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Dépôt de neiges sur un esker à Val-d'Or : le Groupe de recherche sur l'eau souterraine préoccupé

Du sable et des déchet se dévoilent après la fonte des neiges

Du sable et des déchet se dévoilent après la fonte des neiges

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Le professeur du Groupe de recherche sur l'eau souterraine (GRES) de l'Abitibi-Témiscamingue, Éric Rosa, se dit préoccupé par le dépôt de neiges sur l'esker à Val-d'Or.

Un texte de Thomas Deshaies

Radio-Canada révélait mercredi que la conception du dépôt de neiges sur le boulevard Barrette entraîne l'entrée de contaminants dans la nappe d'eau souterraine. C'est dans cette même nappe que la Ville puise son eau pour alimenter son réseau de distribution.

Le professeur du GRES, Éric Rosa, estime qu'il y a lieu de se pencher sérieusement sur cet enjeu. « Je considère que c'est particulièrement préoccupant, parce qu'une fois qu'un contaminant pourrait avoir atteint la nappe d'eau souterraine, la dynamique d'écoulement fait en sorte que ça peut prendre beaucoup de temps avant que l'atténuation naturelle permette à l'eau de retrouver sa qualité initiale », a-t-il notamment déclaré.

En se basant sur les données du GRES, M. Rosa confirme qu'il est probable que les contaminants provenant du dépôt de neiges migrent jusqu'au puits d'alimentation de la ville. « Ce qu'on sait, c'est que c'est très probable qu'il y ait un écoulement depuis le secteur du dépôt de neiges usées vers les captages d'eau souterraine qui approvisionne le réseau d'aqueduc municipal », a-t-il expliqué, tout en précisant qu'il n'y avait pas de données pour confirmer si c'était bel et bien le cas.

Une concentration en chlorure très élevée
Le ministère de l'Environnement a décelé en 2016 une concentration en chlorure dans l'eau de près de 351 mg/l. « C'est énorme », selon Éric Rosa, lorsqu'on compare la teneur dans plusieurs autres aquifères.

Les teneurs médianes en chlorure sont de l'ordre d'environ 0,8 mg/l, et puis la valeur maximale mesurée à l'échelle de la région, c'est de 190 mg/l, je pense qu'on peut dire clairement que les concentrations détectées dans le secteur de Val-d'Or sont une anomalie dans la région pour ce type d'aquifère.

Éric Rosa

Un déménagement?
La nécessité de protéger l'eau souterraine pourrait nécessiter un déménagement du site, selon Éric Rosa. Cependant, plusieurs enjeux doivent être pris en considération, estime-t-il. « Si on déplace le dépôt de neiges, la plupart des contaminants inclus dans la neige usée, ils peuvent aussi avoir des impacts sur les eaux de surface », a-t-il expliqué.

Les sols argileux, qui assurent une certaine protection aux eaux souterraines, puisqu'ils sont moins poreux, favorisent toutefois la migration des contaminants vers les eaux de surface, toujours selon le professeur.

Protéger davantage les eskers et moraines
Éric Rosa estime qu'il est crucial de réfléchir au développement du territoire, en considérant toujours la nécessité de préserver les eskers et moraines, qui ne constituent que 4 % de la superficie de l'Abitibi-Témiscamingue.

En date d'aujourd'hui, il y a lieu de réfléchir le développement de notre territoire en gardant toujours en perspective la protection des eskers.

Éric Rosa

Le professeur plaide pour la création d'un groupe de travail qui pourrait permettre aux décideurs d'avoir une approche commune sur la question. « Envoyer des lignes directrices pour permettre un développement durable de notre territoire, a-t-il précisé. Il (le groupe) pourrait traiter des questions des eskers puis tenter d'influence des décisions politiques et l'aménagement du territoire. Ce serait bénéfique pour assurer la protection de notre ressource en eau ».

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