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Donald Trump fustige la politique monétaire de l'Europe et de la Chine

Doald Trump
Le président américain Donald Trump n'entend pas faiblir dans le bras de fer commercial entamé avec la Chine, tout en s'en prenant aux pays qui, dit-il, manipulent leur devise. Photo: Reuters / Mary Calvert
Agence France-Presse

Donald Trump s'est lancé vendredi dans une nouvelle escalade sur le commerce en accusant la Chine et l'Union européenne de manipuler leur monnaie respective et en menaçant Pékin de taxer toutes ses exportations vers les États-Unis.

« La Chine, l'Union européenne et les autres manipulent leur monnaie en baissant leurs taux d'intérêt, alors que les États-Unis augmentent leurs taux avec un dollar devenant de plus en plus fort, jour après jour, ce qui dégrade notre compétitivité », a dénoncé le président américain dans un tweet, critiquant aussi vertement la politique monétaire de la Banque centrale américaine.

« Comme d'habitude, ce n'est pas juste », a-t-il ajouté, alors que la monnaie chinoise est à son plus bas niveau depuis un an.

Depuis avril, le yuan, billet rouge à l'effigie de Mao Tsé-Toung, a perdu près de 8 % de sa valeur face au dollar américain, avantageant l'exportation des marchandises chinoises sur le marché américain et permettant ainsi de compenser en partie les taxes punitives américaines.

Le billet vert a repris de la vigueur face à l'euro depuis avril. Il fallait ainsi vendredi environ 1,17 dollar américain pour acheter un euro par rapport à 1,23 dollar en avril.

Dans un autre tweet visant la Fed, Donald Trump a estimé que « les États-Unis ne devraient pas être pénalisés parce qu'ils vont très bien. Resserrer [la politique monétaire] fait du tort désormais à tout ce que nous avons fait », a-t-il écrit, en référence à une économie dynamisée par la réforme fiscale de son administration, qui a fortement diminué les impôts des ménages et des entreprises.

La Banque centrale européenne (BCE) n'a pas réagi, la Fed non plus, renvoyant aux commentaires des mois derniers de son président Jerome Powell défendant l'indépendance de l'institution.

La Fed, qui a entamé une sortie de la politique monétaire à taux zéro il y a deux ans, prévoit de relever graduellement son taux directeur encore deux fois cette année pour le situer à près de 2,50 %, au lieu de 2 % aujourd'hui, pour maîtriser l'inflation et éviter une surchauffe après le stimulus budgétaire massif qui favorise, entre autres, la hausse des prix.

Menaces de taxes sur toutes les importations

Plus tôt vendredi, Donald Trump s'en était pris à Pékin, affirmant qu'il était prêt à imposer des taxes punitives sur la totalité des importations chinoises.

« Je suis prêt à aller jusqu'aux 500 », a-t-il dit sur la chaîne de télévision CNBC, une allusion aux 505,5 milliards de dollars de marchandises chinoises importées par les États-Unis en 2017. « Je ne le fais pas à des fins politiques, je le fais pour faire ce qui est bon pour notre pays », a-t-il assuré, accusant la Chine d' « arnaquer » depuis longtemps les États-Unis.

Le président américain, qui accuse Pékin de pratiques « déloyales » et de « vol de propriété intellectuelle », exige du géant asiatique de réduire le déficit américain de 200 milliards de dollars.

Mais après une trêve de courte durée au printemps, la Maison-Blanche a mis en place le 6 juillet des taxes douanières supplémentaires de 25 % sur 34 milliards de dollars d'importations chinoises. Seize milliards de dollars d'importations doivent en outre être prochainement taxés.

Les autorités chinoises, qui dénoncent des actes « irrationnels » du président américain, estiment que Washington a déclenché « la plus grande guerre commerciale de l'histoire économique ».

J'aime vraiment beaucoup le président Xi [Jinping]. Mais c'est très injuste.

Donald Trump

L’inquiétude des institutions

À la mi-avril, le Trésor américain avait estimé que la Chine ne manipulait pas sa monnaie, mais avait placé sous surveillance le pays, de même que la Corée du Sud, l'Allemagne, le Japon, la Suisse et l'Inde.

Les économistes s'inquiètent de la politique commerciale agressive des États-Unis.

Cette semaine, le Fonds monétaire international (FMI) a maintenu sa prévision de croissance mondiale à 3,9 % pour 2018 et 2019, mais sa directrice générale, Christine Lagarde, a souligné qu'il s'agissait probablement d'un pic.

Maurice Obstfeld, économiste en chef du Fonds, a en outre estimé que les tensions commerciales constituaient « la menace la plus grande à court terme pour la croissance mondiale ».

D'autant que la Maison-Blanche s'est lancée dans un conflit commercial non seulement avec Pékin, mais encore avec ses principaux partenaires tels que l'Union européenne, le Canada ou le Mexique.

L'administration Trump envisage notamment des taxes punitives dans le secteur stratégique de l'automobile, ce qui suscite une vive inquiétude à l'étranger comme aux États-Unis, où industriels et syndicats redoutent de massives suppressions d'emplois.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, rencontrera Donald Trump le 25 juillet dans la capitale fédérale pour tenter de désamorcer le conflit commercial.

Donald Trump, président des États-Unis

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