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Ottawa se souvient des personnes mortes de surdoses

Des seringues souillées, sur le sol, près d'un sans-abri qui dort.
Des seringues souillées trouvées dans les rues d'Ottawa. Photo: Radio-Canada / Estelle Côté-Sroka
Radio-Canada

La journée internationale pour commémorer la mort des personnes qui consommaient des drogues se déroule vendredi. On souligne cette journée tous les ans, depuis 2009.

Si cela peut sembler farfelu, l'infirmier coordonnateur du service d'injection supervisée au Centre de santé communautaire Côte-de-Sable, Luc Cormier, y voit une occasion de se rappeler que ces gens étaient plus que des consommateurs.

« Souvent, la vie des consommateurs de drogues est chaotique ou ils habitent des refuges, et on ne prend pas le temps d'arrêter et de penser et de reconnaître l'impact que ça peut avoir de perdre des êtres chers », dit-il.

Selon lui, le fait de consommer de la drogue est souvent très stigmatisé et est source de nombreux problèmes chez les utilisateurs.

M. Cormier assure ne pas souligner seulement la consommation de ces gens. « Ce sont des personnes qui ont aussi des accomplissements, des histoires personnelles de résilience, des histoires profondes », explique-t-il.

Les centres d'injection supervisée ont une incidence

Une seringue, des tampons d'alcool et un garrot sont déposés sur une table.Santé publique Ottawa offre du matériel stérile à son centre d'injection supervisée. Photo : Radio-Canada / Olivier Plante

Celui qui coordonne le service d'injection supervisée au Centre communautaire Côte-de-Sable affirme que sa clientèle apprécie le travail qui y est fait. Il estime que le Centre répond aux besoins de la communauté qu'il sert, dans la mesure où il n'y a jamais de files d'attente, selon lui.

D'ailleurs, près d'un an s'est écoulé depuis que les sites d'injections supervisés d'Ottawa ont défrayé les manchettes. Les statistiques le confirment, les admissions à l'urgence pour surdoses ont diminué.

Les centres d'injection supervisée sont des « points de connexion » entre le personnel infirmier, les différents intervenants et les utilisateurs. Ces intervenants écoutent les personnes aux prises avec des problèmes de dépendance et peuvent les diriger vers d'autres services dans la collectivité, note Luc Cormier.

Cent dix clients sont enregistrés pour le service d'injection supervisée de son centre. Une moyenne de 50 à 70 personnes le visite chaque semaine. S'il est actuellement ouvert en semaine de 9 h à 16 h, le Centre ouvrira prochainement ses portes jusqu'à 20 h certains soirs.

M. Cormier souhaite un jour voir son centre ouvrir 7 jours sur 7, 12 heures par jour.

Par ailleurs, le nouveau gouvernement de Doug Ford laisse planer le doute quant à sa volonté de poursuivre le développement de nouveaux sites d'injections supervisées dans la province. Par courriel, le gouvernement refuse de donner une réponse claire quant à l'avenir des sites d'injections supervisées, confirmant plutôt réviser les récentes données disponibles à ce sujet.

Le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, en entrevue dans l'hôtel de ville d'Ottawa.Mathieu Fleury se dit déçu que le maire Watson n'ait pas mentionné Ottawa ville bilingue dans son discours de début d'année (archives). Photo : Radio-Canada

Le conseiller d'Ottawa pour le quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, croit que la situation a évolué au fil du temps. « Ce qui est important, c'est qu'on est maintenant plus coordonnés. Santé publique Ottawa travaille avec différents partenaires pour avoir de meilleurs services », afin de répondre aux besoins de cette population vulnérable.

L'objectif de ces centres d'injection supervisée est de retirer l'utilisation des drogues de la collectivité et de l'encadrer, affirme Mathieu Fleury, qui reconnaît que tout n'est pas rose. « Évidemment, il y a toujours beaucoup d'usagers d'opioïdes et il y a des situations de surdoses chaque jour quelque part à Ottawa. »

Le conseiller souhaite que la coordination entre les différents points de service soit plus solide. « Plus on est capables de décentraliser les points de service, mieux on est capables d'aider les résidents qui sont vulnérables, puis plus on est capables de minimiser l'impact [de l'utilisation de drogues] dans la communauté », conclut le conseiller.

Ottawa-Gatineau

Drogues et stupéfiants