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Des femmes et adolescentes photographiées à leur insu dans un centre commercial d'Oshawa

Le site internet, publié sur Tumblr, comportait des mots-clics, notamment #sexyteen et #teenbubblebutt.

Le site internet, publié sur Tumblr, comportait des mots-clics, notamment #sexyteen et #teenbubblebutt.

Photo : Radio-Canada / Christopher Langenzarde/CBC

Radio-Canada

Des internautes d'Oshawa ont découvert, choquées, que plusieurs photos d'elles et des vidéos, les montrant de dos, avaient été publiées sur un site internet sans leur consentement. La police de Durham recherche désormais l'auteur de ces publications qui se trouvent sur un blogue appelé CanadaCreeping.

Le propriétaire du blogue semble cibler les femmes, mais aussi des adolescentes, qu'il prend en photo de dos, pour que seules leurs fesses et leurs jambes soient visibles. Les photos semblent avoir été prises dans le centre commercial d'Oshawa.

Lorsque Christeen Thornton, une résidente de la région, a trouvé la page du blogue à travers une publication sur Facebook dimanche, elle a immédiatement reconnu les lieux.

Je passe par là tout le temps, raconte-t-elle.

Mme Thornton s'est alors dit qu'il fallait retrouver l'auteur du site et a décidé de partager la publication sur Facebook. Elle a depuis recueilli plus de 1 000 partages. Mais aussi des réponses qu'elle juge troublantes.

Un monsieur a dit qu'il avait reconnu sa femme et sa fille, explique-t-elle.

Christeen Thornton

Christeen Thornton

Photo : Radio-Canada / Chris Langenzarde/CBC

Ce mari et père de famille, en colère, a laissé un commentaire sur la publication de Christeen Thornton, demandant à quiconque qui connaîtrait l'auteur de ces photographies de le contacter, car il aimerait rencontrer ce type en face à face.

Les photos étaient accompagnées de mots-clics tels que #sexyteen (en français, adolescente sexy) ou encore #teenbubblebutt (faisant référence au derrière des jeunes filles prises en photo).

J'ai une fille de six ans et je m'inquiète de ce que le monde sera quand elle sera grande, regrette Christeen Thornton.

Dans un courriel adressé à CBC Toronto, le directeur général du centre commercial d'Oshawa, Chris Keillor, déclare être conscient de la situation et que son personnel considère celle-ci comme étant tout à fait inappropriée.

Notre équipe de sécurité suivra de près et interviendra si nécessaire. Nous encourageons nos clients à signaler immédiatement les comportements suspects à notre équipe de sécurité.

Chris Keillor, directeur du centre commercial Oshawa

La police enquête

Dave Selby, porte-parole de la police de Durham, affirme pour sa part que les enquêteurs travaillent avec le centre commercial afin d'identifier l'auteur du blogue.

Il conseille par ailleurs à toute personne qui verrait quelqu'un photographier ou prendre des vidéos suspectes de contacter la police.

Mais il admet que cela sera difficile d'accuser cette personne de crimes.

Dave Selby

Dave Selby

Photo : Radio-Canada / Chris Langenzarde/CBC

Certainement, beaucoup d'entre nous seraient d'accord que cela n'est pas de bon goût, que c'est contraire à l'éthique et que c'est immoral, mais la question reste de savoir si cela enfreint ou non la loi, dit-il.

M. Selby précise que comme les photos et les vidéos ont été prises dans un espace public, techniquement, cela ne viole aucune loi.

Selon l'article 162 (1) du Code criminel, accuser quelqu'un de voyeurisme exige des circonstances qui donnent lieu à une atteinte raisonnable en matière de vie privée, ainsi que la preuve que ces photos seront utilisées à des fins sexuelles.

Cela rend souvent les cas de voyeurisme difficiles à prouver.

Nécessité de plaintes

Le porte-parole de la police ajoute que dans le cas du blogue CanadaCreeping, il devrait y avoir un cas évident de harcèlement ou une preuve d'une violation du code de conduite public du centre commercial pour que son auteur soit accusé.

Selon lui, si une femme peut s'identifier sur l'une des photos, elle peut appeler la police pour alléguer un cas de harcèlement.

Nous avons besoin que des femmes qui se sentent victimes ou harcelées viennent nous voir, conclut-il.

Avec les informations de Ali Chiasson

Toronto

Justice et faits divers