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Les bateaux à moteur maintenant interdits sur un lac des Hautes-Laurentides

Le reportage de Marie-Eve Cousineau.
Radio-Canada

Des riverains de Nominingue, dans les Hautes-Laurentides, ont dû mener un véritable parcours du combattant pour empêcher les bateaux à moteur de circuler sur le petit lac Sainte-Marie. Après dix ans d'effort, ils crient victoire cet été.

Un texte de Marie-Eve Cousineau

Le lac Sainte-Marie est tout petit : sa superficie est de 0,66 kilomètre carré et sa profondeur moyenne de 4 mètres. Jusqu’à cet été, de puissants bateaux à moteur y faisaient des vagues.

« Un 450 forces et un wakeboard, ça va vite, dit Léonard Lafontaine, président de l’Association des résidents des lacs Sainte-Marie et Saint-Joseph. Ça leur prenait 20 secondes pour faire un aller-retour du lac. C'était absolument incroyable. »

Léonard Lafontaine s’est battu pendant dix ans pour interdire les bateaux à moteur sur le lac Sainte-Marie. En 2012, son association, qui représente une centaine de riverains, a convaincu la Municipalité de Nominingue d’entreprendre des démarches auprès de Transport Canada pour réglementer la navigation sur le lac Sainte-Marie. Trois propriétaires de bateaux s’y opposaient.

« On n’a jamais fait valoir que le bruit dérangeait les riverains, dit Léonard Lafontaine. On a toujours fait valoir que ça nuisait à la qualité de l’eau et aux berges. » Parmi ces nuisances, des algues bleu-vert ont proliféré dans le lac en 2009.

Le processus pour interdire les bateaux à moteur fut long et complexe. Nominingue – qui compte 2200 habitants et 97 lacs! – a dû débourser entre 40 000 $ et 50 000 $ pour remplir les conditions exigées par Transport Canada.

Léonard Lafontaine devant le lac Sainte-MarieLéonard Lafontaine est président de l’Association des résidents des lacs Sainte-Marie et Saint-Joseph. Photo : Radio-Canada

« On doit consulter toute personne ou groupe qui ont de l'intérêt pour le lac, explique le maire Georges Décarie. Les associations d'hydravions, de bateaux, de ski nautique, les Autochtones… Le dossier est à peu près un pied d'épais. »

Avant d’en arriver à une interdiction, Transport Canada invite les parties à tenter d’en arriver à une entente, en adoptant un code d’éthique sur l’utilisation du lac.

« Ça n’a pas fonctionné, dit Georges Décarie. La première année que le code d'éthique a été mis en place, on a eu 362 plaintes de citoyens. »

Transport Canada a finalement acquiescé à la demande de Nominingue. Georges Décarie croit que les municipalités devraient avoir davantage de pouvoir dans la gestion de leurs lacs.

« Les petites municipalités, même les grandes, connaissent bien leurs lacs, savent bien ce que peut supporter un lac d'une telle grandeur, dit-il. Alors, je pense qu'on devrait être les premiers à pouvoir décider si, oui ou non, il y a un risque pour l'environnement et pour la sécurité des gens. »

Au Québec, les bateaux à moteur ou à propulsion électrique sont actuellement interdits sur près d’une quarantaine de lacs. Au lac Sainte-Marie, les embarcations électriques sont admises, mais elles doivent respecter une limite de vitesse de 10 km/h.

Grand Montréal

Protection des écosystèmes