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Bientôt des surtaxes américaines sur l'uranium?

La vapeur s'élève des tours de refroidissement des réacteurs nucléaires de l'usine Georgia Power's Vogtle.
La vapeur s'élève des tours de refroidissement des réacteurs nucléaires de l'usine Georgia Power's Vogtle, à Waynesboro, en Georgie. Photo: La Presse canadienne / Mary Ann Chastain/AP

Le département américain du Commerce pourrait imposer des surtaxes sur les importations d'uranium, tout comme il l'a fait ce printemps sur l'acier et l'aluminium. Cette décision pourrait affecter le Canada, le plus important exportateur d'uranium aux États-Unis en 2016, avec 25 % du total.

Mercredi, le secrétaire au Commerce Wilbur Ross a déclaré avoir officiellement entamé une enquête sur l'industrie américaine de l'uranium, citant les mêmes préoccupations en matière de sécurité nationale qu'il avait soulevées avant de mettre en place des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium.

Il s'agit d'une disposition d'une loi sur le commerce, l’article 232 du Trade Expansion Act de 1962, qui permet à la Maison-Blanche de mettre en place des tarifs ou des quotas sur les importations étrangères si elles sont considérées comme « menaçant de porter atteinte à la sécurité nationale » des États-Unis.

L'enquête couvrira tous les aspects de l'industrie, de l'exploitation minière à l'enrichissement, de son rôle dans la défense militaire à ses autres utilisations industrielles. Aux États-Unis, l'uranium alimente notamment 99 réacteurs nucléaires qui produisent 20 % de l'électricité du pays.

Les entreprises américaines veulent une plus grande part du marché

Il y a 30 ans, les États-Unis produisaient près de la moitié de l'uranium qu'ils consommaient, mais ce ratio n'est plus que de 5 % aujourd'hui, a indiqué Wilbur Ross.

« Le Bureau de l'industrie et de la sécurité du ministère du Commerce effectuera un examen approfondi, équitable et transparent pour déterminer si les importations d'uranium menacent de porter atteinte à la sécurité nationale », a-t-il déclaré.

Cette enquête va dans le sens des demandes de deux sociétés américaines d'uranium, Energy Fuels et Ur-Energy, qui à elles seules produisent plus de la moitié de l'uranium extrait aux États-Unis.

En janvier dernier, les deux entreprises ont fait pression sur Washington afin que soient instaurées de plus grandes barrières tarifaires sur l'uranium.

Elles ont alors rappelé que les producteurs situés en Russie, en Ouzbékistan et au Kazakhstan, premier producteur mondial, produisent 40 % de l'uranium utilisé aux États-Unis. Elles ont aussi soutenu que les sociétés américaines ne pouvaient pas livrer une concurrence équitable à ces producteurs parce qu'ils étaient fortement subventionnés par leurs gouvernements.

Energy Fuels et Ur-Energy, qui se sont d’ailleurs félicités de l’enquête mercredi, avaient demandé au gouvernement d’imposer une loi qui réserverait 25 % du marché de l’uranium des États-Unis aux fournisseurs américains, soit 12 millions de livres (5,4 millions de kilos) d'uranium par année.

Cette quantité représente 12 fois plus d'uranium que l'ensemble de ce que l'industrie américaine a produit en 2017.

Energy Fuels et Ur-Energy ont mis à pied plus de la moitié de leurs effectifs au cours des deux dernières années et fonctionnent actuellement à 9 % et 13 % de leurs capacités respectives, selon le département du Commerce.

Le Canada, deuxième producteur mondial d'uranium

Le Canada, deuxième producteur mondial d'uranium avec plus de 23 millions de livres (10,4 millions de kilos) en 2016, extrait la totalité de son minerai des mines de la Saskatchewan.

En vertu de la politique de non-prolifération nucléaire du Canada, l'uranium canadien ne peut être utilisé qu'à des fins pacifiques.

Avec les informations de CBC, et Presse canadienne

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