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Taxe carbone : l'Ontario se joint à la poursuite de la Saskatchewan contre le fédéral

Les informations d'Hugo Lavallée
Radio-Canada

Le nouveau premier ministre ontarien, Doug Ford, confirme que sa province se joindra à la poursuite lancée par la Saskatchewan contre le gouvernement Trudeau au sujet de la taxe carbone.

L'Ontario demande le statut d'intervenant dans le cadre de la poursuite.

M. Ford a fait cette déclaration jeudi à Saint Andrews, au Nouveau-Brunswick, où les premiers ministres provinciaux sont réunis pour le Conseil de la fédération.

C'est une mauvaise taxe pour les familles et les entreprises.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

[Cette alliance avec la Saskatchewan] est un signe d'unité et envoie un message clair au gouvernement fédéral, a ajouté M. Ford.

Le premier ministre ontarien avait déjà annoncé sa décision de sortir sa province du marché du carbone commun avec le Québec et la Californie. En campagne électorale, il avait par ailleurs promis de s'opposer à toute taxe carbone fédérale.

Photo d'un homme en complet devant un micro au podiumLe premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe Photo : Radio-Canada

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a renchéri, jeudi, en disant que l'approche unique d'Ottawa et de sa taxe carbone ne répondait pas aux besoins économiques divers d'un énorme pays comme le Canada.

Une taxe carbone ne réduit pas les émissions, mais va nous coûter des emplois.

Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan

Selon un communiqué commun de la Saskatchewan et de l'Ontario, le fédéral cherche à imposer sa taxe carbone de façon arbitraire, et cette taxe ferait augmenter le coût de presque tous les produits et les services dont les gens ont besoin chaque jour.

Trudeau fera-t-il cavalier seul?

Ottawa a donné jusqu'au 1er septembre aux provinces qui n'ont pas leur propre système de tarification du carbone et de réduction des émissions pour adhérer au sien.

Selon le plan fédéral, la tarification du carbone augmenterait graduellement pour atteindre 50 $ la tonne d'ici 2022.

Dans le cas de l'Ontario par exemple, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué qu'il imposerait la taxe carbone fédérale et retournerait les revenus directement aux Ontariens.

En entrevue à l'émission 24/60, sur les ondes de RDI, le nouveau ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic Leblanc, a de son côté prôné une approche collaborative avec les provinces.

Pour M. Leblanc, les Canadiens ont donné le mandat au gouvernement fédéral de s'attaquer à la question des changements climatiques. Le ministre précise toutefois qu'il est effectivement possible de combiner politiques vertes et croissance économique.

« [La Saskatchewan et l'Ontario] parlent depuis des mois de l'importance de la croissance économique, de la création d'emplois; en Colombie-Britannique, des mesures similaires [à la taxe sur le carbone] sont en place depuis plusieurs années, et c'est l'économie la plus performante au pays », a-t-il dit.

Le ministre est clair : Ottawa entend respecter ses engagements environnementaux pris lors de la campagne électorale de 2015, mais d'y parvenir en collaborant avec les provinces.

« Les gens peuvent aller devant les tribunaux et conter les histoires qu'ils veulent, nous respectons cela, mais nous avons un mandat de s'attaquer aux changements climatiques tout en facilitant la création d'emplois », a-t-il ajouté.

De fait, a poursuivi le ministre Leblanc, « il y a beaucoup plus en commun entre les provinces qu'il n'y a de désaccords », entre autres dans le dossier de la taxe sur le carbone.

Une poursuite dénoncée par le Parti vert

Pour sa part, le chef du Parti vert de l'Ontario, Mike Schreiner, affirme ceci : c'est du gaspillage de fonds publics que de prendre part à une poursuite motivée par la politique que l'Ontario va perdre, selon la plupart des experts.

M. Schreiner accuse le premier ministre Ford de vouloir livrer une bataille perdue d'avance, plutôt que de proposer un plan ontarien qui taxe la pollution.

Le premier ministre fait un choix mal informé qui est met en péril notre économie et notre environnement, affirme le chef des verts.

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