles et la crème pour les mains à base de cire d'abeille produite par le rucher collectif, le marché public rassemble plusieurs marchands locaux, dont un boulanger et un importateur de thé coréen.

Michael Cichon est emballé tant par la possibilité de faire découvrir son thé que par les nouveaux liens qu'il a tissés avec la population grâce au rucher collectif. « Ce projet de rucher a vraiment été un catalyseur, estime-t-il. Les gens de la communauté se rassemblent et ça, c'est plus précieux que le miel. La vraie bonne affaire dans tout ça, c'est vraiment le fait que l'on rencontre tous ces gens merveilleux. »

Le reportage d'Alexandre Touchette sera diffusé à Désautels le dimanche le 22 juillet dès 10 h.

Loin de se reposer sur ses ruchers, Alain Déry veut continuer à bâtir des projets sur la solidarité qui s’est construite autour de son projet d’apiculture communautaire.

La prochaine étape est d’ouvrir un café de village sous l’égide de l’OSBL du Rucher Boltonnois. Un nouveau lieu de rencontre et de diffusion culturelle qui répondra encore mieux, il espère, au désir de ses concitoyens de faire revivre leur village.

« Une abeille toute seule ne fait pas grand-chose, elle est foutue, même la reine, illustre-t-il. C’est la force du nombre qui fait la chose et je pense que c’est notre modèle. Ça inspire définitivement les gens. »

Estrie

Engagement communautaire