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Une dizaine de surdoses en un week-end dans deux prisons albertaines

Vue sur un jeune homme qui sourit avec un chandail et une casquette.
Maxim Baril-Blouin est mort à la suite de ce qui semble être une surdose de drogue au centre de détention provisoire d'Edmonton vendredi dernier. Photo: Famille Baril-Blouin
Radio-Canada

Une dizaine de personnes ont été victimes d'une surdose de drogue dans les centres de détention provisoire d'Edmonton et de Calgary au cours du dernier week-end. L'une d'elles est un homme de 26 ans qui n'a pas survécu.

Maxim Baril-Blouin a été retrouvé inconscient dans sa cellule au centre de détention provisoire d'Edmonton vendredi dernier. L'homme est mort de ce qui semble être une surdose de drogue, selon des informations contenues dans le rapport d'incident obtenu par CBC.

Il s'agit du quatrième détenu qui meurt d'une surdose dans cet établissement depuis le début de l'année.

D'après ce document, les agents correctionnels ainsi que les Services de santé Alberta ont répondu immédiatement en lui administrant de l'épinéphrine et de la naloxone.

Un deuxième scénario semblable s'est déroulé pendant la journée de vendredi. Six autres détenus d'une même unité se sont trouvés en détresse médicale. Ces derniers sont toujours en vie et ils ont été hospitalisés.

Depuis vendredi après-midi, le centre de détention provisoire d'Edmonton a été placé en confinement. La Police d'Edmonton mène une enquête pour établir les causes de ces incidents.

Un autre homme a par ailleurs eu besoin d'assistance médicale dimanche soir après avoir été trouvé inconscient dans sa cellule pour des raisons qui s'apparentent à celles des autres victimes.

Événements semblables à Calgary

Au centre de détention provisoire de Calgary, deux personnes ont aussi fait une surdose cette fin de semaine. L'une était un détenu, et l'autre, un gardien de prison.

L'agent correctionnel a été drogué et a perdu connaissance samedi après être entré en contact avec du fentanyl en tentant de venir en aide au détenu qui faisait une surdose.

« Il peut arriver à l'occasion malheureusement qu'un gardien soit mis en contact avec un produit, un opioïde comme le fentanyl, par inhalation accidentelle », explique le professeur émérite Serge Brochu, de l'école de criminologie de l'Université de Montréal.

Besoin de meilleurs outils

Pour enrayer le problème de trafic de drogue au sein d'établissements carcéraux, les prisons doivent avoir de meilleurs outils, pense le président du Syndicat des agents correctionnels du Canada pour le Québec, Frédérick Lebeau.

« Ça prend des outils de détection, des drones, par exemple. Ça prend des outils à l'intérieur des murs [comme] des scanneurs corporels, un peu comme on voit à l'aéroport », dit le président. Il considère que ce genre d'équipement peut aider les agents à saisir la drogue lors des fouilles.

Dans une déclaration écrite envoyée mercredi, le gouvernement de l'Alberta affirme que le centre de détention d'Edmonton s'est justement doté d'un scanneur corporel dans le cadre d'un projet-pilote d'un an. L'appareil aurait été utilisé à plus de 20 000 reprises depuis six mois et dans plus de 1000 cas, les résultats auraient été positifs ou considérés comme suspects, selon la province.

Le centre de détention provisoire d'Edmonton est ouvert depuis 2013. Il a été conçu pour accueillir 2000 prisonniers et pour remplacer l'ancien centre qui était jugé en mauvais état.

Les surdoses de Fentanyl ont déjà tué 228 personnes en Alberta au cours des quatre premiers mois de l'année 2018.

Alberta

Crise des opioïdes