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Un panier de légumes laisse 300 familles sur leur faim

Le panier contient des tomates, du brocoli, un poivron du maïs et des carottes
Un panier de légumes Photo: iStock / STEVE COLE

L'expérience d'achat d'un panier de légumes hebdomadaire laisse un goût amer à près de 300 clients de la ferme les Délices de Benjamin. Au beau milieu de la saison maraîchère, l'entreprise se dirige vers la faillite alors que les consommateurs n'auront reçu au final qu'un seul panier.

Un texte de Maxime Corneau

« Je me suis planté. J’ai pris trop de clients, je n’ai pas su dire non. J’en paye le prix fort aujourd’hui », explique Maxime Monier, le propriétaire des Délices de Benjamin, une ferme de Saint-Jean-de-l'Île-d'Orléans.

Le jeune entrepreneur de 29 ans tentait pour la première année de devenir le maraîcher de famille pour environ 300 clients. Il affirme que les gels tardifs du printemps et la dernière canicule ont eu raison de ses plantes qui ne produisent qu’une récolte famélique.

Conformément aux contrats signés avec ses clients qui ont déjà payé jusqu’à 600 $ pour toute la saison, il devrait acheter des légumes pour leur fournir un panier chaque semaine. Or, l’entrepreneur se dit pris à la gorge et a entrepris des démarches avec un syndic.

« Je comprends le mal que j’ai pu faire à leur famille. Je suis désolé », clame M. Monier en implorant le pardon de ses clients.

Tribunal sur les réseaux sociaux

Sur la page Facebook de l’entreprise, des dizaines de clients expriment leur mécontentement, tandis que M. Monier a publié un message pour leur expliquer la situation.

On peut y lire des témoignages qui allèguent que Maxime Monier aurait orchestré cette situation.

L'une des publications sur FacebookL'une des publications sur Facebook Photo : Image tirée de Facebook

Des clients déplorent que M. Monier ait encaissé des chèques jusqu’à tout récemment alors qu’il se dirigeait vers la faillite. L’entrepreneur dit comprendre leur désarroi.

Les gens m’ont déjà condamné, mais je n’ai jamais voulu frauder personne

Maxime Monier

Équiterre appelle à la prudence

L’organisme Équiterre supervise depuis près de 20 ans un réseau québécois de fermiers de famille. Dans leur processus, tous les nouveaux producteurs doivent être évalués et supervisés lors de leurs premières années de production.

« Un nouveau producteur, c’est plus difficile de faire ses preuves », estime Colleen Thorpe, directrice des programmes éducatifs d’Équiterre.

Mme Thorpe comprend la colère des clients des Délices de Benjamin. Elle invite tous les consommateurs à faire des recherches sur les différentes offres afin d’éviter des situations fâcheuses comme celle-ci.

« 300 paniers, c’est un nombre élevé de paniers. Le consommateur peut se poser des questions pour savoir ce qui est prévu si les récoltes sont perdues », dit-elle.

Elle précise toutefois que les Délices de Benjamin ne faisait pas partie du réseau officiel d’Équiterre.

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