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Les suppléments d'oméga-3 sans véritable effet sur le cœur

Deux mains, l'une contenant des suppléments d'oméga-3, l'autre un morceau de saumon.
La quantité requise d'oméga-3 pour la santé du coeur se trouve généralement dans l’alimentation. Photo: iStock
Radio-Canada

La consommation régulière de suppléments d'oméga-3 a peu ou pas d'effets bénéfiques contre les maladies cardiaques et les AVC, montre une étude britannique.

Un texte d'Alain Labelle

Depuis une vingtaine d’années, la consommation accrue d'acides gras oméga-3 est largement encouragée parce que l’on estimait qu'elle protège contre les maladies du cœur.

Or, une revue systématique d'études sur le sujet réalisée par des chercheurs de l'Université d'East Anglia et de la Collaboration Cochrane montre que ce n’est pas le cas.

Nécessaires à la santé

Les oméga-3 sont des acides gras et la consommation de petites quantités de ceux-ci est nécessaire pour maintenir une bonne santé. Cependant, la quantité requise se trouve généralement dans l’alimentation.

Il existe trois types d’oméga-3 :

  • L'acide alpha-linolénique (ALA)
  • L'acide eicosapentaénoïque (EPA)
  • L'acide docosahexaénoïque (DHA)

Le premier est habituellement présent dans les plantes, les noix et les graines.

Les deux autres existent naturellement dans les poissons gras, comme le saumon, et dans les huiles de poisson, comme l’huile de foie de morue.

L'étude des études

La présente recension regroupe les données de 79 études menées auprès de 112 059 personnes. De ce nombre, 25 ont été jugées hautement fiables parce qu'elles étaient bien conçues et réalisées.

Ces études évaluaient les effets de la consommation supplémentaires d'acides gras oméga-3 par rapport à la consommation normale de l’alimentation sur les maladies du cœur et de la circulation.

Ces recherches ciblaient des hommes et des femmes, certains en bonne santé et d'autres souffrant de maladies existant en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Asie.

La plupart des études évaluaient l'impact de la prise d'un supplément d'oméga-3 à longue chaîne (EPA, DHA) sous forme de capsules et l'ont comparé à une pilule factice.

Peu ou pas d'avantages

Quelques variétés de noix fraîches.Les noix contiennent de l'acide alpha-linolénique (ALA) qui peut peut être légèrement protecteur de certaines maladies du cœur et de la circulation. Photo : Radio-Canada

Les chercheurs ont constaté que l'augmentation de la consommation d’oméga-3 n'apporte que peu ou pas d'avantages. En outre, ils ont prouvé que les acides gras oméga-3 n'avaient que peu ou pas d'effet significatif sur le risque de décès, quelle qu'en soit la cause.

Le risque de décès, quelle qu'en soit la cause, était de 8,8 % chez les personnes qui avaient augmenté leur consommation d'acides gras oméga-3, comparativement à 9 % chez les personnes des groupes témoins.

Nos résultats vont à l'encontre de la croyance populaire selon laquelle les suppléments d'oméga-3 à longue chaîne protègent le cœur.

Dr Lee Hooper, Université d'East Anglia

Ils ont également constaté que la prise de plus d'acides gras oméga-3 n’a probablement que peu ou pas de différence dans le risque d'événements cardiovasculaires, de décès coronariens, d'événements coronariens, d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou d'irrégularités cardiaques.

Cependant, prendre plus d'ALA réduit probablement le risque d'irrégularités cardiaques de 3,3 % à 2,6 %.

Cette revue systématique a trouvé des preuves modérées que l'ALA, présent dans les huiles végétales (comme l'huile de colza ou de canola) et les noix (en particulier les noix) peut être légèrement protecteur de certaines maladies du cœur et de la circulation.

Dr Lee Hooper, Université d'East Anglia

Cependant, cet effet est très faible, notent les auteurs de ces travaux publiés dans les Cochrane Database of Systematic Reviews (Nouvelle fenêtre).

D'autres études réalisées sur les oméga-3 ont montré leurs effets bénéfiques contre la dépression, le diabète et l'alzheimer.

Santé

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