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François Legault bloque un journaliste de Rivière-du-Loup sur Twitter

François Legault en entrevue, entourés de 2 caméramans.
François Legault en entrevue. Photo: Radio-Canada / Sébastien Vachon
Radio-Canada

Le journaliste de la station de CIEL FM à Rivière-du-Loup, Kévin Beaulé, a été surpris mardi matin lorsqu'il a réalisé qu'il avait été bloqué du compte Twitter du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

Un texte d’Isabelle Damphousse

Kévin Beaulé a rapporté en ondes que la conseillère municipale de L'Isle-Verte, Sophie Sirois, avait été écartée de la candidature du parti dans la circonscription Rivière-du-Loup-Témiscouata.

Le journaliste a aussi, avec d'autres collègues de la presse, questionné François Legault à ce sujet lors d'un point de presse à Rivière-du-Loup lundi. Ce dernier a rappelé que les candidats, à la CAQ, sont choisis par une équipe restreinte et non lors d'assemblée d'investiture.

Selon le journaliste de CIEL FM, c'est tout de même ce qui aurait mené François Legault à le bloquer sur Twitter, même s'il dit n'avoir jamais parlé de cette histoire sur Twitter, un réseau que Kévin Beaulé utilise rarement de toute façon.

« Ce matin, à ma grande surprise, j'ai constaté que je n'avais plus accès au compte de François Legault et que j'étais bloqué. J'ai trouvé cette situation particulière [...] Selon moi, je le perçois comme une menace faite à l'endroit des journalistes. Surtout que M. Legault dit vouloir faire de la politique autrement, je trouve ça particulier de bloquer un journaliste qui fait son travail et qui rapporte une information comme celle avec Sophie Sirois », affirme Kévin Beaulé.

Dans un article publié mardi matin, Le Soleil a rapporté que François Legault avait l'habitude de bloquer des utilisateurs sur Twitter.

Le chef caquiste se dit néanmoins étonné d'avoir bloqué M. Beaulé. Il dit entretenir des relations respectueuses avec les membres de la presse, tout en précisant qu'il lui arrive de bloquer des utilisateurs du réseau social quand leurs propos sont agressifs.

« Les gens qui ont des critiques constructives, je n’ai pas de problème avec ça. Les gens qui sont agressifs et qui ont des commentaires personnels, ça m'arrive d'en bloquer, ça me fait du bien! », mentionne en riant le chef de la CAQ.

Le chef de la CAQ, François Legault, est venu présenter la candidate dans la circonscription de Rimouski, Nancy Lévesque.Le chef de la CAQ, François Legault, est venu présenter la candidate dans la circonscription de Rimouski, Nancy Lévesque. Photo : Radio-Canada

Le public perdant, même si c'est un choix

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) croit que c'est le public qui sort perdant quand un politicien choisit de bloquer des journalistes sur les réseaux sociaux.

« Quand un politicien décide de bloquer un journaliste, de bloquer des citoyens, ils nous empêchent de faire notre travail, il nous empêche de communiquer le message du politicien à la population. C'est son choix, mais il se tire dans le pied », estime le président de la FPJQ, Stéphane Giroux.

La FPJQ croit toutefois que les politiciens ont le droit, tout comme les journalistes, de bloquer des utilisateurs des réseaux sociaux de leur compte.

D'ailleurs, le Conseil de presse du Québec a statué le 29 juin dernier que les journalistes peuvent, s'ils le souhaitent, bloquer des gens sur les réseaux sociaux.

La situation est toutefois bien différente chez nos voisins du sud. Une juge du district de Manhattan a statué au mois de mai que le président américain Donald Trump viole le premier amendement de la Constitution des États-Unis lorsqu'il bloque ses critiques sur Twitter.

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