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Avenir incertain pour les centres d’injection supervisée en Ontario

Le cubicule comporte un miroir, une table d'acier, un réservoir de liquide désinfectant et une poubelle pour seringues usagées.

Un cubicule d'injection supervisée rue Clarence à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Bergeron

Radio-Canada

Des intervenants en santé craignent de perdre un allié important dans la lutte contre les surdoses. La province, qui finançait en grande partie les services de consommation supervisée notamment à Toronto et à Ottawa, pourrait maintenant faire marche arrière.

Un texte de Philippe de Montigny

Les centres de consommation supervisée permettent aux toxicomanes de s’injecter, de fumer ou d'avaler leurs drogues, accompagnés d’infirmières et de travailleurs sociaux, dans un espace propre et sécuritaire.

Nous sommes inquiets de perdre notre nouveau service qui a nécessité tant d'efforts à implanter.

Michelle Blair, directrice des maladies infectieuses, Santé publique de Hamilton

À Hamilton, un site temporaire approuvé par la province a ouvert ses portes le mois dernier. Trois autres centres sont envisagés afin de répondre à la hausse inquiétante du nombre de surdoses d'opioïdes.

Michelle Baird, directrice des maladies infectieuses, Santé publique Hamilton.

Michelle Baird, directrice des maladies infectieuses, Santé publique Hamilton

Photo : Radio-Canada

« Prudemment optimiste »

Pour sa part, la Ville de London, qui dispose d'un site temporaire depuis cinq mois, constate déjà les effets positifs sur les toxicomanes et la communauté avoisinante.

Comme l’autorisation provinciale arrive à échéance le 15 août, le Bureau de santé de Middlesex-London demande une extension de trois mois, en espérant obtenir d’ici là le feu vert d’Ottawa pour deux centres permanents et une unité mobile. Son médecin-hygiéniste en chef, Christopher Mackie, se dit prudemment optimiste.

C’est difficile d’imaginer la fermeture de ce service, sans remplacement. Je serais très préoccupé par l’impact d'une possible fermeture sur le centre-ville.

Christopher Mackie, médecin-hygiéniste en chef, Bureau de santé de Middlesex-London

Le centre temporaire de London, en chiffres :

  • 4791 injections supervisées entre le 12 février et le 30 juin;
  • 55 visites par jour en semaine en moyenne;
  • 30 visites par jour le week-end en moyenne;
  • 6 surdoses recensées au site, pendant cette période
  • 0 surdose mortelle

En Ontario, huit centres d’injection supervisée ont reçu le feu vert du fédéral : quatre à Toronto et quatre à Ottawa. Peterborough, Thunder Bay et la région de Waterloo comptent également offrir ces services dans la prochaine année.

Messages contradictoires de la province

Le gouvernement de Doug Ford sème le doute quant à ses intentions : le premier ministre s’est dit « absolument contre » les centres d’injection supervisée, préférant investir dans la désintoxication.

Mais sa vice-première ministre, Christine Elliott, également ministre de la Santé, a affirmé le jour de son assermentation qu’elle était en faveur de ces centres. Elle a avoué du même coup que la décision de les conserver ne lui reviendrait pas exclusivement.

Un porte-parole du ministère a répondu par courriel qu’il revoit les récentes études et données sur les centres d’injection supervisée.

Le premier ministre Doug Ford a été clair qu’il serait à l’écoute des experts sur la question des centres d’injection supervisée, a écrit David Jensen.

Toronto

Santé publique