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« Ne la haïssez pas », implore l'oncle de la femme accusée d'infanticides

La Cour provinciale de l'Île-du-Prince-Édouard, à Charlottetown.
La Cour provinciale de l'Île-du-Prince-Édouard, à Charlottetown. Photo: Radio-Canada / François Pierre Dufault
Radio-Canada

L'oncle de Shannon Dawn Rayner, qui est accusée de deux infanticides à l'Île-du-Prince-Édouard, demande aux internautes qui réagissent à cette affaire avec virulence sur les réseaux sociaux de cesser d'appeler la femme « une tueuse d'enfants ».

Un texte de François Pierre Dufault

Ray MacKinnon se dit complètement bouleversé par les accusations déposées contre sa nièce plus tôt cette semaine.

Ne la haïssez pas, implore-t-il.

Le service policier de Charlottetown a porté contre Shannon Dawn Rayner deux chefs d'accusation d'infanticide et deux chefs d’accusation d'avoir disposé du corps d'un enfant dans l'intention de dissimuler sa naissance. Les faits présumés se seraient produits en 2014 et en 2016.

Selon les policiers, la femme de 39 ans aurait jeté les corps des nouveau-nés aux ordures.

Les réactions sont vives depuis l'annonce du dépôt des accusations. Bon nombre d'internautes expriment leur incompréhension et leur colère sur les réseaux sociaux. Certains n'hésitent pas à condamner l'accusée avant même la tenue de son procès, la qualifiant entre autres de tueuse d'enfants.

Ma nièce Shannon a eu une vie difficile. Je me sens mal pour elle, affirme Ray MacKinnon, au bord des larmes, à sa sortie du palais de justice de Charlottetown jeudi matin. Elle a des problèmes de santé mentale. J'aimerais juste que les gens sur Facebook cessent de l'appeler une tueuse d'enfants. C'est dégradant. C'est bouleversant pour toute la famille.

« Elle se cachait de tout le monde »

L'oncle dit que sa nièce semblait bien se porter la dernière fois qu'il l'a vue, il y a environ six mois. Il précise qu'à cause de ses problèmes de santé mentale, elle se cachait de tout le monde.

Des voisins de Shannon Dawn Rayner ont confié à Radio-Canada que la femme de 39 ans semblait mener une vie normale et quelque peu effacée, habitant chez sa mère, dans un quartier sans histoire de la capitale insulaire.

C'est la première fois que des accusations d'infanticide sont portées contre quelqu'un à l'Île-du-Prince-Édouard. L'escouade des crimes graves du service policier de Charlottetown a enquêté pendant plus d'un an avant de déposer de telles accusations.

Shannon Dawn Rayner n'était pas présente, jeudi, à sa première audience devant la Cour provinciale. Son dossier est reporté au 23 août. Les avocats de la Couronne et de la défense ont obtenu du juge John Douglas un ajournement des procédures afin qu'ils puissent examiner la preuve plus en détail.

L'accusée n'a pas encore répondu aux accusations.

Il faut du temps pour compiler toute la preuve et la présenter à la défense. Ça arrive très souvent [qu'il y ait un ajournement] dans des dossiers qui sont le résultat d'une enquête importante, explique la procureure de la Couronne, Valerie Moore.

L'avocat de la défense, Thane MacEachern, n'a pas voulu faire de commentaires.

Le service policier de Charlottetown dit collaborer avec la Société de gestion des déchets de l'Île-du-Prince-Édouard dans l'espoir de retrouver les restes des enfants, qui pourraient être enfouis dans un dépotoir.

Si elle est reconnue coupable, Shannon Dawn Rayner est passible d'une peine d'emprisonnement maximale de cinq ans pour infanticide, en plus d'une peine maximale de deux ans pour avoir disposé des corps des enfants.

Île-du-Prince-Édouard

Justice et faits divers