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Que change l’élection pour Saint-Boniface, les chefs de partis et la francophonie?

Deux pancartes rouges et une pancarte bleu sur une pelouse.
Le lendemain de l'élection partielle à Saint-Boniface, le quartier était encore parsemé de pancartes multicolores des candidats. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Au lendemain de la victoire de Dougald Lamont dans Saint-Boniface, les réactions se font entendre dans la communauté. La Société de la francophonie manitobaine (SFM) rappelle la tradition voulant que le député de Saint-Boniface soit aussi un porte-parole de la francophonie.

Un texte de Gavin Boutroy et Sylviane Lanthier

Le directeur général de la SFM, Daniel Boucher, accueille l’élection de Dougald Lamont, qui parle français, avec sérénité.

« Les gens de Saint-Boniface se sont exprimés, et M. Lamont a été élu. Pour nous, ça change peu, dans le sens où l'on va certainement travailler de près avec lui sur les dossiers qui sont importants pour Saint-Boniface et aussi l’ensemble de la francophonie », affirme-t-il.

Je pense que le député de Saint-Boniface a toujours un rôle plus grand, plus large par rapport à la francophonie.

Daniel Boucher, directeur général de la SFM

La candidate du Parti vert du Manitoba à Saint-Boniface et résidente du quartier, Françoise Therrien Vrignon, félicite le vainqueur. Elle souligne cependant que puisqu’il n’habite pas le quartier, sa priorité doit être de se familiariser avec les enjeux francophones de Saint-Boniface.

« Maintenant, Dougald [Lamont] doit représenter la voix de Saint-Boniface au niveau provincial pour les prochains deux ans. Il a cogné aux portes aussi, donc j’espère que ça l’a aidé à comprendre quels sont nos enjeux, notre histoire, mais aussi notre potentiel », déclare Françoise Therrien Vrignon.

L’enjeu culturel

Dans sa plateforme, le candidat du Parti libéral du Manitoba avait mis de l'avant son projet de développer davantage les arts et la culture à Saint-Boniface. Pour la directrice générale du Centre culturel franco-manitobain Ginette Lavack, c’est de bon augure.

« Je vois dans Dougald [Lamont] une très grande ouverture d’esprit et un intérêt au niveau du secteur culturel, donc c’est bon pour nous. C’est important d'avoir quelqu’un qui semble vouloir s’investir puis être à l'écoute de la communauté », dit-elle.

Une opposition à deux têtes

Wab Kinew a perdu et Dougald Lamont a gagné mardi soir, mais ils partagent un objectif commun : préparer les prochaines élections provinciales, prévues en 2020.

Une femme et un homme qui parle dans un micro.Blandine Tona et Wab Kinew mardi soir. Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Si le chef du NPD attribue la défaite de la candidate Blandine Tona au fait que, peu connue, elle se mesurait en plus à un chef de parti, il note surtout que les électeurs de Saint-Boniface ont « rejeté à 85 % » les politiques du gouvernement conservateur.

Dans la dernière élection, le candidat conservateur était arrivé en deuxième place et hier il était en 4e place. Pour moi c’est un message fort : les Manitobains n’aiment pas la direction du gouvernement conservateur.

Wab Kinew, chef du NPD

Wab Kinew, qui ne sera plus le seul chef à questionner le premier ministre en chambre, accueille avec sérénité l’appui additionnel que les libéraux pourront offrir en s’opposant aux conservateurs. « Mon but, dit-il, est de lutter contre les conservateurs, pas contre les libéraux, et de remplacer Brian Pallister en 2020. »

Dougald Lamont rappelle le « résultat historique » obtenu mardi, qui permet au Parti libéral de regagner un statut officiel perdu il y a 23 ans.

un homme et une femme s'embrasseMoment d'émotion pour Dougald Lamont mardi soir. Photo : Radio-Canada / Samuel Rancourt

« Comme chef de parti, je pourrai me présenter chaque jour et poser des questions à Brian Pallister, je pourrai être une nouvelle voix de l’opposition. » C’est, dit-il, un argument qui lui a permis de remporter la circonscription. « C’est une des choses qui ont été importantes pour les gens de Saint-Boniface, qui sont très frustrés par le gouvernement Pallister », a-t-il pu constater dans le porte-à-porte.

Dans cette élection, dit-il, « on a montré qu’on sait mener une bonne campagne; on a une équipe fantastique, diversifiée, efficace, et il faut continuer à bâtir avec ce qu’on a appris dans cette partielle, en vue de 2020 ».

La difficulté, c’est toujours de convaincre les gens qu’on peut gagner et la seule façon de les convaincre qu’on peut gagner, c’est de gagner.

Dougald Lamont, député de Saint-Boniface et chef du Parti libéral

Dougald Lamont admet par ailleurs qu’il se serait trouvé « dans le pétrin » s’il n’avait pas remporté Saint-Boniface mardi. « Me présenter, c’était un risque, mais c’est en risquant qu’on peut avoir de grandes avancées. Hier on savait que ça allait bien, mais en même temps je craignais... j’ai travaillé sur tellement de campagnes où on n’a pas gagné. On craint un peu d’avoir trop d’espoir. J’ai écrit deux discours hier soir, on en fait toujours deux : celui qu’on espère donner et celui qu’on craint de donner. » Mardi soir, Dougald Lamont a prononcé le discours qu’il préférait donner.

Avec des informations de Pierre Verrière et Louis-Philippe Leblanc

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