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Aires protégées : la MRC de la Vallée-de-l'Or estime que le gouvernement n'investit pas assez

En jaune: aire protégée. En brun: terre privée
En jaune: aire protégée. En brun: terre privée Photo: Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques

La division du ministère de l'Environnement qui a la responsabilité de développer de nouvelles aires protégées au Québec est-elle sous-financée? C'est du moins ce qu'estiment des élus, fonctionnaires et représentants de groupes voués à la protection de l'environnement de la MRC de la Vallée-de l'Or (MRVO).

Un texte de Thomas Deshaies

Cela fait plus de six ans que le ministère de l'Environnement est penché sur des projets d'agrandissement de certaines aires existantes et aucune décision finale n'a encore été prise par le conseil des ministres. Ce n'est que lors de la séance du conseil des maires du mois de juin que les élus de la MRCVO ont été appelés à donner un avis de conformité relativement à leur schéma d'aménagement.

Le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, estime que les élus n'ont pas été assez consultés sur les projets d'agrandissement de certaines aires, faute de moyen. « On sent qu'il y a la volonté, mais pas les budgets nécessaires pour assurer cette responsabilité, affirme-t-il.

Le gouvernement devra mettre les argents et le personnel qu'il faut pour être capable de livrer la marchandise.

Jean-Maurice Matte, maire de Senneterre

Le directeur du Service de l'aménagement, Mario Sylvain, considère, lui aussi, que la charge de travail est trop importante pour les moyens mis à la disposition du ministère. « Il n'y a pas beaucoup de ressources au ministère pour avancer ces dossiers, souligne-t-il. C'est plus de la congestion de dossiers à Québec, parce qu'il y a juste une petite équipe qui travaille là-dessus, pour l'ensemble du Québec. »

Et les nouvelles aires?

Le soleil surplombe une forêt. Une forêt d'arbres feuillus. Photo : Radio-Canada / Jessica Blackburn


Le ministère de l'Environnement a consulté le public à l'hiver 2016, en vue de créer de nouvelles aires protégées en Abitibi-Témiscamingue. Il n'a cependant pas précisé quand il dévoilera ses décisions relativement à celle-ci.

Le président de l'Action boréale de l'Abitibi-Témiscamingue (ABAT), Henri Jacob, croit que le gouvernement est beaucoup plus efficace pour autoriser l'ouverture de nouvelles mines que de nouvelles aires protégées.

Le ministère, c'est un mystère comment il peut continuer à exister avec un si petit budget.

Henri Jacob, président de l'ABAT

Un document obtenu par la Société pour la nature et les parcs et dont le contenu a été rendu public par plusieurs médias, depuis le début de la semaine, démontre que le ministère des Forêts veut éviter la création d'aires protégées dans le sud de la province.

Henri Jacob, affirme qu'il ne s'agit pas de la première fois qu'un gouvernement libéral use de « cette stratégie » pour remplir ses objectifs en matière de superficie. Il rappelle que le gouvernement de Jean Charest, en 2010, avait déclaré vouloir protéger 50 % du Nord-du-Québec. « Si le gouvernement se concentre au Nord, ça veut dire qu'il va délaisser le sud », déplore-t-il.

Le président de l'Action boréale de l'Abitibi-Témiscamingue, Henri JacobLe président de l'Action boréale de l'Abitibi-Témiscamingue, Henri Jacob Photo : Radio-Canada / Sandra Ataman

« Monsieur Blanchette (ministre des Forêts) vient de nous concrétiser ce qu'on disait, rajoute Henri Jacob. Faire des grandes aires protégées pour faire du volume, de la quantité, mais ne pas répondre aux besoins réels d'aires protégées dans tous les différents types d'écosystèmes. »

Selon M. Jacob, la création d'aires protégées est essentielle, notamment pour constater comment la nature s'adapte aux changements climatiques. Il est d'ailleurs, selon lui, essentiel que l'aire protégée ait une superficie suffisamment importante pour être « autosuffisante ».

Objectif du gouvernement du Québec: 17 % du territoire protégé d'ici 2020.

Territoire protégé actuellement: 9,9%

En Abitibi-Témiscamingue: 7,3% du territoire protégé

Réaction de la ministre

La ministre de l'Environnement, Isabelle Melançon, a réagi par courriel aux critiques concernant le financement du département du ministère responsable des aires protégées. « Le dernier budget du gouvernement prévoit investir plus de 40M$ pour les aires protégées au Québec, et ce, pour les 5 prochaines années. Nous croyons que cela permettra d'accélérer la création des aires protégées au Québec », peut-on lire.

En ce qui concerne les agrandissements d'aires protégées en Abitibi-Témiscamingue, la ministre assure qu'elles « obtiendront sous peu un statut permanent de protection. » « L'établissement de chaque kilomètre carré au sein du réseau des aires protégées est un travail complexe où plusieurs enjeux, préoccupations et droits déjà octroyés par le gouvernement doivent être considérés. Le gouvernement mise sur l'acceptabilité sociale des projets dans chacune des régions du Québec », peut-on lire.

Abitibi–Témiscamingue

Environnement